"Le service ICT fédéral de la police, c'est le chaos"

13/06/08 à 12:00 - Mise à jour à 11:59

Source: Datanews

Les corps de police locaux choisissent toujours plus souvent de mettre de l'eau dans leur vin et font le moins souvent possible appel aux services ICT de la direction télématique de la police fédérale. Ce sont surtout les programmes HR qui sont pointés du doigt, mais même pour le système d'enregistrement des faits judiciaires, il n'y a "aucune garantie". Et cela peut s'avérer "dramatique pour le bon fonctionnement de la police intégrée", dit-on.

Les corps de police locaux choisissent toujours plus souvent de mettre de l'eau dans leur vin et font le moins souvent possible appel aux services ICT de la direction télématique de la police fédérale. Ce sont surtout les programmes HR qui sont pointés du doigt, mais même pour le système d'enregistrement des faits judiciaires, il n'y a "aucune garantie". Et cela peut s'avérer "dramatique pour le bon fonctionnement de la police intégrée", dit-on.

C'est le spécialiste de la sécurité Brice De Ruyver qui a mis le feu aux poudres dans une 'opinion' publiée dans le journal De Standaard: "Le plus gros problème à la police, c'est le manque d'informatisation en cours", a-t-il déclaré. Et d'ajouter: "Le projet était de développer 1 système informatique pour la police fédérale et locale. Ce système devait se charger de l'échange des faits et données judiciaires, offrir un outil de gestion HR et pouvoir éventuellement établir à terme une connexion avec les futurs systèmes de la Justice. Mais il semble à présent que la police locale préfère ses propres systèmes, parce que le système central ne fonctionne pas comme il devrait. Gand et Anvers notamment se sont à présent tournées vers Digipolis par exemple. Ma crainte, s'il s'avère que c'est là un meilleur produit, c'est que l'ensemble de la police locale se déconnecte de la police fédérale au niveau ICT."

Freddy Carlier, commissaire en chef de la police locale de Gand, confirme la problématique. Il s'agit de supporter 2 programmes "vitaux". "D'une part, il y a le système HR, avec lequel nous planifions nos services et transférons nos prestations vers le moteur des salaires de l'Intérieur qui peut alors calculer et payer nos salaires. Ce système HR s'appelle ISLP Admin. Nous n'avons plus eu de garanties quant à sa maintenance dans le futur de la part de la direction de la télématique. Que devions-nous faire? En revenir au papier? Et où devions-nous trouver le temps pour traiter ce grand nombre de salaires? En outre un nouveau moteur des salaires était apparu à l'Intérieur. Par ailleurs, nous avons entendu dire que le support du système d'enregistrement des faits judiciaires ne ferait plus l'objet de garanties à l'horizon 2011."

La police locale a tiré la sonnette d'alarme, et un comité a été créé. Ce dernier a conclu qu'une profusion de programmes étaient developpés à la direction de la télématique, sans aucune priorité. "Il y a plus de 80 programmes de différents fournisseurs. C'est le chaos complet. Nous ne pouvons donc pas compter sur ces gens."

La direction de la télématique a réagi aux griefs de la police locale en disant qu'elle "allait remédier à la situation". "Mais nous ne remarquons pas grand-chose", ajoute Carlier. "L'ISLP n'est pas mauvais, mais nous ne recevons tout simplement pas de garanties d'avenir. Voilà pourquoi nombre de corps de police locaux utilisent déjà des systèmes propres. Gand et Anvers ont opté pour Digipolis."

Ces deux corps ont choisi le logiciel de Peoplesoft (Oracle) pour le traitement HR. "Il peut nous garantir aussi la connexion avec le nouveau moteur des salaires de l'Intérieur. L'ironie veut que la police fédérale avait acquis ces licences Peoplesoft, il y a quelque temps déjà. Elles se trouvaient simplement dans le cave et ne nous ont donc rien coûté! Il est logique que nous voulions mettre de l'eau dans notre vin."

La crainte éprouvée par Brice De Ruyver quant au bon fonctionnement de la police intégrée est-elle donc justifiée? "Un système HR séparé ne peut causer des problèmes", estime Carlier. "Mais un système séparé pour l'enregistrement des faits judiciaires peut évidemment s'avérer dramatique pour ce fonctionnement intégré."

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