La Russie limite encore la liberté sur internet

18/07/17 à 17:31 - Mise à jour à 17:31

Ces dernières années, la Russie a sensiblement restreint la liberté sur internet et empêché les esprits critiques de s'exprimer en les accusant de terrorisme. Voilà ce qu'affirme l'organisation des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW).

La Russie limite encore la liberté sur internet

© AFP

Dans le rapport Online and on All Fronts paru ce mardi, on peut lire que la Russie a amplifié le contrôle sur internet durant les années écoulées. Depuis 2012, des dizaines de Russes sont poursuivis pour des faits criminels sur base de messages parus sur les médias sociaux, de vidéos en ligne, d'articles publiés dans les médias et d'interviews. Des centaines de sites et de pages web ont été bloqués.

Les autorités russes ont aussi promulgué plusieurs lois répressives afin de pouvoir exercer une plus grande influence sur ce qui paraît en ligne et sur l'infrastructure internet. "Ces lois offrent au gouvernement russe davantage de possibilités de limitation de l'accès à l'information, d'exécution d'une surveillance d'internet et de censure d'informations qu'il considère comme "extrémistes", ne correspondant pas aux "valeurs russes traditionnelles" ou à tout le moins "nuisibles pour le public".

Ukraine

"Ces lois introduisent non seulement une politique stricte, mais elles enfreignent aussi sans vergogne les droits de l'homme", déclare Yulia Gorbunova, enquêtrice des faits et geste russes pour HRW.

L'organisation des droits de l'homme a parlé avec plus de cinquante avocats, journalistes, rédacteurs, activistes des droits de l'homme, experts, blogueurs et membres de leur famille. Elle a procédé aussi à une analyse de la législation internet, des jugements de tribunaux et d'autres documents importants pour des affaires spécifiques.

"Certaines lois semblent être conçues pour réduire l'espace réservé au débat public, y compris en ligne. Il s'agit entre autres de questions que les autorités considèrent comme sensibles, telles le conflit armé en Ukraine, le rôle de la Russie dans la guerre en Syrie, les droits des homosexuels et des lesbiennes, ainsi que les protestations publiques ou d'autres formes d'activisme politique et civil."

Selon le journaliste d'investigation Andrei Soldatov, des dizaines de personnes ont été incarcérées: "Cela a évidemment des conséquences sur le niveau de liberté, lorsqu'il est question du débat politique et public dans les médias sociaux."

Trafic internet tenu à jour

D'autres lois sapent le respect de la vie privée et la sécurité des internautes en régulant le stockage des données, en limitant l'accès à l'information et en rendant disponibles pour les autorités des informations confidentielles d'utilisateurs. Selon HRW, cela se passe souvent sans contrôle juridique.

L'année dernière, une loi a été promulguée, qui contraint les fournisseurs internet à conserver le contenu des communications internet pendant six mois et les métadonnées durant trois ans. En 2015, une autre loi était sortie à propos des services e-mail, des réseaux de médias sociaux et des moteurs de recherche, loi qui stipule que les citoyens russes ne peuvent stocker d'informations personnelles sur des serveurs en dehors de la Russie. Actuellement, une nouvelle loi est en préparation visant à interdire l'anonymat des utilisateurs des services de messagerie tels Whatsapp et Telegram.

Les grandes entreprises internet qui opèrent en Russie, comme Twitter, Facebook, Microsoft et Google, doivent réagir de manière réservée aux requêtes des autorités russes de censurer du contenu ou de partager des données d'utilisateurs, selon HRW: "Si la législation sous-jacente ou la demande spécifique enfreint les droits de l'homme à l'échelle internationale, ces entreprises ne doivent pas collaborer. Elles ne doivent pas mettre en danger des vies humaines."

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