La Commission européenne tance le projet hongrois de taxe sur internet

29/10/14 à 14:05 - Mise à jour à 14:05

Source: Datanews

La Commission européenne a vertement critiqué mardi un projet du gouvernement hongrois de taxer l'utilisation d'internet, jugeant que cela était "une mauvaise idée" qui pourrait affecter à terme l'économie européenne.

La Commission européenne tance le projet hongrois de taxe sur internet

Viktor Orban © Belga

Le projet prévoit un prélèvement de 150 forints (0,50 euro) par gigaoctet transféré, un montant que le parti du Premier ministre conservateur Viktor Orban a toutefois promis de plafonner à l'équivalent de 2 euros par mois pour les particuliers.

"Ce n'est pas bon de repousser des gens de l'internet par le biais de taxes (...) et cela ne marchera pas", a souligné Ryan Heath, le porte-parole de la commissaire à l'Economie numérique Neelie Kroes.

Cette dernière avait violemment réagi sur Twitter la semaine dernière, jugeant que le projet était "une honte". Mme Kroes quitte ses fonctions le 31 octobre. L'Allemand Gunther Oettinger lui succède à ce poste.

"La partie numérique de l'économie est probablement ce qui empêche l'Europe de sombrer dans la récession. Donc taxer cela dans un pays qui se trouve déjà en-dessous de la moyenne des indicateurs en Europe est une idée particulièrement mauvaise", a poursuivi M. Heath.

En outre, "si la Hongrie crée un précédent à ce sujet, cela peut devenir un problème dans de nombreux autres pays membres et donc affecter plus largement la croissance européenne", s'est-il inquiété.

M. Heath a par ailleurs critiqué cette annonce comme étant "la dernière dans une série d'actions troublantes (...) cherchant à limiter la liberté (...) sans atteindre des objectifs sociaux et économiques".

Plus de 10.000 Hongrois ont manifesté dimanche à Budapest pour exiger le retrait de ce projet, sur lequel le parlement doit se prononcer mardi. Une nouvelle manifestation pourrait avoir lieu dès mardi soir.

Selon les organisateurs, cette taxe vise en réalité à restreindre les critiques contre le gouvernement de M. Orban - souvent accusé d'autoritarisme - qui s'expriment principalement dans les médias en ligne. (Belga)

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