Plan de déménagement, tel est le nom porté par la plate-forme web de Digita, dont le but est de veiller, après un déménagement, à ce que toutes les entreprises partenaires possibles obtiennent votre nouvelle adresse. 'Souvent, cela représente un sacré travail', déclare Lauro Vanderborght. 'En fonction de l'entreprise, il faut d'abord chercher la façon de procéder, avant de s'engager à chaque fois dans une autre procédure, et espérer enfin n'oublier personne. Avec Plan de déménagement, nous voulons tout regrouper et transmettre de manière uniforme aux entreprises.'

Quel est son mode de fonctionnement? Vous vous connectez en tant que particulier et sélectionnez les entreprises que vous voulez prévenir. Ensuite, vous déposez une copie de votre carte d'identité et donnez à Digita l'autorisation de vous représenter. Et c'est là qu'intervient le GDPR. 'Ces nouvelles règles européennes sur les données vous permettent - et donc nous permettent via le mandat que vous nous remettez - de solliciter auprès d'entreprises les données qu'elles tiennent à jour sur vous, et d'exiger qu'elles soient corrigées si elles sont erronées. Juridiquement, notre approche est tout à fait hermétique, comme nous l'avons expérimenté préalablement.'

Il va de soi que toutes les entreprises n'attendaient pas avec impatience ce maillon intermédiaire, mais Digita est parvenue à les convaincre qu'elles pourraient en tirer profit. Vanderborght: 'Sans devoir pour autant acheter des données, elles ont quand même l'opportunité de disposer d'informations précises sur leurs clients. Et comme nous collaborons avec elles et leur livrons le tout de manière claire et synoptique, elles peuvent effectuer ainsi aussi les changements de manière automatisée, afin d'économiser sur le travail manuel.'

Nous voulons surtout démontrer que notre approche - et la façon dont nous utilisons le GDPR à d'autres fins - tient la route.

Plan de déménagement est une plate-forme destinée essentiellement à servir de carte de visite pour Digita et est donc gratuit. 'Nous voulons ainsi surtout démontrer que notre approche - et la façon dont nous utilisons le GDPR à d'autres fins - tient la route. Quand on voit combien d'entreprises sont sélectionnées par les utilisateurs de notre plate-forme, on observe que les gens sont prêts à partager leurs données, aussi longtemps qu'ils en gardent le contrôle.' Et après? 'L'objectif est de gagner de l'argent en examinant conjointement avec les entreprises comment on peut utiliser le GDPR pour privilégier leur captation de données.'

Quelles seront les possibilités? Vanderborght envisage une plate-forme, sur laquelle il sera possible de communiquer le décès d'un membre de la famille aux entreprises concernées: 'Car il arrive beaucoup trop souvent que des personnes décédées reçoivent encore du courrier qui n'aurait pas dû leur être envoyé. Mais nous avons encore d'autres idées et négocions avec des partenaires potentiels. Car c'est là l'avantage du Plan de déménagement: nous sommes en contact avec plein d'entreprises et savons directement ce qui les occupe. A la demande d'une banque, nous sommes ainsi en train d'ajuster plus avant encore l'authentification et ce, grâce à l'intégration d'itsme. Nous observons une grande confiance dans cette appli, que nous allons donc pouvoir mieux utiliser encore.'

Vanderborght et ses deux associés ont réuni le capital minimal de départ de 18.550 euros pour lancer Digita et ont ensuite élargi l'entreprise avec des services de consultance. Entre-temps, Digita a accueilli aussi quatre conseillers, qui ont reçu des options d'action en échange de leurs bons conseils et de leur réseau. Avec des noms tels Pieter De Leenheer (Collibra), Regis Verschueren (Bisnode, Corrilus), le spécialiste GDPR Dirk De Bodt, et Ingrid Gonnissen (Orange, AG Insurance), Digita possède d'ores et déjà une connaissance et une expérience pertinentes à portée de main.

Et Vandeborght envisage donc de franchir le pas vers l'étranger. 'Mis à part les Pays-Bas, où un concurrent similaire existe déjà, nous sommes plutôt uniques dans notre approche d'un problème qui existe en fin de compte de manière globale. Il est par conséquent probable que nous négociions rapidement en vue de financer notre future croissance, mais nous souhaitons éviter le plus longtemps possible le capital d'amorçage. Nous voulons nous tourner d'abord vers de possibles subsides et primes à l'innovation est espérons ainsi trouver un à deux millions d'euros pour pousser la machine.'

Digita

Siège social: Bruxelles

Nombre d'associés: 3 (+4 conseillers)

A la recherche de capital supplémentaire? Oui, un à deux millions d'euros, de préférence sous forme de prime à l'innovation

Site web: www.digita.ai