Si elle a certes perdu son monopole, la Silicon Valley n'en demeure pas moins un terreau fertile pour les start-up. Grâce notamment à la Stanford University située à proximité de Palo Alto, et à ses professeurs, dont l'orateur vedette David Cheriton, un scientifique doublé d'un milliardaire. Celui-ci ne se considère pas comme un capital-risqueur, même s'il a été à la base d'entreprises renommées comme Sun Microsystems (avec Andy Bechtolsheim), Google et VMware. Tandis que chez Cisco, il a été impliqué dans le développement de la gamme particulièrement réputée de commutateurs Catalyst. Si une telle réussite peut être qualifiée de coup de chance si elle se produit une seule fois, leur répétition (Cheriton a investi dans pas moins de 20 sociétés) se justifie par d'autres raisons.
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Si elle a certes perdu son monopole, la Silicon Valley n'en demeure pas moins un terreau fertile pour les start-up. Grâce notamment à la Stanford University située à proximité de Palo Alto, et à ses professeurs, dont l'orateur vedette David Cheriton, un scientifique doublé d'un milliardaire. Celui-ci ne se considère pas comme un capital-risqueur, même s'il a été à la base d'entreprises renommées comme Sun Microsystems (avec Andy Bechtolsheim), Google et VMware. Tandis que chez Cisco, il a été impliqué dans le développement de la gamme particulièrement réputée de commutateurs Catalyst. Si une telle réussite peut être qualifiée de coup de chance si elle se produit une seule fois, leur répétition (Cheriton a investi dans pas moins de 20 sociétés) se justifie par d'autres raisons. Mais l'explication est relativement simple : connaître ses étudiants ! Savoir qui a des idées susceptibles " d'offrir une vraie valeur (technologique) " et sur lesquelles peu d'autres équipes travaillent dans le monde. Se lancer dans une start-up qui a plusieurs raisons d'exister, au moins 3. Car une start-up qui n'a qu'une seule raison d'exister cessera si celle-ci disparaît. " Et stimuler les étudiants, tout en s'impliquant personnellement (sans donner d'échéance en termes de ROI). Une telle sélectivité peut paraître trop stricte (contrairement à l'approche " nous verrons bien ce qui réussit ! "), mais débouche sur une réussite darwinienne. Sans suggérer que la grande majorité des étudiants ayant une bonne idée doivent être laissés sur la touche, un tel raisonnement apporte la preuve ultime de la nécessité de suivre au plus près et de soutenir les étudiants les meilleurs. Pour ceux que cela intéresse, sachez que la dernière start-up encadrée par le prof. David Cheriton (en tant que cofondateur, chief scientist et investisseur) est Apstra, active dans l'automatisation et la gestion de centres de données et réseaux en s'appuyant sur l''intent-based networking' (où des règles au niveau métier gèrent automatiquement les informations de configuration des éléments du réseau). Même s'il ne s'agit pas et de loin de la seule solution pour l'ensemble des applications, les services cloud s'imposent à vitesse grand V. Avec une croissance tout aussi rapide de la capacité de traitement des datacenters destinés à supporter ces services dans les clouds publics (et privés). Il n'est pas étonnant que le moindre élément de l'infrastructure d'un centre de données soit examiné à la loupe dans le cadre de son optimisation, et ce jusqu'aux éléments de connectivité optique. Dans le cadre de NetEvents, Dustphotonics a ainsi dévoilé des émetteurs-récepteurs optiques relativement bon marché (grâce à un système de montage breveté pour fibres optiques) destinés à des éléments réseau 100 Gbit/s pour datacenters et réseaux d'entreprise, avec des éléments 400 Gbit/s prévus pour 2019. Par ailleurs, la technologie 'software defined' (SD) s'impose désormais largement, à commencer par les réseaux SD (comme Mellanox, qui conçoit des réseaux hyperscale destinés aux distributions OpenStack), sans oublier les WAN SD (dont Silver Peak, une application WAN Edge 'application driven' ou Windstream qui offre de l'Unified Communication-as-a-Service). La technologie SD se développe depuis plusieurs années déjà, mais constitue désormais l'une des bases de tout nouveau développement. Il en va d'ailleurs de même pour l'IA et les différentes formes d'apprentissage machine. De nombreux centres de données accueillent désormais des modules matériels et logiciels spécialisés pour supporter différents types de processus décisionnels automatisés, de même que pour automatiser la gestion de ces datacenters en fonction des besoins de l'organisation (et des exigences légales). Par ailleurs, l'IA et l'apprentissage machine joueront (ou devraient jouer) un rôle majeur dans le filtrage du tsunami de données provenant des systèmes IoT pour en retirer les données d'entreprise pertinentes. Et cette évolution s'avère primordiale puisque les informations extraites en temps réel de très nombreuses activités 'métier' et équipements seront toujours plus essentielles dans la transformation numérique des entreprises. Le domaine où les recherches sont les plus nombreuses dans l'utilisation de l'IA et de l'apprentissage machine est sans doute la sécurité (plus précisément la sécurité de l'information d'entreprise et la protection contre les cyber-attaques). La pénurie attendue d'experts en sécurité rend cette évolution pratiquement indispensable. Ces dernières années d'ailleurs, on a vu apparaître des logiciels de protection 'de nouvelle génération' contre les virus et les maliciels. Mais désormais, cette pénurie d'experts est compensée par l'IA, comme le prouve la jeune pousse JASK. Son 'Autonomous Security Operations Center' (ASOC) vise à aider les spécialistes en sécurité de premier niveau à prioritiser les problèmes et alertes (en fonction de leur combinaison). Ce faisant, des problèmes associés peuvent être traités au lieu de commencer simplement par les alertes les plus hautes (et éventuellement négliger les problèmes sous-jacents). ASK décrit son offre comme une " plate-forme qui va au-delà de la gestion d'informations et d'événements (SIEM) classique. " Si une telle approche peut en outre s'enrichir d'indications permettant à cet expert de connaître l'impact de problèmes spécifiques sur les résultats d'entreprise, elle s'en trouvera encore plus intéressante. Ainsi, il sera possible d'éviter notamment qu'un problème d'hameçonnage de la boîte mail du CEO ('urgent') soit traité en priorité, plutôt qu'une série de problèmes susceptibles de paralyser durant plusieurs heures par exemple le site d'e-commerce de l'entreprise. Le tout étant si possible intégré aux informations relatives aux cyber-menaces actualisées (entendez la 'thread intelligence'). Ce faisant, l'IA pourra représenter un effet de levier face à la pénurie d'experts, sans craindre de ne pas pouvoir les remplacer...