D'ACCORD Mathieu Dhondt, consultant en stratégie pour The Reference

Certainement pas Mathieu Dhondt, consultant en stratégie pour l'agence numérique The Reference. " Le fait que la technologie soit toujours plus conviviale ne peut être que positif, estime-t-il d'emblée. C'est surtout pour l'utilisateur final qu'il s'agit d'un signe indéniable de progrès. Je me souviens encore de l'époque où pour se connecter en ligne, il fallait passer par un modem. Un processus fastidieux et qui, en plus, ne fonctionnait pas toujours. Désormais, nous sommes 'always on', partout et toujours connectés. Et c'est bien ainsi. D'ailleurs, on n'imagine plus aujourd'hui devoir aller chercher son eau ou de faire son électricité par exemple. "

Cette amélioration constante de la technologie ICT fait donc partie d'une évolution naturelle. En outre, elle permet d'abaisser le seuil d'accès. " Par le passé, il fallait d'abord acquérir les connaissances nécessaires en Microsoft Access avant de pouvoir construire une base de données. Mais à présent, la technologie est nettement plus abstraite et il n'est plus nécessaire de se soucier des éléments sous-jacents, ce qui rend l'accès aux bases de données nettement plus facile. "

Reste que pour certains professionnels de l'ICT, cette baisse du niveau de connaissance technologique est regrettable, comme l'admet volontiers Mathieu Dhondt. Même s'il souligne que l'informaticien doit encore toujours disposer de connaissances étendues. " Le spécialiste ICT doit savoir au niveau abstrait comment fonctionne la technologie, même s'il n'en connaît pas forcément tous les détails ", précise-t-il.

PAS D'ACCORD Martine Tempels, 'senior vice president' de Telenet Business

S'il est une personne qui s'inquiète du manque de connaissances ICT, c'est bien Martine Tempels, 'senior vice president' de Telenet Business. A tel point que l'ex-ICT Woman of the Year de Data News s'est engagée comme présidente de CoderDojo Belgium, l'association sans but lucratif de bénévoles qui propose des formations gratuites en programmation sous forme de club aux jeunes de 7 à 18 ans. " Ce faisant, les jeunes apprennent non seulement plus vite, mais surtout à réfléchir en termes de solutions à un problème. Pourtant, notre mission principale est et reste d'inspirer et de motiver les jeunes intéressés par la technologie à opter pour des études STEM, et plus spécialement en ICT. "

Martine Tempels

" Nous sommes face à un étrange paradoxe : d'un côté, nous utilisons toujours plus d'applications numériques, alors que d'un autre côté, l'intérêt pour la technologie est en baisse, surtout chez les jeunes. Et alors que ces applications sont toujours plus simples et intuitives, la complexité est sans cesse croissante sous le capot. La connaissance devient donc extrêmement importante. " C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Martine Tempels estime important que les jeunes surtout acquièrent certaines connaissances de base du numérique. " Ce n'est évidemment pas parce que l'on a une machine à calculer qu'il ne faut plus apprendre à compter ! "