D'ACCORD Laurens van Reijen, directeur général de LCL

Celui qui recherche des spécialistes dans le domaine de la redondance finit tôt ou tard par s'adresser aux exploitants de centres de données. Car la quête de la redondance ultime est clairement inscrite dans leurs gènes. " Lorsque nous construisons un centre de données, nous veillons à ce que pour chaque élément de ce centre de données, un deuxième élément soit prévu pour prendre en charge le fonctionnement du premier ", explique Laurens van Reijen, directeur général de LCL. L'entreprise est le n° 3 des acteurs belges du marché du 'datacenter' et dispose d'infrastructures à Diegem, Anvers et Alost. La redondance intégrée dans la conception même du centre informatique est évidemment justifiée par le besoin de continuité d'activité des clients. " Nous devons évidemment désactiver certains éléments pour procéder à des mises à jour ou des remplacements, alors que les systèmes de nos clients doivent bien sûr continuer à fonctionner. " Mais quand bien même une infrastructure est totalement redondante, il peut arriver qu'un problème survienne. " L'origine d'une panne dans un centre de données est dans 60% des cas une erreur humaine, insiste Laurens van Reijen. Pour y remédier, il faut des formations et des recyclages intensifs. Dans un centre de données également, l'apprentissage à vie est indispensable, même si les installations bénéficient d'une redondance maximale. "

Christophe Dhaene

PAS D'ACCORD Christophe Dhaene, CEO de e-BO Enterprises

" Une redondance totale est certes possible, estime Christophe Dhaene, CEO de e-BO Enterprises, une entreprise d'Ypres spécialisée depuis 20 ans dans les services IT - notamment réseaux - dans des secteurs qui requièrent des solutions de redondance très spécifiques, comme les zones de police, les prisons ou les parcs d'éoliennes en mer. " Mais la redondance totale exige une condition absolue : il faut une redondance de chaque élément et à tous les niveaux de la solution. " Si une entreprise souhaite une fiabilité totale pour une application spécifique, elle doit dédoubler l'application en question dans deux centres de données. De plus, la connectivité à ces centres informatiques doit être dédoublée via deux opérateurs qui disposeront chacun de leurs propres lignes. Et dans le centre de données proprement dit, les serveurs seront dédoublés, de même que le refroidissement, l'alimentation électrique, etc. "Outre deux cabines à haute tension, il faudra également prévoir un UPS, ajoute Christophe Dhaene. Et il faut dédoubler chaque maillon de la solution. " Reste qu'il ne s'agit pas là du défi majeur. " Il y a inévitablement toujours un maillon faible - c'est la loi de Murphy. La question n'est donc pas de savoir ce qu'il faut encore dédoubler, mais bien quel risque je suis disposé à prendre et à quel coût. "