En novembre, les Américains se rendront aux urnes pour élire, notamment, leur prochain président. Il est déjà question d'un scrutin dans lequel les Russes pourraient s'immiscer et où l'un des candidats a indiqué à plusieurs reprises qu'il n'avait guère confiance dans le système en place.

On s'attend à ce que l'impact des médias sociaux, tels Facebook, soit cette fois encore particulièrement grand, tout comme en 2016. Mark Zuckerberg, le directeur de Facebook, avait précédemment déjà dû justifier devant le congrès américain ce type d'ingérence russe, parce que les services de son entreprise avaient affiché entre autres des annonces politiques lors des élections de 2016, annonces qui étaient financées par des organisations étrangères. Cette année, il a révélé dans un communique posté sur son blog une série de mesures en vue de "protéger la démocratie", pour reprendre ses termes.

Tout le monde aux urnes

Il est ici question principalement de mesures destinées à aider les citoyens à s'enregistrer pour les élections (aux Etats-Unis, il faut s'enregistrer avant de pouvoir voter) et d'informations sur le lieu et la manière de voter. Zuckerberg promet aussi que sa plate-forme luttera contre la désinformation à propos des méthodes de vote, comme l'idée qui circule, selon laquelle le vote par correspondance s'assimilerait à de la fraude. Les messages postés par le président Trump par exemple, où il invite les gens à voter deux fois - par correspondance et en personne - se verront donc attribuer un mini-label avec un lien vers le tableau de bord informatif de Facebook. Ce qui est erroné dans ce genre de message (voter deux fois est illégal) ne se trouvera cependant pas dans le label, mais devra être recherché par l'utilisateur même. Les vidéos appelant les citoyens à voter deux fois seront cependant supprimées.

Les nouvelles campagnes et annonces politiques seront bloquées la semaine avant les élections. Les campagnes existantes, en cours depuis assez longtemps déjà, pourront cependant encore être diffusées cette semaine-là. Elles pourront donc continuer de véhiculer des mensonges, parce que Facebook ne les contrôle pas sur le plan de la véracité et qu'elle n'entend pas commencer maintenant.

Tensions

Ce qui ne manque pas d'étonner, c'est que Facebook projette de tenter de réduire les "tensions" le soir des élections mêmes. En raison de la crise du corona, on s'attend à ce que beaucoup de gens votent par correspondance ou autrement encore, ce qui fait que les résultats finaux seront généralement connus plus tard qu'en temps normal. Peut-être même des jours plus tard. Facebook entend y préparer ses utilisateurs. Le réseau social va notamment diffuser des informations sur la progression des résultats officiels et se targue en l'occurrence qu'elle exercera des contrôles approfondis. Si un parti revendique une victoire quelque part, Facebook renverra donc aux résultats officiels. L'entreprise s'opposera en outre plus rigoureusement aux théories du complot telles als QAnon.

Dans un communiqué séparé, Facebook affirme par ailleurs aussi qu'elle va limiter désormais l'envoi de messages via Messenger à cinq utilisateurs.

Critiques des deux camps

La question est dès lors de savoir si ces mesures feront bien la différence. Le communiqué de Zuckerberg fait en tout cas l'objet de critiques des deux camps. La campagne de Trump annonce déjà dans un message que la maffia de la Silicon Valley imposera le silence au président en place durant la dernière semaine avant les élections. Tel n'est pas le cas: il pourra encore poster des choses, mais il ne pourra plus acheter de nouvelles annonces.

Par ailleurs, des esprits critiques font observer que la mesure relative à la publicité n'empêchera pas que certains groupes puissent au cours de la dernière semaine devenir la cible d'annonces spécifiques. Aussi longtemps qu'une annonce apparaît quelque part dans les jours qui précèdent, pas de problème. "Les campagnes peuvent faire circuler des milliers de publicités différentes dans les jours précédant la date-butoir, ce qui fait qu'elles pourront encore l'être au cours de la dernière semaine", déclare Daniel Kreiss de l'université de Caroline du Nord à la BBC.

La limite d'envoi de messages est par conséquent peut-être la mesure la plus singulière. C'est un système que l'entreprise avait précédemment déjà utilisé dans WhatsApp pour contrer la diffusion de la désinformation. Désormais, on ne pourra plus transférer un message qu'à cinq antres personnes ou groupes au maximum. Facebook avait introduit cette restriction en 2018 en Inde, après que de faux messages, qui s'étaient rapidement propagés via WhatsApp, aient conduit à des lynchages. Il s'agit là d'une mesure, dont il a été entre-temps démontré qu'elle fonctionne. WhatsApp a enregistré l'année dernière une diminution de 70 pour cent des envois de messages viraux. Vu la taille de la plate-forme Facebook, Messenger est plutôt un acteur assez modeste.

Nombre des mesures dévoilées ne vont donc pas bouleverser le fond des choses, même si la plate-forme espère qu'elle ne se verra pas cette fois-ci imputer la faute d'un éventuel nouveau dysfonctionnement. Et si la stratégie fonctionne, il y a de fortes chances pour qu'elle soit appliquée également lors d'autres élections importantes dans le monde.

En novembre, les Américains se rendront aux urnes pour élire, notamment, leur prochain président. Il est déjà question d'un scrutin dans lequel les Russes pourraient s'immiscer et où l'un des candidats a indiqué à plusieurs reprises qu'il n'avait guère confiance dans le système en place.On s'attend à ce que l'impact des médias sociaux, tels Facebook, soit cette fois encore particulièrement grand, tout comme en 2016. Mark Zuckerberg, le directeur de Facebook, avait précédemment déjà dû justifier devant le congrès américain ce type d'ingérence russe, parce que les services de son entreprise avaient affiché entre autres des annonces politiques lors des élections de 2016, annonces qui étaient financées par des organisations étrangères. Cette année, il a révélé dans un communique posté sur son blog une série de mesures en vue de "protéger la démocratie", pour reprendre ses termes.Tout le monde aux urnesIl est ici question principalement de mesures destinées à aider les citoyens à s'enregistrer pour les élections (aux Etats-Unis, il faut s'enregistrer avant de pouvoir voter) et d'informations sur le lieu et la manière de voter. Zuckerberg promet aussi que sa plate-forme luttera contre la désinformation à propos des méthodes de vote, comme l'idée qui circule, selon laquelle le vote par correspondance s'assimilerait à de la fraude. Les messages postés par le président Trump par exemple, où il invite les gens à voter deux fois - par correspondance et en personne - se verront donc attribuer un mini-label avec un lien vers le tableau de bord informatif de Facebook. Ce qui est erroné dans ce genre de message (voter deux fois est illégal) ne se trouvera cependant pas dans le label, mais devra être recherché par l'utilisateur même. Les vidéos appelant les citoyens à voter deux fois seront cependant supprimées.Les nouvelles campagnes et annonces politiques seront bloquées la semaine avant les élections. Les campagnes existantes, en cours depuis assez longtemps déjà, pourront cependant encore être diffusées cette semaine-là. Elles pourront donc continuer de véhiculer des mensonges, parce que Facebook ne les contrôle pas sur le plan de la véracité et qu'elle n'entend pas commencer maintenant.TensionsCe qui ne manque pas d'étonner, c'est que Facebook projette de tenter de réduire les "tensions" le soir des élections mêmes. En raison de la crise du corona, on s'attend à ce que beaucoup de gens votent par correspondance ou autrement encore, ce qui fait que les résultats finaux seront généralement connus plus tard qu'en temps normal. Peut-être même des jours plus tard. Facebook entend y préparer ses utilisateurs. Le réseau social va notamment diffuser des informations sur la progression des résultats officiels et se targue en l'occurrence qu'elle exercera des contrôles approfondis. Si un parti revendique une victoire quelque part, Facebook renverra donc aux résultats officiels. L'entreprise s'opposera en outre plus rigoureusement aux théories du complot telles als QAnon.Dans un communiqué séparé, Facebook affirme par ailleurs aussi qu'elle va limiter désormais l'envoi de messages via Messenger à cinq utilisateurs.Critiques des deux campsLa question est dès lors de savoir si ces mesures feront bien la différence. Le communiqué de Zuckerberg fait en tout cas l'objet de critiques des deux camps. La campagne de Trump annonce déjà dans un message que la maffia de la Silicon Valley imposera le silence au président en place durant la dernière semaine avant les élections. Tel n'est pas le cas: il pourra encore poster des choses, mais il ne pourra plus acheter de nouvelles annonces.Par ailleurs, des esprits critiques font observer que la mesure relative à la publicité n'empêchera pas que certains groupes puissent au cours de la dernière semaine devenir la cible d'annonces spécifiques. Aussi longtemps qu'une annonce apparaît quelque part dans les jours qui précèdent, pas de problème. "Les campagnes peuvent faire circuler des milliers de publicités différentes dans les jours précédant la date-butoir, ce qui fait qu'elles pourront encore l'être au cours de la dernière semaine", déclare Daniel Kreiss de l'université de Caroline du Nord à la BBC.La limite d'envoi de messages est par conséquent peut-être la mesure la plus singulière. C'est un système que l'entreprise avait précédemment déjà utilisé dans WhatsApp pour contrer la diffusion de la désinformation. Désormais, on ne pourra plus transférer un message qu'à cinq antres personnes ou groupes au maximum. Facebook avait introduit cette restriction en 2018 en Inde, après que de faux messages, qui s'étaient rapidement propagés via WhatsApp, aient conduit à des lynchages. Il s'agit là d'une mesure, dont il a été entre-temps démontré qu'elle fonctionne. WhatsApp a enregistré l'année dernière une diminution de 70 pour cent des envois de messages viraux. Vu la taille de la plate-forme Facebook, Messenger est plutôt un acteur assez modeste.Nombre des mesures dévoilées ne vont donc pas bouleverser le fond des choses, même si la plate-forme espère qu'elle ne se verra pas cette fois-ci imputer la faute d'un éventuel nouveau dysfonctionnement. Et si la stratégie fonctionne, il y a de fortes chances pour qu'elle soit appliquée également lors d'autres élections importantes dans le monde.