Luc Blyaert
Luc Blyaert
était rédacteur en chef de Data News
Opinion

23/05/14 à 11:58 - Mise à jour à 11:58

Vive la Belgique!

J'ai grandi à Wezembeek-Oppem, plus précisément à Oppem. Mes proches voisins étaient des francophones. Nous jouions donc à cache-cache, évidemment. Ils nous appelaient les 'Flamants Roses'. Je n'ai jamais très bien su s'il s'agissait d'une insulte ou d'une expression toute gentille. L'on jouait alors souvent Flamands contre francophones, sans trop savoir pourquoi. Récemment, une étude réalisée par quelques universités renommées a démontré que le respect et l'estimation réciproques des groupes linguistiques en Belgique sont très importants. 'Etonnamment grands', écrivait le journal De Standaard sans y accorder plus d'attention que cela.

J'ai grandi à Wezembeek-Oppem, plus précisément à Oppem. Mes proches voisins étaient des francophones. Nous jouions donc à cache-cache, évidemment. Ils nous appelaient les 'Flamants Roses'. Je n'ai jamais très bien su s'il s'agissait d'une insulte ou d'une expression toute gentille. L'on jouait alors souvent Flamands contre francophones, sans trop savoir pourquoi. Récemment, une étude réalisée par quelques universités renommées a démontré que le respect et l'estimation réciproques des groupes linguistiques en Belgique sont très importants. 'Etonnamment grands', écrivait le journal De Standaard sans y accorder plus d'attention que cela.

Il existe certes des divergences entre les deux communautés linguistiques. Et heureusement car la diversité ne peut qu'enrichir tout un chacun. De notre récente enquête électorale, il apparaît aussi que les Flamands et les francophones pensent autrement sur pas mal de points. Les Flamands recalent le gouvernement fédéral Di Rupo, alors que les francophones sont nettement plus positifs en lui attribuant 6,4 sur 10. Pour six francophones sur dix, l'emploi devra être la priorité absolue du prochain gouvernement, contre 51 % chez les Flamands. La réduction des charges est par contre jugée plus importante en Flandre qu'en Wallonie. A souligner l'appel pour un meilleur ensei-gnement. Pour plus d'un Francophone sur trois, le prochain gouvernement devra s'y atteler dans l'urgence, alors que seuls 23 % des Flamands considèrent ce point comme une priorité.

L'amélioration de l'infrastructure IT et des services à la Justice doit être absolument abordée pour 40 % des Flamands, contre seulement 19 % des francophones qui voient par contre une priorité à accorder à l'approche IT au sein de l'administration. Les Flamands sont davantage adeptes d'une externalisation au niveau du gouvernement et souhaiteraient de manière plus prépondérante la présence d'un chief information officer (CIO) responsable de tous les services publics fédéraux. Les francophones, eux, plaident pour une approche plus protectionniste de la part de l'Europe vis-à-vis des fournisseurs américains et asiatiques. Les deux communautés sont cependant d'accord sur le fait que le gouvernement doit dégager nettement plus de moyens et de personnel pour lutter contre le cyber-terrorisme et l'espionnage. Il ne faut pas s'étonner non plus qu'elles estiment que l'ICT peut générer un gouvernement beaucoup plus efficient et entraîner des économies. Mais dans notre enquête, il s'avère aussi que les francophones jugent nettement moins que les néerlandophones que le vote par ordinateur est fiable et sûr. Comme vous le constatez, les différences ne manquent pas dans un aussi petit pays que le nôtre. Or nous ne représentons qu'une portion congrue à l'échelle mondiale avec même pas 1 % du chiffre d'affaires IT total. Imaginez maintenant que l'on scinde le pays...

Quiconque voyage souvent à l'étranger, est régulièrement en butte à des questions à propos de la situation en Belgique. Le pays va-t-il se diviser? Dans notre aéroport national déjà, l'on voit fleurir d'immenses publicités vantant les mérites de la Flandre, de la Wallonie et de Bruxelles. Imaginez-vous ce que doivent penser des investisseurs potentiels comme les Chinois par exemple? Avec qui négocier? C'est particulièrement regrettable dans la mesure où dans un petit pays comme celui-ci, il est préférable de parler d'une seule voix, celle d'un seul interlocuteur. Nous pouvons certes avoir de temps à autre une image du monde différente, mais le besoin d'innovation, d'enseignement, d'emplois intéressants et d'une excellente infrastructure IT et de bons services est pareil dans toute la Belgique. J'y penserai à coup sûr dans l'isoloir ce dimanche. Et vous?

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