Va-t-on enfin trancher dans le vif?

18/06/10 à 16:23 - Mise à jour à 16:23

Source: Datanews

La 38ème conférence Icann se tiendra du 20 au 25 juin à Bruxelles. Il va sans dire qu'il s'agit là d'un événement marquant. La principale question est de savoir si une décision tombera à propos de l'introduction des nouveaux suffixes internet.

Va-t-on enfin trancher dans le vif?

La 38ème conférence Icann se tiendra du 20 au 25 juin à Bruxelles. Il va sans dire qu'il s'agit là d'un événement marquant. La principale question est de savoir si une décision tombera à propos de l'introduction des nouveaux suffixes internet.

Le 15 mars 1985, le fabricant américain d'ordinateurs Symbolics se voyait attribuer le tout premier nom de domaine .com. Un quart de siècle plus tard, une adresse internet sur deux se termine encore par ces mêmes lettres, mais personne n'ose mettre la main au feu qu'il en sera encore ainsi dans quelques années.

L'Icann, l'organisation qui gère le système des noms de domaine à l'échelle mondiale, est en effet activement occupée à déployer des suffixes internet dans d'autres caractères que les latins (IDN). Les premières adaptations dans la racine DNS sont un fait et d'ici quelque temps, des URL en arabe, en cyrillique et en chinois seront possibles (même si le http:// subsistera provisoirement).

En outre, des dizaines de nouveaux suffixes internet 'généraux' (gTLD) seront bientôt introduits, ce qui va changer profondément le visage de l'industrie des noms de domaine et de l'internet même.

L'on ne sait cependant pas encore quand apparaîtront ces nouveaux gTLD et qui aura éventuellement la priorité en la matière. Le coup d'envoi de la phase d'offres est sans cesse reporté. D'abord, il a été question du second semestre de 2008, puis du début 2009, et maintenant, tout semble indiquer que l'on n'y arrivera pas non plus en 2010.

Si l'on parvient à fixer une date définitive à Bruxelles, l'on pourra dire que la réunion aura été un succès. Il en va de même si toutes les parties se mettent d'accord sur ce que sera la quatrième version du fameux 'applicant guidebook' (le document reprenant les règles du processus de demande). Parmi ses nouveautés, l'on trouve le chapitre étoffé relatif à la 'Trademark Clearinghouse' (base de données de marques) et à la protection des marques, tout comme les règles adaptées concernant les TLD géographiques (dont une interdiction des noms de pays comme gTLD) et quelques propositions retravaillées à propos de l'intégration verticale.

Frustration

Même si la longue marche vers les nouveaux suffixes engendre pas mal de frustration, il est bon d'y réfléchir à deux fois. La stabilité technique d'internet importe en effet plus que le gain financier des entreprises qui ont déjà investi beaucoup d'argent dans des campagnes de marketing à propos de tel ou tel suffixe. Et dans sa configuration actuelle, la zone racine ne peut intégrer qu'un nombre limité de nouveaux gTLD.

Les procédures décisionnelles complexes et les longs débats sont aussi inhérents à la structure de l'Icann. La pression n'y manque pas, et les nombreux groupements d'intérêts sont tous représentés au sein de l'Icann Board. En principe, l'Icann est d'ailleurs une organisation hiérarchisée, où la base (dans ce cas la communauté internet) décide des sujets brûlants. Pour sa part, le Board doit d'une manière ou d'une autre tenter de valider ces décisions, après quoi le management peut se charger de leur concrétisation.

Le dernier mot n'a pas encore été dit quant à l'indépendance de ce management et quant à celle de l'Icann en tant qu'organisation. Un organisme qui essaie de regrouper et d'orienter dans une même direction les idées et les observations des autorités, titulaires de marques, registries et internautes, est en effet essentiellement un organisme politique. En outre, l'aspect mercantile ne peut être omis car la création de nouveaux débouchés est l'une des tâches de base de l'Icann.

L'on doute que David Beckham soit présent lors de la cérémonie d'ouverture de la conférence de Bruxelles - une idée du flamboyant et controversé directeur, Rod Beckstrom. Mais si vous en avez assez de la Coupe du Monde de football, passez donc au Square Brussels. Tout le monde y est le bienvenu!

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