Transformons chaque école en une école Steve Jobs

11/04/12 à 16:33 - Mise à jour à 16:33

Source: Datanews

Laissons l'enseignement exhaler les nouveaux médias. Plongeons-le dans l'ADN des programmes d'études.

Transformons chaque école en une école Steve Jobs

© Jan Locus

Laissons l'enseignement exhaler les nouveaux médias. Plongeons-le dans l'ADN des programmes d'études.

A partir d'août 2013, des écoles Steve Jobs ouvriront ci et là leurs portes aux Pays-Bas. Ce sont des écoles, où les enfants reçoivent un enseignement ICT adapté. Chaque élève se voit remettre un iPad, mais cela ne s'arrête pas là. La flexibilité y est le mot de passe. Les écoles seront ouvertes de 6H30' à 18H30 ' chaque jour ouvrable de l'année. Les enfants doivent être présents, mais pas autant que dans une école classique.

Une idée très intéressante que celle-là. Des idées extrêmement innovantes sont nécessaires pour générer une évolution plus rapide. L'idée d'une école Steve Jobs n'est peut-être pas réalisable dans l'immédiat en Belgique, mais elle incite à la réflexion. Elle démontre à tout le moins que notre enseignement n'est aujourd'hui pas adapté aux changements technologiques rapides.

Les enfants et les adolescents considèrent très différemment l'ICT et la technologie que les adultes. Pour eux, l'ICT, cela permet de générer des solutions. Dans la vie quotidienne, ils utilisent les nouvelles technologiques de manière tellement fluide qu'ils en veulent toujours plus. D'une étude effectuée par le ministère flamand de l'enseignement, il apparaît que les jeunes sont plus habiles à effectuer des recherches sur Google qu'à indiquer quelque chose sur une mappemonde.

Notre enseignement n'est aujourd'hui pas adapté au comportement changeant des jeunes. Chaque jour, nos écoles renvoient ceux-ci dans le passé. Avant et après les cours, ils vivent sur internet, ils utilisent l'iPad comme si c'était une bande dessinée, et ils évoluent constamment avec les possibilités que le monde numérique leur offre. Mais une fois sur les bancs de l'école, ils sont de nouveau catapultés vers le Moyen Age. Au lieu de capitaliser sur le monde numérique qu'ils connaissent.

L'ICT doit être une composante de chaque cours. Qu'il s'agisse d'un cours de langue, de mathématique ou d'expression corporelle. L'ICT n'est pas quelque chose de spécial, ce n'est pas un sujet bizarre. Elle doit être intégrée à la culture de chaque école. C'est ce que je trouve de si intéressant dans l'idée d'une école Steve Jobs: laissons l'école exhaler l'ICT. Une école où chaque cours se greffe sur le monde numérique dans lequel nous vivons.

Je plaide ardemment pour un enseignement ICT intégré. Cela va bien plus loin que l'attribution d'un iPad à chaque élève. Il s'agit d'un changement de culture, d'un changement de mentalité. Renonçons à l'idée que pour le cours A, il faut le manuel A et pour le cours B le manuel B.

Transformons les progiciels d'apprentissage en progiciels numériques. Il y va de la responsabilité des éditeurs de matériel pédagogique. Ce sont eux en effet qui doivent motiver les écoles à passer au contenu numérique. Dans les écoles primaires, il existe dès à présent du matériel pédagogique numérique en support de toutes les branches. Cela se traduit par des exercices et des applications que les écoliers peuvent consulter chez eux sur leur ordinateur.

Mais nous devons aller encore plus loin. Les éditeurs me disent qu'ils sont prêts. D'ici septembre 2012, tous les manuels de base dans l'enseignement primaire et secondaire seront de type numérique. Les écoles qui sont prêtes, pourront proposer alors un enseignement ICT entièrement intégré. Malheureusement, la plupart des écoles ne sont pas prêtes et doivent donc rattraper d'urgence le temps perdu.

Il n'existe qu'une seule solution et radicale. Supprimons les manuels scolaires. Il s'agit d'une obligation sociale vis-à-vis de nos jeunes. En outre, cela revient cher aussi car tous les trois ans, il faut en imprimer de nouvelles versions, parce la précédente est dépassée. Un iPad revient à 600 euros: c'est là le montant que chaque parent paie chaque année en manuels scolaires. Et c'est sans compter le reste du matériel pédagogique. Investissons ce budget dans l'enseignement numérique. Il n'y a qu'ainsi que nous arriverons à interconnecter parfaitement l'enseignement et le mode de vie de la jeunesse.

Un héros Steve Jobs est un héros pour beaucoup. Il a donné des proportions mythiques à la marque Apple. Bientôt, Ashton Kutcher interprétera le rôle principal dans un film sur la vie de Jobs. Construire des écoles individuelles qui portent son nom, c'est aller trop loin dans notre pays. Mais faisons de chaque école une école Steve Jobs. Laissons l'enseignement - secondaire - exhaler les nouveaux médias. Plongeons-le dans l'ADN des programmes d'études.

Quiconque prétend que les jeunes seront moins bien armés et formés pour les études supérieures avec l'enseignement numérique, se trompe. L'enseignement numérique est certes différent de l'enseignement classique. Il est davantage orienté sur la compréhension des choses que sur l'apprentissage de l'extérieur d'une masse de matières. Un morceau de la sensibilité linguistique disparaîtra peut-être chez les jeunes. La reproduction pure ne sera peut-être plus aussi facile. Mais il est plus important d'armer nos enfants pour affronter un monde qui devient de plus en plus technologique.

Les écoles qui proposeront l'enseignement ICT, joueront un rôle crucial dans la perception qui existe de l'ICT. Elles pourront transformer l'image selon laquelle l'ICT est l'affaire de 'nerds', et préparer réellement les jeunes au monde nouveau. Les entreprises ne pourront qu'en profiter. Les entrepreneurs attendent des jeunes qui soient capables d'utiliser les nouvelles technologies de manière flexible, dans toutes sortes d'applications.

Il faut faire le pas maintenant. En mémoire de Steve Jobs. Mais surtout en préparation de l'avenir.

Saskia Van Uffelen Saskia Van Uffelen est CEO de Bull Belux, initiatrice du projet 'IT is Cool'.En 2011, elle fut élue 'ICT Woman of the Year' par Data News. Cette opinion est parue initialement dans le journal De Morgen.

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