Une startup vous permettra de gérer votre identité en ligne avec la chaîne de blocs

07/08/17 à 14:04 - Mise à jour à 14:05

Les banques, les pouvoirs publics, votre courtier en assurance,... connaissent des éléments de votre vie, mais sans que vous sachiez exactement lesquels. La nouvelle plate-forme Juru vous permettra précisément de gérer vous-même votre identité et votre réputation via la technologie de la chaîne de blocs sûre, et de déterminer ainsi avec qui partager des informations vous concernant.

Une startup vous permettra de gérer votre identité en ligne avec la chaîne de blocs

© Getty Images/iStockphoto

Il y a déjà eu diverses tentatives en vue de donner une plate-forme de gestion centralisée aux données d'identité en ligne. "Récemment, encore, il y eut Itsme, qui n'est liée qu'à votre e-ID, mais selon nous, l'identité peut être considérée dans une perspective nettement plus large que ces seules données de base", estime Dimitri Verhelst, co-fondateur de Juru. "Il faut par exemple encore et toujours modifier soi-même ses données séparément auprès des différents acteurs." Voilà pourquoi Juru adopte une approche différente avec la technologie de la 'blockchain' (chaîne de blocs). "De cette façon, toutes les données sont bien sécurisées et, pour que cela soit bien clair pour tout le monde: nous ne pourrons pas lire ces données non plus. Vous gèrerez ce que d'autres savent, pas nous."

Tout le système fonctionnera sur deux niveaux. Pour ce qui est des données, l'objectif est de créer un consortium de parties prenantes qui stockera les données et gèrera la chaîne de blocs. Le but est en effet que dès que Juru sera en production, le code devienne 'open source'. "Nous considérons la gestion des données d'identité comme un bien public", déclare Verhelst à ce propos.

Aussi des données médicales

Par dessus la chaîne de blocs, la start-up anversoise entend installer une couche API d'accès. "Grâce à notre API, les entreprises et pouvoirs publics pourront accéder aux données autorisées par l'utilisateur. Ils pourront y parvenir au moyen d'une application web ou d'une appli mobile. L'avantage, c'est qu'ils pourront ainsi veiller à ce que tout soit actualisé."

"Moi-même, je suis un jour passé de Telenet chez Proximus et j'ai donc laissé mon ancienne adresse @pandora dans la première citée. Cette adresse a probablement encore été utilisée par certaines personnes pour prendre contact avec moi. Il aurait dans ce cas été pratique pour moi de pouvoir indiquer en un point central qu'elles utilisent désormais mon adresse Proximus pour me joindre. Ce genre de service existe déjà de manière limitée, mais avec Juru, il y aura désormais une plate-forme uniforme unique acceptant tout un chacun. Il ne faudra donc plus que l'intégration se passe mutuellement entre chacune des parties."

"Ce faisant, le compte Juru deviendra le point central de votre identité en ligne. Je suis moi-même féru de jeux, et mon compte Steam y sera donc aussi connecté. Même vos données médicales pourront y être reprises, afin qu'en cas de problèmes de santé à l'étranger, toutes les infos puissent être mises à la disposition du corps médical sur place", ajoute Verhelst. "En fait, nous souhaitons que notre API fasse partie de chaque pile de software, à l'instar de MySql par exemple."

Le droit à l'oubli

Le logiciel de Juru conviendra pour les entreprises, qui ont besoin des données de leurs clients, selon le co-fondateur, "car à partir de mai 2018, elles devront se conformer aux règles GDPR de l'Union, européenne à ce sujet. En travaillant avec Juru, qui sera capable de stocker les données en dehors de leurs propres serveurs, elles ne devront plus se soucier de choses telles que le 'droit à l'oubli' et d'autres directives encore. En échange, nous demanderons un micro-forfait par utilisateur dont elles utiliseront les données, un forfait qui diminuera au fur et à mesure que les quantités croîtront. Pour les utilisateurs, Juru sera gratuit car l'objectif n'est pas qu'ils l'utilisent massivement. Nous espérons que la facilité d'emploi et les avantages qu'il offre, les convaincront et ce, dès notre lancement prévu en décembre."

Un grand intérêt de la part du monde financier

Et qu'en est-il des clients? Même si Juru se trouve encore en phase de développement et de test, quelques partenaires importants se sont déjà manifestés. Verhelst ne tient pas à dévoiler leurs noms, mais il confirme qu'un seul contrat pourrait déjà générer un véritable deal. "Dans le secteur financier, il y a pas mal d'intérêt pour ce que nous faisons, et nous sommes aussi en pourparlers avec le gouvernement belge et avec ceux des pays voisins. Cela devrait déboucher sur une histoire paneuropéenne."

Juru est un projet conjoint de trois entreprises: Clubit, l'entreprise de développement de Verhelst, le spécialiste en chaînes de blocs Orillia et l'agence design Achilles, qui ont financé initialement la startup.

"A présent, nous négocions en vue d'engendrer deux phases de capitalisation durant lesquelles nous souhaiterions récolter 22 millions d'euros en tout", poursuit Verhelst. "C'est beaucoup d'argent, et nous sommes donc en train d'examiner pas mal de choses différentes. Nous parlons avec quelques business angels pour un premier investissement limité conjointement avec quelques canaux de subsides. Pour l'expansion internationale, nous recherchons du capital-risque à propos duquel nous avons déjà établi des contacts préliminaires avec des capital-risqueurs à Londres et aux Etats-Unis.

Juru

Siège social: Niel

Nombre d'associés: 5

A la recherche de capital supplémentaire?: Deux phases de capitalisations en préparation pour un total de 22 millions d'euros.

Site web: https://juru.io

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