Quels sont les principaux... tueurs de startups?

11/04/13 à 15:04 - Mise à jour à 15:04

Source: Datanews

Il n'y a pas une seule raison spécifique pour laquelle des startups échouent. Chaque fin est unique et est causée par une combinaison de facteurs. Leo Exter donne son 'top cinq' des 'tueurs'.

Quels sont les principaux... tueurs de startups?

Les startups sont vulnérables. Il y en a même qui ne dépassent pas la phase de l'idée. Certaines jettent l'éponge après que leur prototype soit prêt, alors que d'autres se crashent malgré les millions qu'elles ont récoltés et leurs nombreux clients satisfaits.

Il n'y a pas une seule raison spécifique pour laquelle des startups échouent. Chaque fin est unique en soi et est causée par une combinaison de facteurs. Lorsque les dinosaures déambulaient encore sur la Terre (il y une dizaine d'années!), le starter pour lequel je travaillais, a déposé les armes, parce qu'il:

• Connaissait insuffisamment le secteur dans lequel il était actif
• S'était lancé trop vite sur le marché
• Ne s'était pas suffisamment adapté ('pivot')
• Avait recueilli trop vite trop d'argent et avait engagé trop de personnel

Des centaines d'articles en ligne tentent d'analyser pourquoi des startups échouent (en voici un exemple frappant , et voici même un second).

Des centaines d'autres communiqués rédigés par des fondateurs décrivent de manière très détaillée comment leur startup a capoté. Si vous êtes d'humeur chagrine, passez donc une heure ou deux à les rechercher. Ils sont souvent très instructifs.

Voici en tout cas mon propre 'top cinq' des tueurs de startups ('start-up killers'), ainsi que quelques conseils destinés à protéger votre startup.

Le manque de confiance est le principal tueur de startups. J'ai déjà vu passer des dizaines de bonnes idées qui n'ont jamais rien donné, parce que les entrepreneurs potentiels n'avaient pas le cran d'aller de l'avant, parce qu'ils n'osaient pas foncer.

Quelle est la solution? Parlez avec des gens! Je ne cesse de le répéter: parlez autour de vous. Il y a de fortes chances que vous trouviez quelqu'un qui soit capable de lancer votre produit sur le marché ou de le vendre, si vous ne pouvez pas le faire vous-même.

Et même si vous ne recevez que peu de conseils vraiment avisés, votre confiance en vous sera néanmoins fortement boostée (ou vous serez averti suffisamment tôt au cas où votre startup n'aurait aucun avenir).

Le manque de connaissancedes choses est fatal. Une entreprise, c'est comme une horloge mécanique: si l'un de ses composants (vente, marketing, product design, ressources humaines, finances, compatibilité, département juridique) fait défaut, tout s'arrête.

Quelle est la solution? Il n'y a malheureusement pas de miracle. Sur internet, le contenu est le plus souvent superficiel et ne vous offrira pas la connaissance pratique dont vous aurez besoin. Ce que vous pouvez faire, c'est apprendre les choses en suivant des formations.

La plupart sont assez théoriques, mais tentez votre chance sur Boostcamp en Wallonie et à Bruxelles. Pour une initiation à everything Lean Startup, surfez ici, et pour l'aspect financier à propos des startups, if faut voire ici.

La seule manière vraiment hermétique d'apprendre tout ce que vous devez savoir, c'est soit démarrer vous-même votre affaire, soit aller travailler dans une entreprise qui soit si petite que vous pourrez avoir une bonne vision de tous les aspects importants.

'Pivoter' (to pivot) dans le jargon des 'lean start-ups' signifie changer la direction d'une entreprise en fonction d'un des trois piliers suivants: clients (résoudre les mêmes problèmes pour d'autres clients), problème (même clients, mais résoudre un autre problème) et possibilités (rechercher une seule chose qui marche et changer toute l'entreprise en conséquence).

Pourquoi pivoter? Lorsqu'on est confronté avec le véritable marché, il arrive certaines choses que l'on n'aurait jamais pu prévoir. Il convient d'en tenir mieux compte.

Si les ventes de votre logiciel n'évoluent pas aussi rapidement que prévu et que vous avez épuisé quasiment votre argent, vous pourriez le proposer en tant que composant de la solution d'un autre acteur, par exemple sous forme de plug-in. Au lieu de le vendre directement aux clients, vendez-le à un revendeur ou concentrez-vous entièrement au développement, ce qui exigera une toute autre organisation/d'autres compétences.

La startup pour laquelle j'avais travaillé en son temps, n'avait pas pivoté assez vite, et l'argent vint à manquer (vous en saurez plus à ce propos ultérieurement).

Ne penser qu'à l'argent n'est pas une bonne idée car on ne se lance pas dans l'entreprenariat pour l'argent, mais parce que l'on s'y sent bien et en bonne compagnie avec les personnes que l'on a soi-même choisies. Lorsqu'on commence à faire des choses que l'on ne sent plus bien, c'est qu'il y a un problème fondamental.

J'ai vu se désintégrer des projets, parce que l'on avait tellement bidouillé la formule initiale que les initiateurs avaient perdu tout intérêt. Et lorsqu'on en est là, il est généralement trop tard pour inverser la tendance. Pivoter trop peut donc aussi avoir des effets négatifs.

Quelle est la solution? Avant de vous lancer, définissez vos objectifs réels. Améliorer le monde qui vous entoure, vous assurer de ne plus avoir de soucis financiers, faire de votre hobby votre métier? Notez tout cela sur papier et faites-en la relecture avant de vous mettre à 'pivoter'.

N'être pas assez endurant peut aussi être fatal car pivoter prend du temps. Vous avez besoin d'endurance pour survivre suffisamment longtemps et mettre votre entreprise vraiment sur les rails. Avant d'y arriver, vous pouvez quand même déjà tenir compte de trois pivots fondamentaux, prenant énormément de temps. Il n'est pas donné à tout un chacun d'y faire face.

Quelle est la solution? Essayez de toute manière de récolter de l'argent. 50.000 euros peuvent suffire pour créer un prototype. Dès que vous commencerez à bidouiller votre formule, il vous faudra du capital supplémentaire et vous devrez relancer la machine.

Cherchez aussi un co-fondateur. Tout le travail s'effectue plus vite à deux et avoir un alter ego qui peut vous soutenir moralement, n'est pas un luxe superflu. Comment chercher le co-fondateur adéquat? Nous y avons déjà consacré un article sur ce site!

Le timing est essentiel! La marée montante entraîne avec elle tous les bateaux. C'est certainement le cas pour les startups. Tenez compte du fait que dès qu'une tendance est abordée dans les médias courants, c'est qu'il est déjà trop tard. Combien de clones d'Instagram ne sont-ils pas apparus dans le sillage de l'original? Tous sont condamnés.

Aujourd'hui, la tendance dans le secteur IT belge, c'est de faire quelque chose dans le secteur des ressources humaines. Pensez à Yambla et à Wellevue. Il existe encore des possibilités, mais ne perdez pas de temps!

Quelle est la solution? Lisez beaucoup, rencontrez des personnes intéressantes et réfléchissez bien. Lorsqu'un sujet a déjà été abordé sur TechCrunch ou dans Data News, il est déjà trop tard. Si vous aviez parlé avec les personnes adéquates, vous auriez déjà été au fait de l'information susmentionnée sur les ressources humaines. Connaissez votre secteur et votre métier. Tentez de savoir ce qui y manque encore et quelle sera 'the next big thing'.

Lisez des oeuvres de science fiction: vous y trouverez pas mal d'idées (mon favori personnel est Bruce Sterling).

Encore cette remarque pour terminer: les risques sont certes inhérents aux startups, mais ils ne sont pas pertinents en fait.

Si vous n'aimez pas les risques, ne créez pas une entreprise. Et si votre startup est prédestinée à échouer, elle devra le faire d'une manière à la fois unique, spéciale, spectaculaire et, de préférence, enrichissante pour vous.

Allez-y donc et au diable les... tueurs de startups!

Leo Exter a créé Westartup, un réseau de plus de 2.000 entrepreneurs, mentors et investisseurs. Il est aussi partner chez HealthStartup, une communauté européenne de petites entreprises technologiques actives dans le secteur des soins de santé, et coach au sein de l'accélérateur Boostcamp du MIC Brussels. Durant ses loisirs, il s'occupe d'organiser le Startup Weekend dans notre pays, ainsi que Bizcamp Belgium et BetaInvest.

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