OPINION Bart Becks “Choisissez de gagner”

Il y a quelques semaines, Ramon Suarez, l’un des initiateurs de Betagroup et de plusieurs autres organisations supportant les starters, écrivait un article sur le paysage bruxellois des jeunes entreprises. Il y citait un certain nombre d’entreprises intéressantes.

Il y a quelques semaines, Ramon Suarez, l’un des initiateurs de Betagroup et de plusieurs autres organisations supportant les starters, écrivait un article sur le paysage bruxellois des jeunes entreprises. Il y citait un certain nombre d’entreprises intéressantes.

Il évoqua Storify, créée par Xavier Damman, qui aide les utilisateurs à créer des histoires via les médias sociaux. Xavier est un ex-collaborateur de Skynet, qui a franchi, il y a un an, le pas courageux de se rendre à San Francisco, où il a trouvé le capital nécessaire pour son intéressant business case.

La deuxième entreprise citée par Suarez était Scanadu, une firme issue du premier Startup Weekend bruxellois, dans le jury duquel je me trouvais conjointement avec Brice Le Blévennec et Vincent Van Quickenborne. Scanadu a récolté elle aussi du capital et a déménagé à Berkeley, près de San Francisco.

Il mentionna encore CheckThis, une entreprise lancée par Frédéric della Faille. Ce Bruxellois a été mis à l’honneur par Seedcamp et s’est fait remarquer par les capital-risqueurs. Cette semaine, il a recueilli quasiment un million de dollars et il s’en va lui aussi à New York.

La quatrième entreprise, il y en avait en fait plusieurs, à savoir nos ‘angels’, où à côté de SonicAngel et FilmAngel.TV, nous mettons à présent aussi en oeuvre Fashion (angel) et angel.me pour les starters. Nous tentons ainsi de lancer d’une manière nouvelle des artistes, cinéastes, designers et startups.

Toutes ces histoires créent chez moi un double sentiment.

D’abord et surtout: wow et bravo à tous. Lancer une entreprise, mettre un produit sur le marché, puis trouver des investisseurs, ce n’est pas évident. Cela démontre en outre qu’il existe pas mal d’idées et d’entrepreneurs valables. Je pourrais donc moi aussi mentionner plusieurs entreprises bruxelloises, mais je pourrais en citer tout autant à Gand, Namur ou au Limbourg.

Comprenez-moi bien: démarrer une entreprise, c’est un sacré travail. Franchement. Je ne pense avoir jamais travaillé autant que ces deux derniers mois. Mais la sensation de réaliser quelque chose, de réunir une équipe qui y croit et observer qu’une idée rencontre du succès, ce n’est en rien comparable.

Sincèrement, il est très difficile d”internationaliser’ au départ de la Belgique. Par conséquent, quand je vois que tant Rudy Thomaes que Claire Tillekaerts, à partir de respectivement la FEB & FIT (Flanders Investment & Trade) insistent continuellement sur l’importance d’aller voir en dehors de nos frontières, je ne peux que me réjouir.

D’autre part, j’ai progressivement le sentiment que beaucoup d’idées et d’entrepreneurs valables sont en train de quitter le pays. Je ne citerai que Dries Buytaert (Drupal, Aquia), Davy Kestens (Twitspark) ou Sébastien de Halleux (Playfish).

Devons-nous tout faire pour garder ces starters chez nous ou les encourager à partir?

Ma réponse est: l’un et l’autre.

D’un côté, chaque entrepreneur doit aller là où il a le plus de chances de réussir. Et si c’est Silicon Valley, Berlin ou Singapour, il faut simplement y aller. Nous n’avons pas besoin de davantage de starters, mais bien de starters à succès. De préférence même de jeunes entrepreneurs qui réussissent au niveau international. Si un certain nombre d’entre eux y rencontrent le succès, cela constituera une incroyable plus-value et une solide poussée en avant en matière d’expérience, de connaissance, de réseaux, voire peut-être de nouveau capital.

D’un autre côté, nous devons tout faire pour attirer davantage d’entrepreneurs et de starters. Moins de charges administratives, moins de taxes et de charges salariales, davantage de soutien à l’innovation. Tout le monde est d’accord là-dessus, et des choses intéressantes se passent. Elles pourraient être un peu plus rapides, mais je pense que l’on prend de plus en plus conscience que de l’emploi pourra être créé en combinant l’ADN de nos PME avec l’innovation.

Choisir de gagner, c’est aussi choisir d’être fier et de stimuler.

Mais aujourd’hui, nous devons aussi investir dans ce que nous faisons bien ici en Belgique. Dans la technologie des puces, comme le gouvernement flamand le fait avec l’IMEC. Dans la technologie et les médias, comme cela se passe via le MIX et l’IBBT. Sélectionner inconditionnellement des domaines et des entreprises dans lesquels nous pouvons nous distinguer, les supporter et les stimuler. Et surtout les rendre fructueux. Nous devons choisir de créer des entreprises à succès.

Cela reste la grande différence entre nous et les Etats-Unis ou d’autres pays.

C’est tout l’écosystème qui décide Outre-Atlantique de financer conjointement une entreprise, de la supporter et de la faire croître. N’adoptons pas une attitude réservée consistant à voir si une entreprise peut rencontrer le succès au niveau local avant de la financier lentement, mais faisons-le directement et envisageons rapidement le leadership sur le marché.

Les capital-risqueurs, les pouvoirs publics et tout l’écosystème sélectionnent LinkedIn, Facebook, Yelp, Tesla comme de futurs gagnants. Comme avant HP, Oracle, Google ou Genentech. Tout est alors mis en oeuvre pour en faire des acteurs globaux. L’on choisit des domaines et de possibles gagnants, l’on y investit énormément d’argent et on leur accorde tout le soutien possible. Tout le monde joue alors son rôle. Tout le monde tire dans la même direction pour créer le succès, et tout le monde est ainsi fier, se sent fort et participe à la création d’une grande valeur. Et stimule le succès.

En fin de compte, l’on pourrait pas mal philosopher sur le sujet, mais Richard Branson l’a résumé très clairement, il y a quelques semaines encore: ‘Let’s just do it’.

Bart

Bart Becks est co-fondateur de SonicAngel.com, FilmAngel.TV et Angel.ME. En outre, il est président du conseil d’administration de l’IBBT et est administrateur de la RMB/RTBf.?Bart Becks a également été impliqué dans plusieurs startups, telles Storify, Netlog, Mobile Vikings, Zamante et InThePocket. Dans le passé, il fut CEO de Belgacom Skynet et Vice-President Innovation & New Media du groupe de médias paneuropéen SBS/ProSiebenSat1. Il habite tour à tour en Belgique et à Los Angeles avec son épouse et son fils Charlie. Connect: @bartbecks – bart@sonicangel.com – www.flyingchaz.com

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