"Diriger une start-up, c'est comme... manger du verre"

11/10/12 à 15:39 - Mise à jour à 15:39

Source: Datanews

Même pour les entrepreneurs sériels connus, le démarrage d'une entreprise demeure une affaire délicate. C'est ainsi qu'Airtime, le nouveau projet de Sean Parker est loin d'être une sinécure.

"Diriger une start-up, c'est comme... manger du verre"

Même pour les entrepreneurs sériels connus, le démarrage d'une entreprise demeure une affaire délicate. C'est ainsi qu'Airtime, le nouveau projet de Sean Parker (Napster, Facebook, Spotify) est loin d'être une sinécure. Parker n'y va pas avec le dos de la cuiller dans une interview accordée à All Things Digital. "Diriger une startup, c'est comme... manger du verre. Vous allez aimer le goût de votre propre sang", explique-t-il. Sa toute nouvelle petite entreprise - Airtime, qu'il décrit lui-même comme la nouvelle génération de Skype sur base du trafic vidéo -, est en tout cas aux prises avec des péripéties classiques telles une croissance décevante et le départ de collaborateurs importants.

Depuis sa création en juin dernier, Airtime n'a réussi à s'attirer que 10.000 utilisateurs réguliers, alors que la pierre angulaire technique de l'entreprise, Eric Feng (responsable de l'équipe à l'origine de la technologie de base actuelle), est sur le point de s'en aller. Et il est loin d'être certain que les autres membres de l'équipe technique resteront en place. Les capacités de gestion de Parker sont ainsi aussi directement mises sur le gril car contrairement à ses startups précédentes, il n'a cette fois personne à qui déléguer la direction quotidienne de l'entreprise.

Il n'empêche que Parker n'est pas pessimiste quant à l'avenir de son Airtime, bien au contraire. L'entreprise traverse simplement 'une phase de démarrage difficile', ce qui a pour conséquence qu''il y a des idées plus intéressantes que jamais qui fleurissent', selon lui.

Airtime ne va pas non plus subitement changer sa vision originale - ce n'est pas insignifiant car il s'agit là d'un symptôme bien connu parmi les starters en difficultés. Par ailleurs, il y aussi pas mal d'exemples d'entreprises qui ont connu le succès suite à une volte face (un 'pivot'), à l'instar du service photos Flickr, qui faisait au départ partie d'un jeu en ligne.

Des erreurs à répétition Airtime démarre du reste d'une solide base avec pas moins de 33 millions de dollars de financement. Mais, comme il ressort d'une étude, l'argent seul ne suffit pas. Selon cette étude réalisée par la Harvard Business School, nettement plus de starters qu'imaginé ne semblent plus pouvoir amortir l'investissement consenti. S'il est généralement convenu que 30 à 40 pour cent d'entre eux échouent complètement et qu'autant d'entreprises remboursent leurs investissements, la réalité semble être nettement plus dure.

Selon le chercheur Shikhar Ghosh, 75 pour cent sont incapables de rembourser l'investissement de départ aux capital-risqueurs. Il affirme cela sur base des résultats relatifs à 2.000 entreprises qui, entre 2004 et 2010, ont reçu au moins un million de dollars de capital risque.

Qui plus est, quelque 95 pour cent des starters ne parviennent pas à atteindre les objectifs prévus (comme le rendement sur investissement, la croissance, le chiffre d'affaires,...). Les sociétés de capital-risque n'en parlent cependant pas et "enterrent leurs morts en toute discrétion", selon Ghosh.

Les startups qui récoltent du capital auprès de capital-risqueurs, font toutefois nettement mieux que les jeunots qui se font financer d'une autre manière. En outre, la manière dont une startup échoue (causes, déroulement de la liquidation, etc.) est essentielle pour pouvoir bénéficier par la suite d'une nouvelle chance. En effet, l'échec proprement dit est bien accepté, si le chef d'entreprise liquide son affaire en respectant ses investisseurs et s'il tire les leçons de ce qui s'est passé.

Facebook Cela devient cependant dangereux s'il ne s'agit plus de bonnes idées et de bonnes entreprises, mais bien d'une façon de gagner rapidement de l'argent. "Il règne un climat malsain à Silicon Valley", explique Parker, "essentiellement du fait que des entreprises sont créées sans réelle conviction, mais simplement en vue d'être rachetées par Facebook et consorts."



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