La volatilité des médias sociaux

16/08/2012 - 11:57

Ce qui enfle très vite, peut se dégonfler tout aussi vite. Voilà une expression qui peut s’appliquer à certains secteurs de l’industrie internet et plus précisément à une partie de l’industrie des “médias sociaux”: Facebook, l’évolution de MySpace, Netlog, l’utilisation en recul (temporaire?) de Foursquare ou encore cette semaine l’annonce d’App.net d’une alternative sans publicité à Twitter.

Ces dernières années, l’on a observé une explosion de toutes sortes d’entreprises “à succès” qui ont poussé littéralement comme des champignons et ont vu leur valeur marchande grimper de manière souvent vertigineuse. La multiplication du (futur) chiffre d’affaires est devenue chose courante et ce, contrairement à ce que l’on trouvait précédemment normal, à savoir la multiplication du bénéfice ou la création d’une valeur ajoutée (EbitDa).

Les investisseurs qui injectent des fonds durant les premières phases d’investissement (A à C) pour le développement de ces entreprises, réalisent dans la majorité des cas un rendement “plus que correct”. A tel point même que la plupart des investisseurs initiaux s’en vont en grande partie lors d’une entrée en Bourse, profitant de la moindre opportunité. Il doit bien y avoir de bonnes et de moins bonnes raisons à cela.

Répétons-le: ce qui enfle très vite, peut se dégonfler tout aussi vite. Toutes ces entreprises connaissent un incroyable succès de départ, et tout le monde est littéralement harcelé par les conseils des faiseurs d’opinion, experts, connaisseurs et ambassadeurs notamment. La barrière à l’utilisation du service est souvent inexistante. Après une ‘utilisation’ initiale parfois abusive de ces nouveaux services, les utilisateurs sont alors souvent déçus. D’autre part, ces entreprises à succès doivent, après un premier contact avec la réalité de la Bourse, souvent entreprendre des actions pour offrir les rendements promis à leurs actionnaires. Elles doivent alors prendre des mesures impopulaires comme le lancement d’abonnements (modèles ‘freemium’) ou des formes publicitaires intrusives supplémentaires. L’utilisateur s’émancipe alors brusquement, ce qui fait que de nouvelles alternatives apparaissent. Le changement du “réseau social” ne semble dans ce cas pas poser trop de difficultés avec toutes les conséquences que cela suppose.

Ne convient-il dès lors pas de se pencher de nouveau sur la valeur réelle qui est réalisée, sur quel problème il faut résoudre, sur la barrière à lever pour acquérir des clients ou à mettre en place pour ne pas en perdre? Pour l’instant, je ne vois guère d’opportunités. Ne me comprenez pas mal: les réseaux sociaux vont subsister. Je continuerai d’en utiliser, c’est sûr, mais seront-ce les mêmes qui resteront? Telle est la question…

Stijn Vander Plaetse (@stijnvdplaetse)
Stijn Vander Plaetse est actuellement consultant. Dans le passé, il a été CEO de Certipost et Vice President Innovation chez Belgacom.

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