Le sel de la sueur et le sucre des bidons

15/03/11 à 16:35 - Mise à jour à 16:35

Source: Datanews

Rouler contre le vent en éventail, rebondir sur les pavés irréguliers, implorer - puis vouer aux gémonies - tous les saints de la petite reine.

Le sel de la sueur et le sucre des bidons

Rouler contre le vent en éventail, rebondir sur les pavés irréguliers, implorer - puis vouer aux gémonies - tous les saints de la petite reine.

Peu de moyens de déplacement exigent autant du corps humain que ce simple vélo à guidon courbé. Et tous les Belges sont d'accord là dessus. Combien de Flamands ne sillonnent-ils pas chaque semaine les routes ardennaises? Combien n'ont-ils pas souffert le martyre pour grimper La Redoute, lieu de naissance de Philippe Gilbert, lui-même qualifié d'authentique Flandrien de l'autre côté de la frontière linguistique? Les Flandriens, des Belges pur jus, mais des Belges avant tout vénérant aussi bien le Tour des Flandres, la Flèche Wallonne que Liège-Bastogne-Liège. Toutes des courses où se mêlent le sel de la sueur et le sucre des bidons.

L'utilisation croissante à tort et à travers des termes 'Flamand' et 'Wallon' dans les textes est aussi crispante que négative. L'Imec flamand ou le Google wallon, alors qu'on y trouve autant de collaborateurs flamands que francophones et que de dizaines d'autres nationalités. Le responsable de la sécurité du centre de données de Google à Mons est du reste un Néerlandais. Le Luxembourg tire parti de nos querelles tribales et accueille eBay, PayPall et Skype. Il ne m'étonnerait d'ailleurs pas qu'il fasse de même avec Twitter, et ce malgré les solides concessions faites par le ministre-président Rudy Demotte qui a grandi à l'ombre des tertres de Flobecq et de Braine.

D'innombrables gaspillages d'investissements à l'étranger auprès de Chinois, Japonais ou Américains qui font à peine la différence entre Bruxelles et la Belgique et qui reçoivent la visite des représentants avides des différentes communautés. Pourquoi ne pas opter pour une seule équipe, éventuellement avec deux chefs de file, qui courront certes pour la gagne, mais aussi, si besoin est, l'un pour l'autre et avec tous les équipiers. Car si le vent se lève, mieux vaut rouler en éventail. Or l'éventail n'est pas l'affaire d'un seul homme, mais d'un groupe, et si l'un d'eux s'y soustrait, il est fichu. Et si personne ne fait sa part de travail, la victoire s'envole, comme c'est toujours plus souvent le cas.

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