Luc Blyaert
Luc Blyaert
était rédacteur en chef de Data News
Opinion

12/12/13 à 12:05 - Mise à jour à 12:05

Le marché du PC n'est pas mort, mais se met fameusement à péricliter

N'est-ce pas dès lors logique que le marché du PC est doucement en train de chercher son dernier souffle?

Le marché du PC n'est pas mort, mais se met fameusement à péricliter

© Belga

'Dans de nombreuses grandes entreprises, nous accompagnons la migration vers un nouveau système d'exploitation de Microsoft, puisqu'à partir d'avril prochain, Windows XP ne sera plus supporté', me disait récemment un ami. Cette transformation semble aujourd'hui se traduire par pas mal d'activités et de rentrées financières. Je me gratte alors l'occiput et effectue une recherche sur Wikipedia. Windows XP (nom de code initial: Windows Whistler, d'après la station de ski canadienne du même nom) est une version desktop du système d'exploitation Windows conçu par Microsoft. Windows XP repose sur le noyau Windows NT et est encore et toujours appelé en interne Windows NT 5.1. Ce système d'exploitation a été introduit le 25 octobre 2001.

2001, cela fait 12 ans déjà. A l'époque, il n'y avait pas encore de smartphones ou de tablettes, et il n'était pas encore question de Facebook et de Twitter. Google n'avait encore que trois ans. Les tours jumelles étaient attaquées à New York, et la Sabena passait à la trappe. A Pécrot, sur la ligne ferroviaire qui passe derrière mon jardin, un terrible crash avait eu lieu, et la réforme de la police se poursuivait. C'était aussi l'année de la mort de Charles Trenet. Cela nous semble déjà une éternité. Et pourtant, nombre d'entreprises belges tournent donc encore sur des systèmes d'exploitation développés au siècle dernier, alors même que leurs collaborateurs utilisent chez eux les appareils les plus sophistiqués. N'est-ce pas dès lors logique que le marché du PC est doucement en train de chercher son dernier souffle?

Selon le cabinet d'analystes Gfk Retail and Technology, 900.000 ordinateurs portables seront vendus cette année chez nous, soit 7 pour cent de moins qu'en 2012, au prix moyen de 660 ¤. C'est deux fois plus cher qu'une tablette, dont pas moins d'1,5 million d'unités seront vendues cette année en Belgique, deux fois plus qu'en 2012. Et d'après ces mêmes analystes, 2,6 millions de smartphones seront écoulés cette année. L'on peut donc difficilement parler de crise. Le prix moyen d'un smartphone est en effet toujours de 320 ¤. L'impact de ce tsunami d'appareils 'always-on' sans fil est encore sous-estimé. Les entreprises doivent en faire un usage empressé et certainement ne pas attendre encore dix ans avant que l'évolution se soit imposée. En 2024, ce sera malheureusement trop tard.

Plus de 4 lecteurs de Data News sur 5 estiment que la tablette n'est toujours pas un substitut à part entière d'un ordinateur portable ou de bureau. Voilà ce qui ressort de la toute dernière enquête télécom. A peine 1,3 pour cent des répondants indique que l'ordinateur portable est systématiquement remplacé par une tablette. Tel est notamment le cas chez Roularta Media Group (pardonnez-nous d'évoquer ici notre propre entreprise!) en conservant, il est vrai, la station d'accueil, donc le clavier et le grand écran. Cela me paraît être une approche intelligente. Souvent, l'ordinateur portable demeurait en effet au bureau et devenait donc de facto un desktop. Il y a dix ans déjà, nos collègues allemands évoquaient le 'Schleptop' au lieu du laptop. Il fallait donc emporter partout avec soi cet appareil lourd et encombrant, alors qu'aujourd'hui, la technologie intégrée au smartphone ultrafin s'avère déjà dix fois plus puissante.

En 2014, les ventes de laptops et de desktops régresseront sans aucun doute encore. L'ère du PC n'est certes pas encore définitivement terminée, mais c'est son chant du cygne. Cette dernière grande guerre est finie. Il n'y a pas de place pour les commémorations. C'est un biotope et une industrie qui se réinventent toujours. Et comme on ne cesse de le dire: 'Vous n'avez encore rien vu...'. J'espère que tout le monde sera d'accord. Une décennie ne se rattrape pas aussi aisément!

Nos partenaires