L'Europe présente son plan d'action pour un marché numérique unifié

06/05/15 à 17:28 - Mise à jour à 17:31

Source: Datanews

La Commission européenne a introduit sa proposition très attendue de créer dans l'UE un marché numérique unifié, qui devrait remplacer les 28 marchés numériques nationaux existants.

L'Europe présente son plan d'action pour un marché numérique unifié

© Ansip

Une fois tous les obstacles levés, le marché numérique interne sera capable de fournir à l'économie européenne 415 milliards d'euros par an et de créer des centaines de milliers d'emplois, se targue la Commission.

Lors de sa campagne électorale de 2014, Jean-Claude Juncker avait promis de faire du marché numérique unifié au sein de l'Union européenne l'une de ses top-priorités, s'il était élu président de la Commission. Un an plus tard, le Luxembourgeois se retrouve à la tête de la direction quotidienne de l'UE et il entend tenir sa promesse via les Commissaires européens Oettinger et Ansip.

En tout, la Commission-Juncker a préparé 16 initiatives qui devraient être développées dans le détail d'ici la fin de 2016. Cela va de l'élaboration de nouvelles règles en vue de simplifier l'e-commerce transfrontalier et la fin de l'injuste 'geo-blocking' (qui fait que des internautes ne peuvent consulter certains sites web, parce qu'ils résident dans le 'mauvais' pays), jusqu'à la 'révision en profondeur' de la législation télécom européenne (où l'on prévoit une uniformisation générale dans ce domaine) et la maximalisation du potentiel de croissance de l'économie numérique européenne par des investissements dans l'infrastructure ICT, l'informatique dans le nuage ('cloud computing') et les données massives ('big data') notamment.

Le plan d'action plaide également pour plus de vigilance. Il s'agit de mieux contrôler les acteurs étrangers en vue comme Facebook, Amazon et Google. Les géants internet américains sont tellement puissants et possèdent tant de données sur les consommateurs européens qu'il y a un risque bien réel qu'ils abusent de cette puissance.

Juncker espère d'ores et déjà que le marché interne numérique engendrera davantage de services digitaux transfrontaliers, ainsi qu'une 'vague de startups européennes innovantes'. "Je souhaite que chaque consommateur se voit proposer les meilleures offres, et que chaque entreprise ait accès au plus vaste marché possible, où qu'elle se trouve en Europe."

Compétences numériques

Le ministre belge en charge de l'agenda numérique et des télécommunications Alexander De Croo (Open VLD) qualifie les projets numériques de la Commission européenne de première étape, mais ajoute aussitôt qu'il y manque plusieurs éléments cruciaux comme l'attention à accorder aux startups et aux compétences numériques.

"Toujours plus de jeunes veulent changer le monde avec la technologie", déclare De Croo. "Les startups sont des laboratoires, où de jeunes entrepreneurs donnent forme à la nouvelle économie. La Commission européenne ne peut fermer les yeux face à la force de ces starters, qui sont le carburant de l'économie numérique."

L'importance des compétences numériques reste elle aussi quelque peu de côté dans les projets numériques européens. "Le marché numérique unifié ne peut réussir que si l'on mise en même temps aussi sur les compétences numériques", ajoute De Croo. "L'innovation technologique fructueuse n'est possible que si l'on forme aujourd'hui en Europe les ingénieurs de demain."

"Enfin, la Commission va certes à juste titre continuer d'examiner le rôle des plates-formes en ligne telles Facebook et Amazon, mais le problème, c'est qu'on ne sait pas précisément comment aborder le sujet." La Commission semble, selon De Croo, envisager une réglementation supplémentaire plutôt qu'une stimulation.

Pour le vice-premier ministre, il est évidemment important de garantir une concurrence loyale dans le contexte des plates-formes d'e-commerce, des magasins d'applis ou lorsque de nouveaux acteurs tels Uber ou Airbnb se lancent sur un marché traditionnel. Mais il prévient aussi qu'il n'existe pas de solution universelle. "Il faut continuer de se focaliser sur la façon de favoriser ces modèles innovants au lieu de les compliquer", conclut le ministre.

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