Guy Kindermans
Guy Kindermans
Rédacteur de Data News
Opinion

06/01/14 à 12:32 - Mise à jour à 12:32

L'année de la sécurité pour et par les e-PME?

Les PME viseront cette année davantage d''e-' et de sécurité, mais pour ce dernier point, y arriveront-elles par elles-mêmes?

Les PME viseront cette année davantage d''e-' et de sécurité, mais pour ce dernier point, y arriveront-elles par elles-mêmes?

La Belgique est et reste un pays de PME et donc, les tendances entrepreneuriales constituent dans ces milieux un matériel d'étude intéressant. D'une enquête réalisée parmi les membres de l'organisation des entrepreneurs Unizo, il ressort ainsi que les PME accorderont une solide attention aux médias sociaux et consentiront davantage d'efforts sécuritaires cette année.

Nettement plus d''e-'

2014 semble être l'année au cours de laquelle les PME verront la... lumière dans les médias sociaux. Pas moins de 47 pour cent des répondants d'Unizo prévoient en effet une utilisation croissante des médias sociaux, et Unizo parle même d''une confiance dans la percée des médias sociaux'! Espérons que cette confiance ne provienne pas d'un réflexe 'me too' sans inspiration, mais repose sur une stratégie sensée... sous peine de faire place rapidement à une forte déception. Le fait aussi que l'utilisation des tablettes ait le vent en poupe - 32 pour cent prévoient une hausse de leur utilisation dans les environnements professionnels - se rapproche en tout cas étroitement de la perception actuelle que les médias sociaux et le mobile sont indissociablement liés. De plus, 19 pour cent estiment qu'un entrepreneur doit disposer d'un site web mobile. Nous souhaitons de tout coeur aux PME beaucoup de succès avec les média sociaux, mais les conseillers en la matière auront encore un sacré boulot à effectuer vu la façon dont nombre de PME traitent encore (ou plutôt ne traitent pas) le marketing, la publicité et les PR...

Ce qui est probablement plus intéressant, c'est la hausse du contenu 'e-' dans les attentes pour cette année. Très étonnamment, pas moins de 30 pour cent des répondants envisagent une percée de l'e-facturation, ce qui est vraiment nouveau. En effet, l'e-facturation est promotionnée depuis belle lurette déjà, mais, mis à part quelques secteurs spécifiques, elle ne semble pas encore avoir trouvé sa voie à grande échelle au sein des PME. Il sera intéressant de faire le point d'ici un an pour savoir si la vague de l'e-facturation a bien gagné les PME et/ou si celles-ci tirent parti de sa simplicité et de sa rapidité. Une plus grande attention à l''e-' aidera en tout cas aussi les plus petites PME à se faire une petite place dans les 'chaînes' (chains) mises en oeuvre par les grandes sociétés et organisations, y compris à l'étranger (en supposant que l'on fasse encore plus grand cas de standards internationaux). Les PME estiment par ailleurs qu'il faut de toute façon recourir davantage à la communication numérique notamment avec les pouvoirs publics (19 pour cent des répondants à l'enquête).

D'autre part, il s'agit de retenir son souffle, lorsqu'on observe que parmi les réponses, le contrôle de l'utilisation et de la sécurisation n'est cité comme point d'attention que par 11 pour cent des répondants. En combinaison avec une envie plus grande pour les médias sociaux, etc., cela pourrait être le signe avant-coureur d'une 'catastrophe annoncée'.

Plus de sécurité et de protection

Il est dès lors encourageant de constater que pas moins de 31 pour cent des participants s'attendent à devoir investir plus dans des moyens de protection supplémentaires, comme du software, des firewalls, filtres, etc. Encourageant certes, mais pas vraiment apaisant car souvent, cela prend des allures de confiance assez naïve que l'on peut être en sécurité avec des 'produits' seuls. Les PME doivent aussi investir davantage dans de meilleurs 'processus' et certainement dans une meilleure sensibilisation des 'personnes' (les deux autres 'p'). Le 'Belgian Cyber Security Guide' http://datanews.knack.be/ict/nieuws/icc-vbo-belgian-cyber-security-guide-voor-kmo-s/article-4000461236809.htm de l'ICC/VBO offre en la matière aux PME un manuel accessible et incontournable. De plus, Snowden et ses révélations à propos de la NSA, ainsi que les péripéties Belgacom ont laissé des traces chez les petits entrepreneurs. Pas moins de 28 pour cent d'entre eux estiment qu'en 2014, il faudra aussi davantage investir dans la protection contre le cyber-crime.

Tous des signaux positifs, ne serait-ce que parce que les exigences sécuritaires posées aux PME croissent. En effet, les grandes sociétés exigent toujours plus des plus petites entreprises de leurs 'chaînes' qu'elles fournissent les efforts requis pour éviter que ces PME deviennent subitement, en tant que 'maillons faibles', des portes dérobées dont pourraient abuser des personnes mal intentionnées

Security as a Service

La question reste de savoir si les PME ont en fin de compte la volonté et les moyens d'aborder par elles-mêmes toute cette sécurité et cette protection. Les bons experts sont en effet rares et assurément difficiles à attirer et à conserver par les PME. En outre, la sécurité est un thème incessant et permanent, qui exige continuellement de l'attention et des adaptations et qui ne peut être abordé par un achat unique d'un peu de software et de hardware. La plupart des PME se rendront donc rapidement compte qu'une sécurité supplémentaire et meilleure ne constitue pas un travail de type 'do it yourself'. Il faudrait déjà commencer par créer une prise de conscience d'une plus grande sécurité chez tous les collaborateurs de l'entreprise - en débutant par le directeur -, tout en laissant ensuite le travail proprement dit à des spécialistes. Les intentions des membres d'Unizo pour cette année iraient plutôt dans le sens d'une percée de la Security as a Service. Au lieu de se charger d'une auto-sécurité, les PME pourraient alors limiter leurs efforts au choix d'un partenaire de valeur et expérimenté. Bref, il s'agit là d'une évolution possible à tenir tout spécialement à l'oeil cette année pour savoir qui seront les gagnants et les perdants en la matière.

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