Interview: un homme contre des fausses nouvelles sur Facebook

09/03/17 à 22:17 - Mise à jour à 22:15

Source: Datanews

Un petit groupe de rédacteurs du plus important site d'infos des Pays-Bas a entamé jeudi dernier le contrôle du contenu des articles d'actualité néerlandaise sur Facebook. Au terme d'une semaine du projet-pilote, le rédacteur en chef Gert-Jaap Hoekman de nu.nl se dit positif, mais réaliste.

Interview: un homme contre des fausses nouvelles sur Facebook

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Un petit groupe de rédacteurs du plus important site d'infos des Pays-Bas a entamé jeudi dernier le contrôle du contenu des articles d'actualité néerlandaise sur Facebook. Au terme d'une semaine du projet-pilote, le rédacteur en chef Gert-Jaap Hoekman de nu.nl se dit positif, mais réaliste.

Avant tout, Hoekman insiste sur le fait que le projet-pilote entre nu.nl et Facebook n'est pas un contrat fixe: "Aucun quota ne nous été imposé. Nous effectuons les contrôles bénévolement avec les membres de la rédaction disponibles."

L'option pour les utilisateurs belges de Facebook de répertorier des articles comme étant des fausses infos, n'existe pas encore. Mais le projet-pilote aux Pays-Bas ne s'arrête pas aux frontières de ce pays. "Les liens rapportés sur Facebook vers des informations sur n'importe quel site web néerlandophone sont contrôlés. Et, si besoin est, évalués par nu.nl."

Ce qui n'est pas encore très clair, c'est de savoir si après le projet-pilote, la collaboration entre le site web d'actualité populaire aux Pays-Bas et Facebook se poursuivra. Hoekman ne travaille en tout pas complètement par pur idéalisme: "Facebook ne nous rétribue actuellement pas, mais nous ne sommes évidemment pas une organisation de bienfaisance. Je pense qu'à l'avenir, les organisations d'actualité feront l'objet d'une forme de paiement pour leur contribution en tant que contrôleurs de fausses nouvelles. La demande d'informations fiables ne fera que s'amplifier avec ou sans Facebook. "

"Zuckerberg veut mettre en oeuvre un réseau d'organisations d'actualité réputées qui effectueront les contrôles", selon Hoekman. Et d'ajouter que le réseau social ne sous-traite aucune tâche, afin de réduire ses coûts: "Il y va cependant de la crédibilité de Facebook que des instances indépendantes et non pas le réseau social lui-même répertorient ce qui est 'de la vraie actualité' et ce qui ne l'est pas."

On semble arriver ainsi à la cause de toute l'indignation qui suivit les projets de collaboration de Zuckerberg pour son entreprise et la presse: l'argent.

Nu.nl est la seule organisation d'infos qui était prête aux Pays-Bas à répondre à l'appel du pied de Facebook. Des journaux tels NRC ont pourtant émis de virulentes critiques, lorsque le réseau social annonça qu'elle cherchait de l'aide auprès des organisations d'actualité. Ces critiques étaient basées sur le fait que Facebook a fonctionné pendant longtemps comme un site web d'infos, sans assumer la moindre responsabilité, mais avec des revenus plus que suffisants grâce au travail de journalistes que le réseau social ne devait pas lui-même payer. Les organisations d'actualité semblent maintenant ravies de pouvoir enfin dire à Facebook: "Vous voyez, le travail de journalisme vous coûte à présent de l'argent." En outre, les rentrées provenant des publicités en ligne qui, en 2016, aboutissaient dans la poche de Facebook et pas dans celles, notamment, des organisation d'actualité n'auront pas amélioré le dialogue entre la presse et le réseau social.

Nonobstant les nombreuses critiques, Hoekman demeure convaincu du rôle du journaliste en tant que contrôleur des fausses nouvelles: "Notre mission de journaliste consiste à informer correctement les gens. Répertorier explicitement la désinformation, c'est simplement le revers de cette médaille. Réduire le phénomène à un problème n'impliquant que Facebook n'est pas correct."

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