Luc Blyaert
Luc Blyaert
était rédacteur en chef de Data News
Opinion

21/06/13 à 16:04 - Mise à jour à 16:04

Big brother a un nom: Google

Avez-vous entendu la moindre prise de position du gouvernement belge à propos du scandale Prism américain? L'administration US intercepte et collecte toute honte bue les données en ligne et conversations téléphoniques de millions de personnes. Et alors? Même pas le plus petit signe d'étonnement à Bruxelles. Pas davantage qu'à Mons où Google a bénéficié de nombreux subsides pour y construire l'un des plus gros datacenters d'Europe.

Avez-vous entendu la moindre prise de position du gouvernement belge à propos du scandale Prism américain? L'administration US intercepte et collecte toute honte bue les données en ligne et conversations téléphoniques de millions de personnes. Et alors? Même pas le plus petit signe d'étonnement à Bruxelles. Pas davantage qu'à Mons où Google a bénéficié de nombreux subsides pour y construire l'un des plus gros datacenters d'Europe.

En 2007, Google investissait 250 millions ¤ et annonçait voici peu un budget supplémentaire de 300 millions ¤. Soit au total 550 millions ¤ dans ce centre de données. Inutile de s'interroger pour savoir si ces serveurs ou ces câbles sont en or. Personne ne peut y entrer, même pas le patron de Google Belgique, même pas le Roi, ni le Premier Ministre. Contrairement au site de Kleine Brogel, aucun politicien pour escalader les grillages.

Google est l'un des principaux pourvoyeurs d'informations à destination des services de renseignement américains. Grâce à Google Earth et Google StreetView, ces services disposent de l'ensemble des images, depuis le Mont Everest jusqu'à votre rue et votre jardin. Et Google construit à un rythme effréné des réseaux à fibres optiques et sans fil. Récemment, elle a même présenté des sortes de ballons-satellites pour offrir l'accès internet aux régions reculées. Ou pour contrôler l'internet?

Dans sa lutte contre la pédopornographie, Google entend collecter et effacer l'ensemble de ces données. Si la cause paraît noble, cette tâche n'incombe-t-elle pas aux pouvoirs publics? Et quid si Google décidait de rassembler avant de supprimer d'autres données de l'internet? L'histoire compilée dans dix ans de bases de données de Google pourrait-elle disparaître en un tournemain?

Pire encore, Google pourra demain voir à travers vos lunettes et savoir exactement ce que vous faites et où vous vous trouvez. Big Brother n'a jamais été aussi proche de chacun d'entre nous, inquiétant, non? Il est dès lors révoltant que Bruxelles et l'Europe se contentent de hausser les épaules et se cantonnent à un rôle de spectateur. Sans même pointer un doigt réprobateur? 'Don't be evil'.

Bruxelles a pour mission de protéger ses citoyens, non seulement pour des raisons politiques, mais surtout pour défendre la spécificité européenne de protection de l'individu.

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