Artemis souhaite que l'Europe investisse davantage dans le software et les systèmes cyber-physiques

11/03/15 à 10:22 - Mise à jour à 10:22

Source: Datanews

Artemis Industry Association, l'association qui représente les entreprises européennes spécialisées dans les logiciels et les systèmes intégrés, aspire à un doublement des investissements dans ces domaines. "Si tel n'est pas le cas, l'Europe perdra sa position dominante là où elle est encore forte."

Artemis souhaite que l'Europe investisse davantage dans le software et les systèmes cyber-physiques

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Heinrich Daembkes, le président d'Artemis, a lancé cet appel hier mardi lors de la conférence Co-Summit de Berlin, une rencontre qu'Artemis Industry Association organise chaque année en collaboration avec ITEA, un cluster EUREKA qui s'occupe de soutenir et de stimuler des projets de développement de systèmes recourant intensivement au software. Cette semaine, des dizaines de projets logiciels d'Artemis et d'ITEA seront présentés à la presse et au public dans la capitale allemande.

"L'Europe ne se focalise pas assez ni sur les systèmes intégrés ni sur les systèmes cyber-physiques", a déclaré Daembkes. "Alors que notre vie de tous les jours est de plus en plus dominée par les systèmes intelligents: dans la voiture, dans les soins de santé et dans les villes."

Daembkes: "L'industrie technologique ne se porte pas vraiment bien sur le Vieux Continent. Nous avons manqué la révolution mobile, et il faudra encore voir si nous pourrons revenir au premier plan avec la 5G. Voilà pourquoi il est important que nous renforcions notre présence dans les domaines où nous sommes encore forts, comme dans l'industrie automobile, l'aviation et les produits industriels intelligents."

Et le président de suggérer que bon an mal an, 150.000 nouveaux emplois pourraient être créés en Europe, si les investissements en software et dans les systèmes intégrés doublaient: "Cela signifie que d'ici 2020, tous les états membres devront augmenter leurs dépenses dans la recherche et le développement en matière ICT de 5,5 milliards d'euros actuellement à 11 milliards en tout (en ce compris le soutien de l'UE). Les entreprises elles-mêmes devraient passer de 35 à 70 milliards d'euros."

Selon Daembkes, tout semble indiquer que la Commission européenne est prête à libérer des fonds: "Le problème, c'est surtout que certains états membres ont d'autres priorités. En France par exemple, la plus grande partie du budget est consacrée à la micro et à la nanoélectronique, pour protéger l'industrie nationale. Et s'il reste un surplus, il est dédié dans le meilleur des cas au software et aux systèmes cyber-physiques."

"La fragmentation sur le marché européen nous joue encore et toujours des tours", ajoute le président. "Il n'y a pas de marché unifié et trop souvent, l'on observe encore que les politiciens ne regardent pas plus loin que leurs frontières nationales. De leur côté, les entreprises veulent encore trop souvent faire tout elles-mêmes et créer des écosystèmes fermés à la Apple. Est-ce la bonne piste? Une collaboration transnationale est plus importante que jamais, mais il y a encore beaucoup de pain sur la planche à ce niveau."

Mercedez-Benz

L'un des exemples les plus intéressants de ce que des accords de collaboration dans les systèmes cyber-physiques permettent atteindre, nous vient de Mercedes-Benz. Le constructeur automobile allemand se transforme toujours plus sciemment en une entreprise technologique et a entre-temps déjà mis en oeuvre plusieurs projets en collaboration avec Artemis et ITEA. 90 pour cent de toutes les innovations chez Daimler se situent aujourd'hui déjà dans le software et dans les systèmes intégrés.

Jutta Schneider, directrice eDrive & software technologies chez Daimler AG, est venue présenter cinq projets européens destinés à nous rapprocher toujours davantage des voitures connectées autonomes propres de Mercedez-Benz.

Le projet le plus étonnant, DESERVE, crée un authentique écosystème autour des systèmes technologiques d'assistance à la conduite ('embedded advanced driver assistance systems') avec des interfaces communes et du software réutilisable par d'autres constructeurs, et dans d'autres domaines.

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