Affaires courantes = Out of office?

20/01/11 à 16:47 - Mise à jour à 16:47

Source: Datanews

"Les entreprises investissent à nouveau dans l'IT", pouvait-on lire ce matin dans la presse. C'est exact, mais la croissance en Belgique pourrait bien se voir rapidement couper les ailes parce que le gouvernement fédéral est en affaires courantes.

Affaires courantes = Out of office?

"Les entreprises investissent à nouveau dans l'IT", pouvait-on lire ce matin dans la presse. C'est exact, mais la croissance en Belgique pourrait bien se voir rapidement couper les ailes parce que le gouvernement fédéral est en affaires courantes.

Des pouvoirs publics intelligents investissent dans les TIC ; il y a quelques semaines encore, Agoria a calculé que les autorités fédérales avaient économisé pas moins de 30 millions d'euros l'an dernier grâce à un projet tel que Tax-on-Web. Ce n'est là qu'un exemple parmi d'autres de la façon dont l'e-gouvernement (eGov) peut faire gagner de l'argent aux autorités, et un tel montant n'est pas négligeable en ces temps où les autorités doivent se serrer la ceinture. Seulement, pour investir intelligemment, il faut une autorité qui prenne des décisions intelligentes. Et c'est justement là que le bât blesse : notre gouvernement fédéral en affaires courantes est à peine apte ou habilité à lancer de nouveaux projets TIC.

Administration en pause ? La semaine dernière, par exemple, Datanews révélait que Fedman II, le réseau public des fonctionnaires fédéraux de 25 instances différentes, avait atteint sa capacité maximale. Dans l'attente d'un nouveau gouvernement, aucun nouveau contrat ne peut être conclu. Out of office, on hold, en chômage technique ? Est-ce le message que le citoyen reçoit en réponse à un courriel envoyé aux pouvoirs publics ?

Certains rétorqueront que cette absence de véritable gouvernement permet de faire des économies, vu qu'aucune nouvelle dépense ne peut être engagée, mais ils se trompent. En effet, ce que nous économisons aujourd'hui en reportant des investissements disparaît dans le néant avec l'argent que nous pourrions gagner les prochaines années. Récemment encore, Agoria a dressé la liste de quelques projets eGov pouvant rapporter jusqu'à des centaines de millions d'euros par an (!) à notre pays. Amener les fournisseurs à recourir à la facturation électronique, faire en sorte que les adjudications publiques se déroulent par voie électronique, etc. D'autres pays prouvent que c'est possible, du moins lorsque les projets TIC ne sont pas mis en affaires courantes...

Les projets d'e-gouvernement qui sont mis au frigo ne constituent qu'une facette du problème. Les autorités fédérales sont également un client important de nombreuses entreprises TIC, dont un grand nombre de PME. D'un côté, les entreprises TIC aident à l'optimisation des processus, au traitement de l'information : autant de choses essentielles à la préparation de la politique, de sorte que l'administration se mue plus rapidement en un appareil efficace et moderne. Et de l'autre côté, cela se traduit par des créations d'emplois. Une belle situation "win-win" potentielle, donc ! Il serait alors doublement frustrant de constater que la perte du volume d'investissement des autorités fédérales grimpe jusqu'à des montants à deux chiffres en raison des affaires courantes.

Croissance en Europe et Belgium on hold? Comment l'avenir s'annonce-t-il ? Ce n'est un secret pour personne : à la suite de la crise mondiale, les deux dernières années ont été difficiles pour les entreprises TIC. Mais le traditionnel chemin de croissance d'avant la crise se profile à nouveau pour cette année et les années à venir. Autrement dit, nous pouvons à nouveau espérer une croissance de 3 à 4 %. C'est en tout cas la tendance générale en Europe. Car en Belgique, à cause des négociations gouvernementales qui s'éternisent et de l'absence de décisions, nous risquons de passer complètement à côté d'une partie de cette croissance.

Dès lors, nous appelons le gouvernement fédéral en affaires courantes, lors de l'établissement du budget 2011 et des économies annoncées dans ce cadre, à ne pas hypothéquer notre avenir en remettant les investissements à plus tard. Ne pas avancer, c'est reculer, et cette devise vaut certainement pour les TIC. Si nous mettons des projets en veilleuse maintenant, nous ne pourrons plus rattraper notre retard par la suite. Quant aux projets abandonnés, ils coûteront des emplois ET retarderont la modernisation de l'administration de plusieurs années encore.

Christian Vanhuffel Directeur du secteur TIC chez Agoria

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