Xavier Damman goes fintech avec OpenCollective

01/03/16 à 13:58 - Mise à jour à 04/03/16 à 08:50

Source: Datanews

Une plate-forme internet sur laquelle il est possible de collecter de l'argent de manière transparente, sans devoir créer une personne juridique. C'est là en bref le concept sous-jacent à OpenCollective, la nouvelle start-up de Xavier Damman (Storify).

Xavier Damman goes fintech avec OpenCollective

OpenCollective © .

Après avoir vendu Storify (une plate-forme où l'on peut élaborer une histoire sur base de messages, photos, vidéos, textes et articles postés sur des médias sociaux) à son homologue américain LiveFyre en 2013, Xavier Damman consacra du temps à la communauté belge des start-ups et collabora au Startup Manifesto, un document contenant des propositions concrètes en vue de créer dans notre pays un climat plus favorable aux jeunes entreprises.

"A un moment donné, nous avons décidé de faire imprimer des stickers pour le manifeste", explique le jeune homme. "Et l'on s'est posé la question de savoir qui allait payer ce genre de choses. Il y avait pas mal d'instances qui voulaient nous aider financièrement, mais nous n'avons trouvé aucune manière de tout réunir car seule une personne juridique peut ouvrir un compte en banque."

"Pour un projet comme le Startup Manifesto, cela engendre trop de tracasseries. Finalement, c'est le personnel de Startups.be qui a dû nous venir en aide (rire)."

"J'en ai parlé à Dries Buytaert (Acquia)", ajoute-t-il. "Et lui aussi m'a dit que dans le monde, des centaines de conférences et de réunions liées à Drupal sont organisées par des associations locales qui ont le même problème et qui sont donc freinées dans leur façon de travailler."

L'idée pour OpenCollective a donc progressivement germé, à savoir un nouveau projet 'fintech' proposant une plate-forme par le truchement de laquelle des associations, s.p.r.l., incubateurs et d'autres communautés peuvent collecter de l'argent de manière simple et transparente, sans devoir pour autant disposer d'un statut légal ou d'un compte en banque.

Comptes virtuels

Il va de soi qu'OpenCollective même fonctionne avec un compte en banque, mais par-dessus ce compte, des comptes virtuels sont pour ainsi dire créés. "Nous avons élaboré un prototype de notre plate-forme où des organisations, voire des personnes peuvent créer ce genre de compte virtuel, ce qui permet ensuite de collecter de l'argent."

Actuellement, la bêta ne fonctionne qu'avec PayPal (pour les remboursements) et avec Stripe (pour le traitement des données des cartes de crédit), mais l'objectif est bien de supporter sous peu tous les moyens de paiement, y compris le Bitcoin. Tout comme Kickstarter, OpenCollective prélève une commission de 5 pour cent sur les montants recueillis.

Damman et ses deux co-fondateurs ont entre-temps déjà récolté 500.000 dollars pour leur nouveau projet. General Catalyst (Airbnb, Snapchat,...) y a investi 250.000 dollars, Belcube (le fonds de Jean Zurstrassen) aurait déboursé 50.000 dollars, et les Belges Dries Buytaert, Toon Vanagt et Xavier Corman y ont participé également.

Par ailleurs, la nouvelle start-up opèrera à partir de New York, et non pas de San Francisco. "New York est le centre financier du monde, et nous préférons démarrer là, où notre entreprise a le plus de chances de réussir", explique Damman. "Si vous voulez devenir le prochain Zidane, mieux vaut vous rendre à Madrid."

Bulle

Après un séjour de 6 ans et demi à San Francisco, la famille Damman est tout à fait prête à relever ce nouveau défi. "Plus longtemps vous demeurez dans un même endroit, moins vous apprenez", poursuit-il. "L'on finit par ne plus rencontrer que des âmes soeurs et l'on vit dans une sorte de bulle. L'image que l'on a alors de la réalité, est à tout le moins déformée."

"Nous avons acquis pas mal d'expérience à San Francisco et nous voudrions à présent faire de même à New York dans les années à venir. Il est donc urgent d'accomplir le prochain pas. De plus, nous serons dans the big apple plus proches de la Belgique, ce qui ne gâche rien. Nous avons une fillette de trois ans, et ses grands-parents souhaiteraient la voir plus souvent (rire)."

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