Une startup néerlandaise s'est volatilisée en emportant 316.000 euros

29/11/17 à 11:41 - Mise à jour à 11:40

Source: Datanews

Une jeune entreprise néerlandaise, qui avait au début de ce mois récolté 316.000 euros en ethereum dans le cadre d'une ICO (Initial Coin Offering), a disparu sans laisser traces. Des experts parlent d'un coup minutieusement préparé, alors que la plate-forme d'échange des jetons (tokens) recherche des solutions pour rembourser les investisseurs.

Une startup néerlandaise s'est volatilisée en emportant 316.000 euros

© Getty Images/iStockphoto

A chaque mois son histoire de vol lors d'une ICO. Une petite entreprise de crypto-monnaie probablement néerlandaise a disparu du radar du jour au lendemain avec tout l'argent qu'elle venait de recueillir dans le cadre d'une ICO. La start-up en question s'appelle Confido et était, à l'entendre, dirigée par un certain Joost van Doorn. Lors de son ICO, elle est parvenue à récolter quasiment 375.000 dollars (316.000 euros après conversion) en ethereum avec la promesse qu'elle allait signer des contrats tant avec des vendeurs qu'avec des acheteurs. L'ICO est une variante virtuelle de l'IPO, qui représente le moment traditionnel où des entreprises entrent en Bourse. Avec une ICO, une entreprise recueille de l'argent en émettant des jetons au lieu d'actions. Le problème, c'est que la semaine dernière, Confido et son fondateur ont disparu sans laisser de traces. Le site web, le compte Twitter et la page Facebook ont tous été supprimés. Un dernier message posté évoquait des 'problèmes judiciaires'.

'Une escroquerie de haut vol'

Entre-temps, on en sait un peu plus à propos du soi-disant Joost van Doorn, le CEO de la start-up. En fait, on ne trouve rien à son sujet en ligne, ce qui signifierait que l'homme n'existe en fait pas. Dans sa bio sur le site entre-temps disparu de Confido, il indiquait qu'il avait décroché un master en commerce international et qu'il avait travaillé pour eBay, PepsiCo et Zalando. Tant PepsiCo que Zalando ont cependant signalé à la chaine d'infos américaine CNBC qu'elles n'avaient encore jamais entendu parler de cet homme.

Tout cela fait que les investisseurs inquiets se tournent à présent vers TokenLot, la plate-forme sur laquelle Confido a organisé son ICO. Cette entreprise évoque à son tour une arnaque et signale qu'elle recherche le fondateur de Confido et l'argent dérobé. "Nous sommes la seule source en ligne où des gens peuvent poser des questions et recevoir des réponses", explique Eli Lewitt de TokenLot au site web Vice. "Cela semble être en tout cas de l'escroquerie de haut vol." KuCoin, la plate-forme chinoise sur laquelle les jetons de Confido ont été traités, a indiqué qu'elle allait rembourser certains des investisseurs pour le dommage subi.

L'ICO ou la ruée vers l'or

L'ICO est la nouvelle manière branchée pour les startups d'empocher de l'argent. A sa façon, la méthode s'apparente à la ruée vers l'or. Cette année déjà, quelque 3,55 milliards de dollars ont été récoltés de cette manière. Les entreprises émettent des jetons numériques en échange de crypto-monnaies telles ethereum ou bitcoin. Ces jetons peuvent ensuite être échangés contre des services ou des produits de la startup. Pour ces jeunes entreprises, il s'agit là d'une alternative qui leur impose moins de contraintes que les négociations avec des capital-risqueurs ou des investisseurs à la Bourse. Les acheteurs de jetons n'ont en effet pas leur mot à dire dans la direction de la startup.

Mais ce manque de contrôle représente aussi un problème. La plupart des pays ne disposent pas d'un cadre légal pour les ICO, et les investisseurs n'ont de ce fait aucune garantie d'être protégés. A présent que ces ICO vont de pair avec des sommes d'argent toujours plus importantes, il y a toujours plus souvent des dérapages. C'est ainsi notamment qu'en juillet, un pirate astucieux avait réussi à mettre la main sur 6 millions d'euros en ethereum en changeant le lien du compte sur lequel les investisseurs pouvaient verser leur argent. Ce n'est donc - et de loin - pas la première fois qu'une ICO est la victime d'un piratage, même si cette fois-ci, cela ressemble étonnamment à une ancienne méthode d'escroquerie adaptée à une nouvelle technologie.

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