"Si l'internet n'est pas complet, ne le vendez pas en tant que tel"

30/05/12 à 12:25 - Mise à jour à 12:24

Source: Datanews

Des indications correctes de vitesses du haut débit et une communication claire des éventuelles limites internet, voilà ce que demande la commissaire européenne en charge de l'Agenda Numérique, Neelie Kroes, aux opérateurs internet européens.

"Si l'internet n'est pas complet, ne le vendez pas en tant que tel"

Des indications correctes de vitesses du haut débit et une communication claire des éventuelles limites internet, voilà ce que demande la commissaire européenne en charge de l'Agenda Numérique, Neelie Kroes, aux opérateurs internet européens.

Neelie Kroes dévoile enfin son jeu à propos du thème très chaud de la 'neutralité du net'. La question est de savoir si les fournisseurs internet peuvent 'rationaliser' leur trafic en accordant la priorité à certains flux de données/applications et en en bloquant d'autres.

Kroes déclare avoir réservé jusqu'à présent son point de vue, parce qu'elle souhaitait d'abord collecter des données claires sur l'état des lieux en matière de neutralité du net. Il y a un an, elle avait demandé à l'organe européen des régulateurs télécoms, BEREC, de réunir toutes les preuves nécessaires quant à la qualité des services internet, à l'éventuel blocage de certains contenus et à la facilité de changer de fournisseur de services.

De l'enquête menée par BEREC, il apparaît à présent que la plupart des fournisseurs internet, qu'ils soient fixes ou mobiles, n'appliquent pas de limites à leur trafic. Mais il en ressort aussi que 20 pour cent minimum jusqu'à la moitié des internautes mobiles ont conclu des contrats autorisant les opérateurs à interdire certains services (comme VoIP et Skype ou l'échange poste à poste). 20 pour cent des opérateurs fixes appliqueraient aussi des limites en matière de trafic poste à poste. Il n'empêche que les offres fixes et mobiles de 85 pour cent des fournisseurs internet fixes et de 76 pour cent des fournisseurs internet mobiles ne se caractérisent pas par des restrictions.

Kroes et BEREC en concluent que c'est surtout une question d'offrir le choix aux clients et de leur expliquer clairement quelle est la différence entre les différentes offres. Selon Kroes, trois changements importants sont nécessaires. Primo, les clients doivent obtenir des informations claires sur les vitesses réelles du haut débit. "Pas uniquement la vitesse à trois heures du matin, mais aussi celle disponible en période de pointe."

Secundo, les clients doivent aussi être clairement renseignés sur les limites de ce pourquoi ils paient. Kroes a eu cette déclaration étonnante à ce propos: "Des limites de trafic clairement quantifiées sont nettement préférables à de vagues politiques d'utilisation équitable ('fair use') qui dépendent trop du bon vouloir des fournisseurs internet."

Et tertio, les utilisateurs doivent savoir ce qu'ils obtiennent, selon Kroes: "Du champagne ou du mousseux de moindre qualité? Si l'internet n'est pas complet, ne le vendez pas comme tel. Il ne devrait dans ce cas peut-être même pas s'appeler 'internet'."

Kroes demande aux clients de choisir en connaissance de cause: ils doivent opter pour l'opérateur qui leur propose le service qui leur convient le mieux. "Voilà pourquoi notre directive veillera à ce qu'il soit plus facile de changer de fournisseur internet."

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