"Publication de virus RFID: immorale"

20/03/06 à 00:00 - Mise à jour à 19/03/06 à 23:59

Source: Datanews

"Depuis quand la création de programmes malfaisants (malware) est-elle légale aux Pays-Bas?" Cette question est posée par l'entreprise de produits antivirus Kaspersky Lab après la mise au point par des chercheurs de la Vrije Universiteit d'Amsterdam d'un virus visant les balises RFID. L'entreprise fustige surtout le caractère public du nouveau code malfaisant.

"Je suis abasourdi", déclare Roel Schouwenberg, Senior Research Engineer chez Kaspersky Lab Benelux,"comment personne ne s'est-il insurgé contre le côté immoral de cette affaire?" Après avoir lu l'article publié par les chercheurs universitaires, Roel Schouwenberg s'indigne doublement.Il s'en prend d'une part au caractère public du code viral: "Les auteurs affirment vouloir démontrer une thèse. Cela ne se fait pas en présentant dans le détail du code polymorphique et d'autres optimisations en vue de contourner la détection de virus. A quoi bon permettre au monde entier d'examiner le malware?" Kaspersky Lab plaide dès lors pour que le code du malware ne soit mis à disposition que des vendeurs et, si besoin est, des entreprises de sécurité. "Partager le malware avec le reste du monde ne contribuera certainement pas à améliorer la sécurité."Schouwenberg déplore par ailleurs ce type de recherche: "Pour autant que nous le sachions, ce genre de recherche - la création de code malfaisant - est habituel dans les universités." Et d'ajouter: "Le fait que les chercheurs visent des solutions au problème ne justifie absolument pas la création de code malfaisant. C'est totalement inacceptable, et nous boycotterons dès lors toutes les parties qui l'approuvent. Tout comme c'est le cas avec l'Université de Calgary, où l'on enseigne même aux étudiants à créer du malware."Kaspersky Lab est la première entreprise de produits antivirus à réagir si violemment aux recherches sur les virus RFID. D'autres producteurs du secteur ont préféré minimiser la question en affirmant que la propagation de virus via les balises RFID est encore loin d'être à l'ordre du jour.

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