Pat Russo brandira son sceptre à Paris

12/04/06 à 00:00 - Mise à jour à 11/04/06 à 23:59

Source: Datanews

Pat Russo (50 ans) sait ce qu'elle veut. Lorsqu'en 2002, elle devint CEO de Lucent, elle n'hésita pas à licencier dix mille collaborateurs. En qualité de PDG de la société émanant de la fusion entre Alcatel et Lucent, elle pourrait remettre ça. 8.800 emplois devraient en effet disparaître, soit 10% du personnel total.

Pat Russo va déménager de Murray Hill (Jersey) à Paris où elle prendra la direction d'un fournisseur télécoms réalisant quelque 21 milliards EUR de chiffre d'affaires. Elle a grandi au New Jersey dans une famille de six enfants, dont des jumeaux souffrant d'un handicap. C'est là qu'elle aurait puisé sa capacité d'écoute et de sollicitude. Ce n'est donc pas une rigolote, mais une patronne à la fois svelte et forte, mais aussi sportive. Elle est même devenue capitaine de l'équipe de basket-ball locale. Après avoir décroché un diplôme en sciences politiques et en histoire, Russo a travaillé d'abord chez IBM pendant huit ans au sein du service vente et marketing, jusqu'à ce que le géant télécoms AT&T de l'époque est venu la chercher en 1981. Chez AT&T, elle évolua pour devenir en 1989 responsable de la division Business Communications Systems. Grâce à la fusion avec Alcatel, elle va d'ailleurs prendre à nouveau en charge un département 'communications professionnelles'. A l'époque, AT&T avait en effet subdivisé sa division 'équipement télécoms' et avait fondé Lucent (solutions opérateurs) et Avaya (appareillage professionnel). En qualité d''executive vice-president', Pat Russo prit la direction de Lucent. En 2000, elle opta toutefois pour Eastman Kodak, où elle fut administratrice déléguée pendant deux ans. Ensuite, elle retourna chez Lucent pour y devenir d'abord CEO, puis présidente. Le magazine d'affaires américain Fortune lui attribua le surnom de 'Kamikaze Pat', parce qu'elle dut à nouveau remettre à flots une Lucent en train de sombrer. Pour ce faire, Russo se vit proposer 1,2 million $ par an, plus une prime d'1,8 million $ et 4,7 millions d'options d'actions. Bientôt, elle brandira donc son sceptre à Paris. On est curieux de voir comment elle va s'y prendre avec les barons français.

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