Pas de standard belge pour les paiements par GSM

Frederik Tibau

23/02/2012 - 11:58

Le projet portant sur un nouveau moyen de paiement mobile, à propos duquel un accord de principe avait été trouvé l’année dernière entre les banques belges et les différents opérateurs télécoms, a été arrêté. Voilà ce qu’affirment plusieurs sources bien informées à Data News, une information qui nous est confirmée par Mobistar. Ce serait surtout dû aux opérateurs qui ne suivraient pas tous la même voie.

Il y a plus d’un an, la Fédération belge du secteur financier Febelfin et le ministre de l’Economie de l’époque Vincent van Quickenborne (Open VLD) annonçaient vouloir stimuler le trafic des paiements électroniques en Belgique, notamment par l’introduction d’un nouveau moyen de paiement mobile commun.

L’objectif était de lancer en 2011 encore une sorte de ‘porte-monnaie électronique’, que le consommateur pourrait utiliser pour des paiements jusqu’à 25 euros maximum. Le secteur bancaire avait à cette fin conclu un accord de principe avec Belgacom, Base (KPN Group Belgium) et Mobistar. Les négociations à propos du développement technique concret devaient encore avoir lieu, mais il était clair que le choix se porterait sur le SMS et la technologie NFC (near field communication).

Frédérique Verbiest, porte-parole de Belgacom, avait expliqué en février 2011 à Data News que le système serait assurément basé sur la plate-forme PingPing de Belgacom. PingPing est aujourd’hui déjà utilisée à petite échelle pour les paiements de places de parking, de tickets de bus et de cinéma ou encore de boissons fraîches. Le lien vers les banques serait assuré par Atos Worldine.

Plusieurs sources proches du dossier informent à présent à Data News que le projet a été interrompu. Non seulement les banques et les opérateurs auraient une vision différente sur le projet, mais les relations entre les opérateurs mêmes seraient aussi devenues problématiques: l’on ne parviendrait pas à accorder ses violons. “C’est surtout Mobistar qui était méfiante”, déclare l’une de nos sources. “Cette entreprise traînait avec elle le problème de principe d’utiliser comme base un système de son grand concurrent (PingPing, ndlr.).”

“Il a toujours été malaisé de faire collaborer les opérateurs belges”, estime une autre source. “C’est regrettable, car cette fois, les commerçants étaient intéressés, alors que tel n’était pas le cas par exemple il y a cinq ans, lorsqu’on a voulu lancer un projet similaire. Les commerçants voyaient dans le nouveau standard une alternative intéressante à la formule Proton peu populaire.”

Toutes nos sources évoquent une opportunité ratée. “Si les acteurs belges n’arrivent pas à s’entendre et à lancer eux-mêmes une initiative, les entreprises étrangères le feront bientôt à leur place. L’on va de nouveau nous couper l’herbe sous le pied.”

Mobistar
Officiellement, Febelfin ne souhaite pas annoncer que le dossier est refermé. Sa porte-parole, Pamela Renders, admet toutefois que “le projet exigera plus de temps que prévu et que le but initial, à savoir le porte-monnaie électronique pour les petits paiements, sera difficile à atteindre.”

“La concertation se poursuit entre le secteur financier et les opérateurs mobiles”, insiste Renders. “Mais il est vrai que l’objectif initial ne sera pas atteint.”

Chez Belgacom, l’on tient le même langage. Son porte-parole, Jan Margot, dément que le projet soit complètement stoppé et confirme la version de Febelfin, à savoir que cela prendra plus de temps que ce qui avait été prévu au départ.

Chez Mobistar, par contre, l’on confirme bien que le projet dans sa forme actuelle est arrêté. “Malheureusement, nous n’avons pas pu trouver de ‘business case’ dans lequel toutes les parties pouvaient se retrouver”, déclare Patti Verdoodt, la porte-parole de Mobistar. “Nous sommes un ardent défenseur des moyens de paiement mobiles, et ce n’est pas parce que le projet actuel est interrompu que d’autres projets communs ne pourront pas suivre avec les autres opérateurs, mais le fait est qu’à court terme, il n’y a plus de projet commun.”

A la question de savoir si ce fut surtout Mobistar qui a remis en cause le lancement sur le marché d’une plate-forme technique développée par Belgacom, Verdoodt n’a pas souhaité réagir: “Nous ne donnons aucun détail sur le déroulement concret des négociations.”


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