Les universités font fi du Cobol

15/03/13 à 18:20 - Mise à jour à 18:20

Source: Datanews

Une enquête réalisée à l'échelle mondiale auprès d'universités nous apprend que trois quarts d'entre elles n'enseignent plus le langage Cobol malgré un besoin constant de cette compétence, selon le commanditaire de l'étude, MicroFocus.

Les universités font fi du Cobol

Nonobstant les milliers d'applications existantes contenant des millions de lignes de Cobol, les universités enseignent à peine encore ce langage à leurs étudiants. 73 pour cent des universités interrogées n'enseignent déjà plus le Cobol, même si 71 pour cent d'entre elles sont convaincues que les entreprises auront encore besoin d'applications Cobol dans la décennie à venir. Par ailleurs, seuls 18 pour cent des 27 pour cent d'universités qui donnent encore des cours de Cobol, intègrent ce langage à leur programme de base, alors que 9 pour cent le proposent en option.

Pourtant, la connaissance du Cobol fournirait aux néo-diplômés davantage d'opportunités sur le marché du travail, selon MicroFocus, aujourd'hui le seul fournisseur Cobol au monde. Quelque 21 pour cent des universitaires interrogés partageaient cette opinion, mais a contrario, 22 pour cent jetaient un regard négatif sur le Cobol. Les réactions allaient de 'Cobol est dépassé' et n'est 'plus tendance' (14%), en passant par 'Cobol est fini' (5%), jusqu'à 'plus besoin de connaître le Cobol' (3%). MicroFocus ne fut dès lors pas surpris de découvrir que 65 pour cent des répondants à l'enquête estimaient que les étudiants avaient aussi un avis négatif sur le Cobol. Il n'empêche que 43 pour cent des universités se disaient prêtes à reprendre le Cobol dans leur programme de base si les étudiants eux-mêmes le demandaient.

Une fois de plus, les universités proposaient comme solution possible une collaboration plus étroite entre elles et les entreprises, afin de remettre l'importance du Cobol en exergue. C'est ainsi que des cours supplémentaires de Cobol sont proposés entre autres dans quelques universités belges, comme l'U Antwerpen.

Le problème, c'est aussi le fait que dans pas mal d'esprits, Cobol est synonyme de 'maintenance' et pas de 'nouveaux projets d'avenir passionnants'. Certains universitaires l'attribuent notamment à un manque d'attention des médias pour le Cobol, plutôt qu'à un afflux d'informations à propos de Java, C++, PHP et d'autres langages. Dans leurs offres d'emploi, les entreprises devraient davantage faire référence au Cobol, de sorte que le besoin de cette compétence soit davantage reconnu. D'autres réagissent en faisant observer qu'un emploi dans la 'maintenance' ne sera jamais attrayant et que de toute façon, ce travail sera de plus en plus sous-traité à des pays à bas salaires.

Il est clair que le Cobol a encore un avenir à court et à même à moyen terme, mais que pour le long terme, cela dépendra de la pertinence de (nouvelles?) applications Cobol dans de nouveaux environnements. Par ailleurs, le site de nouvelles 'The Register' vient pour sa part de citer une déclaration de l'éminent chercheur IT néerlandais Edsger Dijkstra: "The use of Cobol cripples the mind; its teaching should, therefore, be regarded as a criminal offense." (l'utilisation du Cobol paralyse l'esprit; son enseignement doit donc être considéré comme une infraction pénale).

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