Les "tweets" de Mr Q en débat au Sénat

12/02/10 à 08:00 - Mise à jour à 07:59

Source: Datanews

Quelques petites lignes, voire photos, apparemment innocentes diffusées sur Twitter et voilà que le Ministre Q se fait remonter les bretelles. Le monde politique (du moins certains de ses acteurs) semble bel et bien redouter les effets potentiels des penchants 'social networking' de certains.

Quelques petites lignes, voire photos, apparemment innocentes diffusées sur Twitter et voilà que le Ministre Q se fait remonter les bretelles. Le monde politique (du moins certains de ses acteurs) semble bel et bien redouter les effets potentiels des penchants 'social networking' de certains.

La modernité a toujours suscité des réactions, craintes et interrogations. Le dernier exemple en date est celui d'un Ministre Q twittant des messages au sujet de ses collègues ministres. Une activité, "innocente" insiste-t-il, qui n'a pas eu l'heur de plaire outre-mesure à certains. Premier ministre compris.

La tempête dans ce verre d'eau virtuel a soufflé jusqu'au coeur du Sénat où, hier, Jean-Paul Procureur (cdH) interpellait le Premier Ministre. "L'événement politique se déroule-t-il dorénavant sur Internet?", interrogeait-il. "Les centres d'intérêt se déplacent et voilà que le ministre pour l'Entreprise et la Simplification diffuse, sur Twitter, des photos de comités ministériels restreints, de rencontres avec le gouvernement flamand ou avec les partenaires sociaux, photos encadrées de commentaires plus ou moins décalés." Citant la réaction de Vincent Van Quickenborne qui arguait que "Twitter permet de rapprocher les gens de la politique", Jean-Paul Procureur convient qu'un tel rapprochement est "en effet indispensable", mais se demandait "si tous les moyens sont bons? Les ministres sont-ils en droit de publier des photos et des commentaires relatifs au conseil des ministres? Ne risque-t-on pas ainsi de transformer celui-ci en une sorte de spectacle de téléréalité? Quelles sont les règles en la matière?".

La réponse du gouvernement a été relayée par Carl Devlies, secrétaire d'État à la Coordination de la lutte contre la fraude et adjoint au ministre de la Justice. "Le Premier ministre a répondu à M. Van Quickenborne que la nécessaire observation des règles de confidentialité conditionnait l'utilisation de ce réseau de communication. Sur la base des informations dont il dispose, le Premier ministre est d'avis qu'en l'espèce et jusqu'à présent, ces règles n'ont pas été violées. Par ailleurs, le Premier ministre a demandé au ministre en question de demander l'accord préalable de ses collègues pour chaque enregistrement et diffusion externe."

Ce qui risque fort d'être passablement fastidieux si le ministre conserve le rythme qu'on lui connaît.

La réponse du gouvernement, en tout cas, ne semble pas avoir totalement convaincu Jean-Paul Procureur qui clôturait l'interpellation en disant: "Je me limiterai, en guise de réplique, à citer une phrase extraite d'une chanson de Francis Cabrel: "Est-ce que ce monde est sérieux?"."

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