Le secrétaire d'Etat De Backer "n'encaisse" pas la nouvelle politique de respect de la vie privée de Google

27/10/16 à 12:44 - Mise à jour à 12:44

Le secrétaire d'Etat en charge du respect de la vie privée Philippe De Backer (Open Vld) "n'encaisse pas" le fait que le géant internet Google puisse lire nos mails, tienne à jour ce que nous visionnons sur YouTube et revende ces informations à des publicitaires.

Le secrétaire d'Etat De Backer "n'encaisse" pas la nouvelle politique de respect de la vie privée de Google

Philippe De Backer © BELGA

De Backer réagit ainsi à la politique de 'privacy' adaptée de Google, permettant depuis peu à l'entreprise de combiner le comportement de navigation à des données personnelles. Le secrétaire d'Eta se retrouvera bientôt autour de la table avec Google.

Le géant internet a récemment adapté sa politique de 'privacy'. Il en résulte que Google peut désormais combiner des informations sur votre comportement de navigation sur internet, qu'elle collecte via l'entreprise publicitaire en ligne Double Click, avec des données dont elle dispose par le biais de ses propres services internet, tels YouTube et Gmail.

Le respect de la vie privée non-prioritaire

Le secrétaire d'Etat De Backer estime que cette situation n'est pas acceptable. "Google démontre ainsi que le respect de la vie privée n'est pas sa priorité. Les masques tombent. Mais cela ne se passera pas comme cela. Le respect de votre vie privée est plus important qu'un message publicitaire sur mesure", déclare-t-il fermement.

Il fait observer que quiconque crée un compte Gmail, donne son autorisation à Google de visionner et d'utiliser ses données. Il convient en effet d'abord d'accepter les conditions de respect de la vie privée. "Ce qui n'est pas acceptable, c'est que Google décide à présent à votre place de combiner ces données aux autres applications Google et d'ensuite les partager avec des tiers, afin d'affiner encore votre profil d'utilisateur interne. Se taire ne signifie pas autoriser", estime De Backer.

Impuissant

Il se retrouvera donc bientôt autour de la table avec le géant des recherches pour passer tout cela en revue, mais il admet aujourd'hui être assez impuissant. La Commission vie privée ne dispose en effet pas de "dents pour mordre". Voilà pourquoi le secrétaire d'Etat prépare une réforme de la Commission. En convertissant les règles européennes à l'échelle nationale, elle pourra ensuite infliger à Google une amende pouvant aller jusqu'à 4 pour cent de son chiffre d'affaires mondial, selon De Backer.

Au sein de la majorité, le parlementaire Roel Deseyn (CD&V) souhaite que cela aille plus vite: "Même si le secrétaire d'Etat déborde de bonnes intentions, le renforcement de la Commission vie privée tarde. S'il veut donner à cette dernière des 'dents pour mordre', je l'invite à une réunion en vue de voter avec nous la proposition de loi en attente."

Sanctions

Deseyn et sa collègue de parti Sonja Becq plaident pour permettre à la Commission vie privée d'infliger des sanctions administratives. "Il n'existe actuellement que la voie pénale, où les plaintes sont souvent classées sans suite", explique encore Deseyn.

Les deux parlementaires CD&V souhaitent également que la Commission vie privée ait une mission de contrôle claire avec une équipe d'inspection correspondante exécutant des vérifications ciblées sur site. "Nous devons dès à présent accomplir le pas et ne pas attendre la date-butoir ultime fixée par l'Europe. La Commission vie privée doit davantage adopter une attitude de véritable régulateur, de police en matière de respect de la vie privée. Elle doit se rendre sur le terrain pour effectuer des inspections et dialoguer en brandissant si nécessaire la menace de sanctions administratives", concluent Deseyn et Becq.

(Belga/WK)

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