Le rachat d'Hyperion réveille le marché de la BI

06/03/07 à 00:00 - Mise à jour à 05/03/07 à 23:59

Source: Datanews

La semaine dernière, Oracle a repris Hyperion pour un montant de 3,3 milliards de dollars. Le fournisseur de bases de données a ainsi acquis une importante solution de 'business intelligence'. Frank Buytendijk, 'vice-president corporate strategy' d'Hyperion évoque pour nous l'arrière-plan et les conséquences de ce rachat.

La reprise par Oracle n'est pas une surprise pour Frank Buytendijk, 'vice-president corporate strategy' d'Hyperion: "Le marché du décisionnel (BI) se consolide depuis pas mal de temps déjà. Du fait que les marges sont souvent soumises à une forte pression, la direction veut actuellement en savoir plus sur ce qui se passe au niveau de l'exploitation, afin de pouvoir mieux réagir. La combinaison d'une gestion analytique et des chiffres d'exploitation est dès lors évidente. En outre, la direction entend toujours davantage savoir ce qui est nécessaire pour répondre aux attentes des clients."Et voilà pourquoi BI est devenu le terme à la mode. Nombre de fournisseurs d'applications recherchent des possibilités d'intégrer le décisionnel à leurs systèmes. Cela peut se faire en passant par de l'auto-développement ou en recourant à des solutions de tiers. En absorbant Hyperion, Oracle a donc choisi la dernière option. Précédemment, Oracle avait de la même manière incorporé PeopleSoft et Siebel pour mettre la main sur des solutions HR et CRM.ClientsPour les clients d'Hyperion, la reprise ne va pas changer grand-chose. Buytendijk: "Beaucoup de nos clients utilisent actuellement déjà Oracle. En réalité, je n'ai entendu de leur part que des réactions de satisfaction à propos du rachat. Ils ne doivent pas s'inquiéter quant à la poursuite de notre service, du fait qu'Oracle a toujours insisté sur le fait qu'Hyperion constitue un ajout hétérogène à sa palette de produits. Les clients Hyperion peuvent donc continuer à faire confiance à cette entreprise."Mais les non utilisateurs d'Oracle ne doivent pas non plus se faire de bile. Il y a un an en effet, Oracle a choisi de supporter les environnements non Oracle. Grâce à cette reprise, Oracle espère d'ailleurs accéder aussi à un grand nombre de clients qui utilisent actuellement SAP.Buytendijk affirme être satisfait de la reprise: "Avant, je me sentais toujours l'élève le plus intelligent de la classe, mais en gym, j'étais souvent le dernier. A présent, Hyperion est le premier des trois grands fournisseurs de BI à avoir été racheté, et c'est bien ainsi. Personnellement, je suis donc ravi." Quant à savoir si tout le monde partage cet enthousiasme chez Hyperion, la question reste posée. Selon Buytendijk, les conséquences sur l'emploi ne sont pas encore connues. La filiale Benelux d'Hyperion (aux Pays-Bas) compte 45 collaborateurs. Dans le monde, Hyperion occupe quelque 3.000 personnes. EquilibreOn est curieux de voir si les deux autres grands fournisseurs de logiciels BI, Cognos et Business Objects, subiront bientôt le même sort. Buytendijk: "Le marché devra trouver un nouvel équilibre. Il est très possible qu'il reste de la place pour des solutions indépendantes."Pour atteindre ce nouvel équilibre, il convient par ailleurs aussi de tenir compte d'autres fournisseurs d'applications, comme Microsoft. Ces fournisseurs ont reconnu l'importance du décisionnel et préparent des produits maison. Les cabinets d'études, tels Gartner, s'attendent à ce que la principale croissance dans le secteur BI soit l'apanage de ces fournisseurs d'applications plutôt que des bipartites spécialisées existantes.Malgré cela, Oracle a donc opté pour la reprise du spécialiste Hyperion. Le temps nous apprendra si ce choix a été judicieux.

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