'Le nouvelle procédure de vote, c'est le choix de la transparence'

Stefan Grommen

24/04/2012 - 13:17

"L’on peut comprendre les commentaires du Conseil d’Etat à propos du nouveau système de vote électronique. Mais c’est le prix à payer pour une transparence maximale pour le citoyen." Voilà ce que déclare Danny De Cock, chercheur post-doctorant à la KU Leuven et président du consortium des universités qui a réalisé l’étude BeVoting sur les systèmes de vote électroniques. L’adjudication pour le nouveau système de vote électronique est entièrement basée sur cette étude.

Par souci de clarté, De Cock décrit une fois encore la nouvelle procédure de vote complète: "Quand vous irez voter, vous recevrez d’abord un jeton (‘token’) de vote. Il s’agit d’une ‘smartcard’ avec laquelle vous pourrez activer l’ordinateur à voter. Vous voterez sur l’ordinateur dans l’isoloir. Quand vous aurez terminé, le bulletin de vote portant votre vote - tant en lettres lisibles qu’en forme de code-barres - sera imprimé. Vous devrez le replier vous-même. Vous recevrez en retour votre jeton qui sera désactivé à partir de ce moment précis. Avec votre bulletin de vote replié, vous vous dirigerez vers l’urne, autour de laquelle de larges rabats de protection seront prévus. Vous entrerez votre bulletin de vote dans l’urne qui lira le code-barres, et votre vote sera validé. Si vous souhaitez avant cela encore une fois contrôler votre vote - donc vous assurer que le contenu du code-barres correspond bien au vote que vous avez exprimé -, un isoloir avec un scanner à main et un écran seront prévus à cette fin."

Le Conseil d’Etat a affirmé dans son avis adressé au parlement que lors de l’ouverture du bulletin de vote à déposer dans l’urne, il pourrait y avoir un problème. "D’une part, il n’est pas exclu que l’électeur, qui sait qu’il doit encore scanner le code-barres, ne replie pas ou pas suffisamment son bulletin en quittant l’isoloir. D’autre part - et surtout -, le fait que l’électeur doive déplier et rendre ainsi visible son bulletin de vote dans le local de vote, à l’extérieur de l’isoloir, semble être en contradiction avec le secret du scrutin", déclare-t-on littéralement au Conseil d’Etat.

De Cock admet que l’on puisse faire de tels commentaires: "Nous avions le choix: soit nous cryptions le contenu du code-barres, mais dans ce cas, le citoyen pouvait contester la correspondance entre le code-barres et le vote qu’il avait exprimé. Soit nous ne cryptions pas ce contenu, mais dans ce cas, le bulletin de vote doit être replié. Nous avons opté pour cette dernière solution qui garantit une transparence maximale pour le citoyen. Le prix à payer, c’est que ce dernier doit replier lui-même son bulletin de vote. Mais les rabats autour de l’urne seront très larges. Il sera donc très difficile de regarder par-dessus l’épaule de l’électeur. Ou il faudrait placer des caméras tout autour de l’urne, ce que personne ne veut évidemment. Ceci dit, les électeurs n’ont pas naturellement tendance à montrer à qui veut le voir pour qui ils votent."

N’y avait-il donc pas une autre option possible pour déposer le bulletin de vote dans l’urne? "Nous aurions pu prévoir que l’urne mécanique soit automatiquement 'alimentée', à savoir qu’elle ouvre elle-même les bulletins de vote. Mais cela aurait engendré une énorme hausse du prix de revient par machine, ce qui aurait été inabordable dans le contexte actuel."

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Réactions

ALTOS | 24 avril 2012

En lisant cet article avec attention, je ne peux qu'en conclure que pour imposer coûte que coûte le vote électronique on créé de véritables "usines à gaz", qui rendent les choses plus complexes que le vote papier traditionnel, plus coûteuses et au final qui ne répondent pas aux inquiétudes. Que fera l'électeur si l'impression du bulletin de vote ne correspond pas à son choix, il trahira le secret du vote en révélant son choix ? Et rien ne peux certifier que la voix sera bien comptabilisée, le scanner peut restituer une chose (pour rassurer l'électeur) et la machine enregistrer définitivement un autre nom. Restons simples, faisons comme les Pays-Bas, revenons au vote papier.

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