Le CEO d'Uber: "Toutes les voitures doivent devenir des voitures Uber"

17/09/15 à 11:05 - Mise à jour à 11:04

Source: Datanews

"Nous voulons rendre le transport par Uber aussi fiable et aussi évident que l'eau qui sort du robinet et ce, dans chaque ville du monde", voilà ce qu'a déclaré le CEO d'Uber, Travis Kalanick, hier mercredi lors de Dreamforce à San Francisco. "Imaginez combien il serait plus facile de vivre dans des villes où toutes les voitures étaient des voitures Uber."

Le CEO d'Uber: "Toutes les voitures doivent devenir des voitures Uber"

© REUTERS

Cette annonce ne pouvait tomber à un meilleur moment. Alors que le secteur des taxis paralysait Bruxelles pour protester contre le grand concurrent Uber, le CEO Travis Kalanick expliquait de l'autre côté du monde sa vision au public présent à Dreamforce (le méga-événement annuel du pionnier du cloud Salesforce organisé à San Francisco). Et cette vision est à tout le moins ambitieuse.

Interrogé sur les projets d'Uber pour les cinq prochaines années, le CEO Travis Kalanick suggéra que le transport de personnes et de marchandises par les voitures d'Uber doit devenir aussi fiable et évident que l'eau qui sort du robinet. "Et ce pour tout le monde, dans chaque ville de la planète, au prix le plus bas possible. Rouler avec Uber doit s'avérer plus économique que posséder une voiture."

"Pour nous, toutes les voitures sont des voitures Uber", a-t-il encore ajouté. "Supposons que tel soit le cas ici à San Francisco. Il n'y aurait plus d'embouteillages, et personne ne devrait encore chercher une place de parking. Dans ce sens, nous permettrions à tous les citoyens de regagner au moins une heure de leur temps, et le temps, c'est un luxe, n'est-ce pas?"

Lors de l'entretien entre Marc Benioff, le CEO de Salesforce, et Travis Kalanick, l'on n'a pas, comme l'on s'y attendait, parlé des sujets qui fâchent comme la concurrence déloyale (notamment parce que de nombreux chauffeurs ne disposent pas des autorisations requises), le statut et les conditions de travail des conducteurs d'Uber, ni du fait que l'entreprise contourne habilement la loi dans beaucoup de pays.

En tant que parfait lobbyiste, Kalanick a mis surtout l'accent sur la plus-value sociale, sur le plan de l'emploi par exemple, et sur la diminution du nombre de voitures dans le trafic.

Voitures autonomes

Il n'empêche que Benioff a posé une question quelque peu plus sensible à son collègue. Qu'adviendra-t-il des milliers de chauffeurs, si Uber se tourne un jour vers les voitures autonomes, ce que Kalanick met régulièrement en avant? Fini l'emploi dans ce cas?

"Je vois un gros potentiel dans les voitures autonomes, ne serait-ce que parce qu'elles réduiraient considérablement le nombre d'accidents", a-t-il réagi. "Mais il est vrai qu'elles déstabiliseraient notre modèle commercial actuel. C'est un défi à relever, j'en ai pleinement conscience. Mais Uber est une entreprise technologique. Nous accueillons l'avenir à bras ouverts et ne voulons pas commettre les mêmes erreurs que le secteur des taxis."

Kalanick: "Soyons un peu réalistes. Les voitures autonomes ne perceront vraiment que dans dix à quinze ans au plus tôt. D'ici là, des organisations de pointe se manifesteront, qui mèneront cette transition sur de bons rails. Uber doit être l'une d'elles."

"Je suis un entrepreneur et en tant que tel, je suis sans cesse confronté à des problèmes et à des défis que je dois résoudre. Si une technologie disruptive (de rupture, ndlr) apparaît, qui est susceptible de menacer l'emploi d'un grand nombre de gens, il convient d'y trouver une alternative. Je ne sais pas aujourd'hui quelle sera cette alternative, mais l'histoire nous apprend qu'il y a toujours une issue. Je ne suis pas devin, mais simplement optimiste."

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