La Silicon Valley craint la présidence de Trump

10/11/16 à 14:01 - Mise à jour à 14:01

La victoire de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis a été une surprise pour beaucoup. Alors que ses supporters font à présent la fête, nombreux sont ceux/celles qui expriment leur inquiétude face à une présidence républicaine. L'on craint des effets tant politiques qu'économiques. Les entreprises établies dans le coeur technologique de la Silicon Valley ne sont pas satisfaites non plus.

La Silicon Valley craint la présidence de Trump

© iStock

Cela est dû aux déclarations controversées tenues par Trump tout au long de sa course à la Maison Blanche et dont, il est ressorti qu'il manque totalement de connaissance technologique.

C'est ainsi qu'en décembre, il suggéra à Bill Gates 'd'interdire d'une manière ou d'une autre l'organisation terroriste IS d'accéder à internet', sans pour autant expliquer comment s'y prendre. Trump ne savait clairement pas non plus que Bill Gates, en tant que fondateur de Microsoft, n'avait strictement rien à voir dans la gestion d'internet.

Il n'importe guère non plus à Trump qu'un cadenassage d'internet impose de sérieuses restrictions à un grand nombre de gens. "Certains diront 'vive la liberté d'expression!' Quelle bêtise!", avait déclaré le républicain, dont on ne sait pas s'il a jamais utilisé un ordinateur de sa vie.

The cyber

Lorsque le futur président parle de technologie, il s'en tient souvent à des termes vagues du style 'the cyber'. Il trouve les Etats-Unis dépassés dans ce domaine, mais ne donne jamais d'exemples concrets de ce qui ne va pas. Il est certes 'fan de l'avenir', mais sans trop de libertés numériques. Trump accorde plus de valeur aux moyens de la NSA qu'au respect de la vie privée du citoyen - surtout de celui qui ne possède pas de passeport américain.

C'est tout cela qui crée des soucis aux grande entreprises technologiques.

'Avançons ensemble'

Le CEO d'Apple, Tim Cook, a envoyé hier mercredi un mémo interne, dans lequel il appelle à l'unité: 'La seule façon de progresser est de le faire tous ensemble.' Il voit en effet une division au sein de son entreprise quant à l'avenir incertain résultant de l'arrivée de Trump. Dans la course à la présidence, le républicain a en effet appelé à boycotter Apple, parce qu'elle a refusé d'ouvrir l'iPhone 5C d'un terroriste aux services de renseignements américains. Ultérieurement, il s'est avéré qu'Apple ne pouvait le faire car avec un tel outil, c'est l'ensemble des iPhone à partir d'iOS 7 qui pouvaient être piratés. Et Cook ne voulait évidemment pas prendre un tel risque.

Satya Nadella, CEO de Microsoft, a posté lui aussi un communiqué sur LinkedIn, dans lequel il félicitait Trumpen en ajoutant que rien ne changerait au niveau de la vision de l'avenir chez Microsoft. Microsoft n'est pas connue comme une entreprise adoptant en général un point de vue controversé. Le seul élément politique dans le message de Nadella, c'était qu'il voulait garder une 'culture diversifiée', faisant allusion ainsi aux offenses lancées par Trump à différents groupes ethniques.

'Travailler encore plus fort'

Le fondateur et directeur de Facebook, Mark Zuckerberg, fait aujourd'hui l'objet de reproches en provenance de divers coins, parce que son algorithme aurait contribué à ce résultat électoral. Selon certains esprits critiques, l'algorithme du réseau social ferait en sorte que l'on ne voit plus d'avis contradictoires. C'est ainsi que si l'on est un supporter de Clinton, l'on ne voit pas ou peu de messages politiques de fans de Trump et vice versa. Nombreux sont ceux/celles qui ignoraient par conséquent combien Trump avait réellement de supporters. Mais Zuckerberg rejette toute faute à cet égard. Dans une réaction sur Facebook, il se focalise surtout sur le long terme. Sur la guérison de maladies dans le monde entier et sur l'amélioration de l'enseignement. 'Travaillons encore plus fort', déclare-t-il sans référence aucune à l'élection présidentielle toute récente.

Soutien d'un milliardaire technologique

Pour Trump, il y a aussi une petite lueur d'espoir dans toute cette obscurité entourant la Silicon Valley: il peut en effet toujours compter sur l'investisseur Peter Thiel. Le co-fondateur de PayPal et investisseur précoce dans Facebook soutient à fond Trump depuis le mois de juillet. A l'époque, au plus profond de la campagne électorale, Thiel avait déjà injecté 1,25 million de dollars dans la course à la Maison Blanche. Une semaine plus tard, la vidéo 'grab them by the pussy' de Trump en parlant des femmes faisait son apparition, mais Thiel continua imperturbablement de supporter le candidat républicain.

Ce mercredi, il a félicité Trump et envisagea pour ce dernier 'une tache incroyablement difficile du fait que l'approche des problèmes dans ce pays aurait dû commencer bien plus tôt. Nous avons besoin de tout le monde sur le pont.'

Mais Thiel est bien une exception car les autres investisseurs technologiques sont à présent plutôt pessimistes.

Révision d'accords commerciaux

Trump envisage de revoir les accords commerciaux de longue durée, ce qui pourrait avoir des effets négatifs pour des entreprises telles Apple, qui collabore beaucoup avec des fournisseurs et fabricants de composants asiatiques.

Il n'empêche que lorsque le marché boursier s'est ouvert ce matin, le résultat n'a pas été aussi négatif que d'aucuns l'imaginaient. La Bourse est provisoirement épargnée d'un véritable crash. Peut-être faudra-t-il attendre que Trump prenne définitivement les rênes du pouvoir le 20 janvier 2017 et puisse alors impacter les décisions, puisqu'il détiendra alors la toute puissance.

Infographic: Tech Stocks Trending Down After Trump Election | Statista
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