La croissance de l'industrie technologique stagnera en 2008

30/01/08 à 11:50 - Mise à jour à 11:49

Source: Datanews

Après une hausse ininterrompue durant quatre années, la croissance de l'industrie technologique va s'interrompre en 2008. Voilà du moins ce qui ressort des résultats de l'enquête annuelle réalisée par la fédération sectorielle Agoria auprès de ses membres. Le ralentissement conjoncturel international, les restructurations dans l'assemblage automobile, ainsi que la pénurie de personnel technique en sont les principales causes.

Après une hausse ininterrompue durant quatre années, la croissance de l'industrie technologique va s'interrompre en 2008. Voilà du moins ce qui ressort des résultats de l'enquête annuelle réalisée par la fédération sectorielle Agoria auprès de ses membres. Le ralentissement conjoncturel international, les restructurations dans l'assemblage automobile, ainsi que la pénurie de personnel technique en sont les principales causes.

"2007 fut une excellente année pour le secteur technologique belge", insiste le spécialiste de l'énergie Frank Vandermarliere d'Agoria. "Compte non tenu du secteur automobile, le chiffre d'affaires dans le domaine a en effet grimpé de 4,7 pour cent, les investissements de 14 pour cent et l'emploi d'1,8 pour cent pour dépasser les 4.500 postes. Et cela aurait encore pu être meilleur: une entreprise technologique sur cinq déclare que sa croissance a été freinée par un manque de personnel. Dans les entreprises IT, on en est même à une sur deux."

Selon les membres d'Agoria, les bonnes performances de 2007 sont dues à la haute conjoncture, au lancement de nouveaux produits et technologies, au développement d'activités secondaires et aux exportations en dehors de la zone euro. Point étonnant: ce ne sont ni les pays avoisinants, ni les Etats-Unis qui ont absorbé la majeure partie de nos exportations, mais bien les nouveaux pays en croissance d'Europe de l'Est et d'Asie.

Toujours selon l'enquête d'Agoria, les entreprises sont beaucoup moins optimistes pour 2008. Pour la première fois en cinq ans, elles s'attendent à une croissance négative (-0,2 pour cent), alors que le secteur automobile devrait tirer vers le bas les résultats globaux avec une attente de croissance négative de -4 pour cent. Le secteur IT (+3 pour cent) et celui de la mécatronique (+2,5 pour cent) devraient encore relativement bien tenir le coup, mais dans les autres secteurs axés sur la technologie, il est question d'une stagnation.

"Ce qui est singulier, c'est que l'emploi ne régressera provisoirement pas de manière significative, alors que c'est normalement le cas en cas de croissance insuffisante", affirme l'administrateur délégué d'Agoria, Paul Soete. "Nous estimons que les entreprises postposeront aussi longtemps que possible d'éventuelles restructurations, afin d'éviter de se retrouver de nouveau dans des difficultés de retrouver du personnel, lorsque la conjoncture se redressera."

Dans le secteur IT, des engagements sont d'ailleurs encore au programme cette année (+2 pour cent). C'est l'industrie automobile avec une croissance négative de 6 pour cent prévue qui devrait payer le plus lourd tribut, puisque cette année, plus de 2.700 emplois devraient encore passer à la trappe.

La rentabilité des entreprises technologiques devrait également régresser après quelques bonnes années, et ce à cause du ralentissement de la croissance et de la forte augmentation des prix de l'énergie. "Ce dernier point provoque non seulement une hausse de la facture énergétique", ajoute Soete. "Mais les coûts salariaux croissent aussi suite à l'inflation, qui active à son tour le système d'indexation automatique des salaires. En fin de compte, cette indexation risque d'être au moins de 0,8 pour cent supérieure à ce qui était prévu au sein des organisations collectives de travail dans le secteur pour 2007-2008."

"Agoria estime que le pourcentage de rendement sera de 4,4 pour cent en 2008 au lieu des 5 pour cent de l'an dernier", conclut le directeur. "C'est évidemment trop peu pour pouvoir maintenir la croissance et l'emploi dans notre secteur."

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