La Commission belge des jeux de hasard considère les 'pochettes-surprises' dans les jeux vidéo comme un pari

25/04/18 à 15:35 - Mise à jour à 15:34

A la demande du ministre de la Justice Koen Geens, la Commission des jeux de hasard a mené une enquête sur ce qu'on appelle en jargon les 'lootboxes' (pochettes-surprises payantes ou non) dans différents jeux vidéo. Elle brandit à présent la menace d'imposer des amendes financières ou des peines de prison aux développeurs, qui n'effectueraient pas les adaptations nécessaires à leurs jeux.

La Commission belge des jeux de hasard considère les 'pochettes-surprises' dans les jeux vidéo comme un pari

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Le journal De Standaard annonce que la Commission des jeux de hasard de notre pays en a terminé avec son enquête sur les 'lootboxes' dans les jeux vidéo. Il s'agit de récompenses aléatoires virtuelles que les acheteurs peuvent obtenir soit gratuitement soit contre paiement. La Commission en est arrivée à la conclusion que trois des jeux examinés méritent le label 'jeu de hasard'.

'Particulièrement problématique'

La Commission des jeux de hasard écrit dans son rapport que la situation est "inquiétante" et "particulièrement problématique pour les mineurs d'âge et les accros du jeu". Actuellement, il existe déjà un système qui prévoit d'apposer un âge minimum sur les jeux, mais cette évaluation tient trop peu compte du contrôle sur les jeux de hasard, selon la Commission. "Le manque d'un règlement en matière de jeux vidéo est en contraste flagrant avec le secteur des jeux réglementé pour les adultes."

Les jeux examinés, qui sont considérés comme nuisibles, sont 'Overwatch', 'FIFA 18' et 'Counter Strike Global Offensive'. Seul le jeu 'Star Wars Battlefront 2' a reçu une note positive, parce que les développeurs en ont entre-temps supprimé les 'lootboxes' suite aux critiques des parents, joueurs et politiciens inquiets.

Trompeur

La controverse à propos de 'Star Wars Battlefront 2', où les pochettes-surprises conféraient non seulement une mise à niveau cosmétique au jeu, mais augmentaient aussi les performances des joueurs, avait l'année dernière incité le ministre de la Justice Geens à ordonner une enquête de la part de la Commission des jeux de hasard.

Dans les autres jeux, les pochettes-surprises ont été considérées comme illégales. "Les pochettes-surprises payantes ne sont pas un élément anodin des jeux vidéo, qui se présentent comme des jeux d'adresse', déclare le directeur Peter Naessens à De Standaard. "Des joueurs sont tentés et trompés, et aucune des mesures de protection en matière de jeux de hasard n'est appliquée." La Commission craint dès lors que les jeunes soient amenés à considérer les paris comme une chose normale.

Peines de prison

Le ministre de la Justice Koen Geens appelle d'abord à organiser une concertation avec le secteur, mais si aucun changement n'est effectué dans ces jeux, il pourrait prévoir des peines de prison allant jusqu'à cinq ans, ainsi que des amendes pouvant s'élever à 800.000 euros. Ces sanctions financières pourraient même être doublées dans le cas de mineurs d'âge.

"Nous avons déjà pris des tas de mesures, afin de protéger tant les mineurs d'âge que les adultes contre l'influence de la publicité en faveur des paris", affirme Geens à De Standaard. "Il nous faut aussi veiller à ce qu'ils ne soient pas confrontés à des jeux de hasard, s'ils recherchent du plaisir dans un jeu vidéo."

L'attention du monde politique

La Belgique n'est pas le seul pays à juger qu'il manque une réglementation sur les jeux de hasard, qui soit spécifique pour les jeux vidéo. La Kansspelautoriteit néerlandaise est arrivée la semaine dernière à une conclusion similaire, et à Hawaï, une proposition de loi a été déposée en vue de brider les 'lootboxes'. En Amérique du Nord enfin, un nouveau label a été lancé pour indiquer qu'un jeu contient des 'micro-transactions'. Cela signifie que les joueurs peuvent acheter du contenu virtuel avec de l'argent bien réel. Ce qui ne manque pas d'étonner, c'est que les autorités compétentes n'ont pas fait ici de distinction entre les récompenses aléatoires, comme les 'lootboxes', et d'autres éléments qui peuvent être achetés.

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