La Belgique, plaque tournante du spam?

28/04/06 à 00:00 - Mise à jour à 27/04/06 à 23:59

Source: Datanews

Une récente enquête de Symantec pointe que 4% du spam mondial proviendrait de la petite Belgique, contre seulement 2% pour de plus grands pays comme la France ou l'Espagne. Luc Beirens, porte-parole de la Federal Computer Crime Unit, relativise ce chiffre et avance une explication possible.

Selon le récent Internet Security Threat Report de Symantec, 56% du spam mondial proviendrait des Etats-Unis, suivi de la Chine avec 12%, la Corée du Sud (7%), le Canada (7%) et ... la Belgique (4%) ! Devant le Royaume-Uni (3%), le Japon (3%), la France (2%) ou l'Espagne. Symantec s'empresse de préciser que cela ne signifie pas que 4% des spammeurs résident en Belgique, mais bien qu'ils exploitent des PC ou des serveurs situés dans notre pays pour polluer les boîtes à e-mail. Le spécialiste de la sécurité informatique n'est toutefois pas en mesure d'expliquer le pourquoi de ce poids relativement important de la Belgique parmi les pays les plus spammeurs.Luc Beirens, chef de la Federal Computer Crime Unit (FCCU) de la Police Fédérale, a pris connaissance avec intérêt de cette étude, mais il s'étonne qu'elle soit la seule à épingler ainsi notre pays. "Aucune autre étude ne place même la Belgique parmi les dix pays les plus diffuseurs de spam," observe-t-il. Il ne voit qu'une seule explication éventuelle : le fait que nombre de Belges - surtout des particuliers, mais aussi des entreprises - laissent leur PC pour ainsi dire 24 heures sur 24 connectés à l'internet. Vu que leur connexion ADSL ou câble est facturée forfaitairement, ils ne prennent pas la peine de se déconnecter et de fermer ainsi la porte à l'introduction de spammers, qui utilisent leurs PC comme maillons d'un botnet (réseau de bots). Pour rappel, les "bots" (abréviation de robots) sont des mini-programmes, comparables à des chevaux de Troie, utilisés par des pirates pour expédier du spam, dérober des informations confidentielles ou participer à des attaques 'déni de service'.Luc Beirens ne croit pas que la position centrale de la Belgique (capitale de l'Europe) ait une quelconque influence, vu que les spammeurs ne connaissent pas les frontières. Il ne croit pas non plus que les ISP ne notre pays soient plus laxistes que nos voisins européens en matière de lutte contre le spam. Même s'il y a matière à amélioration. A cet égard, des négociations, par l'intermédiaire de l'IBPT, sont en cours afin de créer un cadre légal qui autorisaient les autorités à imposer aux ISP de communiquer certaines données relatives au spam.

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