La Belgique écrit l'histoire informatique

27/10/06 à 00:00 - Mise à jour à 26/10/06 à 23:59

Source: Datanews

En Belgique, on n'accordait depuis longtemps pas assez d'attention à l'histoire des ordinateurs et de l'informatique. Les choses devraient à présent changer. Lors du congrès CWI 'Pioneering Software in the 1960s, Germany, The Netherlands and Belgium', des historiens remonteront en effet jusqu'au tout début de l'industrie logicielle belge.

Le congrès sera organisé du 2 au 4 novembre dans le 'Centrum voor Wiskunde en Informatica' d'Amsterdam. Jacques Loeckx, professeur émérite à Cologne, y abordera la période initiale comprise entre 1950 et 1962, au cours de laquelle divers ordinateurs ont fait leur entrée en Belgique. Il évoquera aussi l'évolution à partir de 1963, date à laquelle remontent les premières recherches belges en matière de logiciels. Dans les années soixante, Loeckx a fait lui-même partie du groupe 'Michel Sintzoff' impliqué de près dans le développement du langage de programmation ALGOL 68.Une autre oratrice présente à ce congrès, Sandra Mols, examinera à la loupe la naissance de l'industrie belge des logiciels dans les années cinquante et soixante, avec l'université de Louvain en guise d'exemple pratique. Mols a été récemment promue à Manchester pour avoir retracé l'histoire des débuts de l'utilisation de la calculette.Gerard Alberts, coordinateur du congrés et historien en informatique, explique que c'est en 1955 à Anvers que le premier ordinateur a été utilisé en Belgique. La fabrication de cette machine avait déjà démarré en 1952 chez BTMC (la filiale belge de Bell Telephone Manufacturing Company) sous la direction de Vitold Belevitch. Ce dernier devint ensuite président du 'Comité d'Etudes et d'Exploitation des Calculateurs Electroniques'. Le projet suivant fut la construction d'un ordinateur pour la First National City Bank et la mise en place d'une commission de l'équipement électronique.Selon Alberts, notre pays ne fut certes pas un pionnier dans le domaine, mais une base y fut établie afin que dans les années soixante, la Belgique assume pleinement son rôle dans le développement de logiciels, dont le coeur était situé dans le laboratoire de Philips à Bruxelles (MBLE) créé en 1963. Et c'est de nouveau Belevitch qui y joua le rôle principal. Le professeur Casimir du Philips Natlab d'Eindhoven le fit alors venir aux Pays-Bas afin de prendre la direction de ce laboratoire, où l'on s'occupait de développer de l'ingénierie logicielle: conception de langages de programmation, construction de compilateurs et de programmes d'application. Le groupe 'Sintzoff'' déjà cité y conçut l'ALGOL 68. La direction de la conception de ce langage de programmation était par ailleurs assumée par Aad van Wijngaarden du Mathematisch Centrum d'Amsterdam. Alberts cite à ce propos une anecdote selon laquelle ce qui était assemblé avec tout le dévouement possible à Amsterdam en termes de nouvelles propositions pour le langage, était démonté avec un plaisir non dissimulé à Bruxelles. "Nulle part au monde, on ne comprenait mieux les idées amstellodamoises qu'à Bruxelles. Voilà comment la Belgique se fit une place dans le secteur du développement des logiciels."

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