"L'IoT est aujourd'hui encore un produit de luxe, mais tel était aussi le cas du smartphone en son temps"

22/09/16 à 11:37 - Mise à jour à 20/09/16 à 17:22

Source: Datanews

Il y a peu chance que votre frigo ou percolateur possède sa propre adresse IP. Reste que l'Internet des objets (IoT) part à la conquête du monde... et de la Belgique. Même l'installation d'équipements est désormais une activité à part entière.

"L'IoT est aujourd'hui encore un produit de luxe, mais tel était aussi le cas du smartphone en son temps"

Geert Van Baelen - operations manager chez JFS : "Dès qu'une nouveauté apparaît sur le marché, nous sommes souvent les premiers à la tester et à en étudier les possibilités." © Pieterjan Van Leemputten

Janssens Field Services (JSF) ne fabrique pas d'équipements IoT. Pourtant, les 650 collaborateurs de l'entreprise assurent dans le Benelux l'installation de matériels divers. Et voici 10 ans, JSF s'est lancée dans les installations Internet. Aujourd'hui, elle place des thermostats, des caméras et d'autres solutions de connectivité intelligents.

"Les thermostats intelligents ont constitué la première vague IoT", explique Jan Vanhoywegen de JSF. "Nous en comptons désormais environ 20.000", ajoute Geeft Van Baelen, operations manager. Nous avons commencé en 2011 déjà avec des systèmes d'alarme, mais nous ne sommes dans le véritable IoT que depuis 2 à 3 ans. Au départ, il s'agissait de petites quantités, mais l'an dernier, nous avons enregistré une forte croissance et cet hiver, nous nous attendons à un boom des thermostats intelligents. Il existe différentes marques, mais certaines marques comme Anna d'Eni ou Boxx d'Engie et Nest occupent une position de force. Cela dit, les gros volumes sont le fait aujourd'hui des fournisseurs d'énergie. Et notamment Engie [l'ancienne Electrabel, NDLR] et ENI qui commercialisent des appareils à des prix avantageux, ce qui les rend intéressants pour le grand public. Ainsi, il est possible à tout moment de visualiser sa consommation d'électricité ou de gaz. Il existe aussi des modèles à écran tactile qui fonctionnent comme des tablettes et qui pourront servir également à terme à commander d'autres équipements, comme des lampes Hue de Philips ou un lecteur Sonos."

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Van Baelen :"Nous proposons des caméras, des thermostats et des systèmes d'alarme intelligents dotés de fonctions supplémentaires et qui peuvent se connecter à votre smartphone. De même, il est possible de commander des ouvertures de porte à distance. C'est très intéressant pour les entreprises qui veulent donner un accès temporaire à une personne. Mais nous nous concentrons également sur les bornes de recharge électriques. Il s'agit d'un domaine où nous attendons une forte croissance dans les prochaines années."

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"Combinez des maisons à serrure numérique avec, disons, Airbnb. Louez ensuite votre clé d'accès numérique en ligne"

Le fournisseur d'énergie Engie propose, outre ses thermostats intelligents, depuis peu aussi son propre réseau IoT sans fil basé sur Sigfox, idéal pour permettre à ses compteurs de transmettre des données. "Pour l'instant, cela fonctionne surtout avec des compteurs intelligents, un domaine qui se trouve toujours à un stade très embryonnaire en Belgique." Il n'empêche que JSF voit plus loin. Vanhoywegen : "Imaginez-vous associer une maison à fermeture numérique avec disons Airbnb. Vous la louez en ligne et transmettez en ligne le code d'accès numérique qui permet d'ouvrir la porte. Si le composant matériel évolue et que des fabricants commercialisent une telle solution, nous nous y intéresserons certainement."

Le thermostat intelligent apparaît pour JSF et les observateurs comme l'exemple type de l'IoT pour le grand public. Mais les installateurs sont confrontés à un défi. "Aux USA, on ne compte qu'un nombre limité de chaudières pour tout le pays. Mais en Belgique, la diversité est très grande", précise Vanhoywegen. Et Van Baelen d'ajouter : "Dans ce domaine, c'est la jungle en Belgique où il n'y a aucune standardisation. Du coup, nous prenons des photos de chaque installation afin d'enrichir notre propre base de données. Aujourd'hui, nous connaissons un millier de types différents, car chaque marque propose encore ses propres variantes."

Vanhoywegen : "Reste qu'il s'agit là précisément de notre modèle business : nous collaborons avec le fournisseur pour rendre la solution conviviale pour l'utilisateur final. Cela exige certes d'élargir autant que possible les connaissances de nos collaborateurs par le biais de formations." Van Baelen : "Dès qu'une nouveauté apparaît sur le marché, nous sommes souvent les premiers à la tester et à en étudier les possibilités."

Cet article est paru le 16/09/2016 dans la version papier de Data News.

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