"L'internet peut se rompre à tout moment"

15/03/10 à 11:00 - Mise à jour à 10:59

Source: Datanews

Rod Beckstrom, CEO de l'Icann, a fait l'objet d'une levée de boucliers, parce qu'il a mis sérieusement en doute la sécurité du système des noms de domaine (DNS). "Si nous ne faisons rien, la possibilité existe que l'internet s'écroule."

"L'internet peut se rompre à tout moment"

Rod Beckstrom, CEO de l'Icann, a fait l'objet d'une levée de boucliers, parce qu'il a mis sérieusement en doute la sécurité du système des noms de domaine (DNS). "Si nous ne faisons rien, la possibilité existe que l'internet s'écroule."

L'on sait depuis assez longtemps déjà que Beckstrom aime se mettre en évidence. Depuis qu'il tient les rênes de l'Icann, l'aspect hollywoodien de l'organisation a décuplé.

L'Américain n'en est pas à une déclaration tapageuse près. Mais lors de la conférence de l'Icann à Nairobi, il a battu tous les records en suggérant qu'il se pourrait bien que le DNS s'effondre si l'on ne prend pas rapidement des mesures. Vraie ou fausse, cette déclaration a fâché pas mal de personnes présentes, et ce n'est pas peu dire.

Lors d'une session du comité consultatif des différentes autorités (Government Advisory Committee ou GAC), l'on a appris qu'il faut en faire nettement plus pour protéger le DNS. "Because it's under more attacks, it's fragile and vulnerable, and can stop any time."

A l'entendre, Beckstrom aurait parlé avec les CEO des 20 principaux 'registries' et 'registrars' dans le monde. Tous étaient d'avis que la complexité des attaques contre le système de noms de domaine augmente, ce qui pourrait avoir comme conséquence que le système soit entièrement torpillé.

Et le CEO d'ajouter aussitôt qu'il le notifierait aux autorités et leur prodiguerait des conseils sur la façon de mieux protéger le DNS dans leurs pays respectifs. Après quoi, il signala de manière implicite que les ccTLD's (country code top level domains) n'avaient pas bien fait leur travail.

Les réactions aux déclarations de Beckstrom ont provoqué une masse de critiques. Il fut ainsi traité pêle-mêle de semeur de discorde, d'idiot, de narcissique ou de faiseur d'embarras. "S'il continue ainsi, il ne terminera pas son mandat de CEO", a-t-on encore entendu.

Jan Vannieuwenhuyse, le spécialiste des noms de domaine de l'IBPT, se veut plus diplomate, même s'il a lui aussi été choqué par le discours de l'Américain: "J'estime que le patron de l'Icann est quelqu'un d'intelligent. S'il a fait ces déclarations lors d'une session réunissant les représentants gouvernementaux, c'est qu'il voulait faire passer un message important."

"En Belgique, nous avons tout fait pour rendre notre infrastructure redondante, mais si Beckstrom déclare aujourd'hui que nous ne sommes quand même pas tout à fait sécurisés, je me fais du souci. Que veut-il dire au juste?"

Chris Disspain, président de la Country Code Name Supporting Organisation (ccNSO), suggère de son côté que les déclarations du directeur de l'Icann provoqueront pas mal d'inquiétude au sein des différentes autorités, avec toutes les conséquences que cela suppose.

"Et si Beckstrom notifie aux gouvernements que leur DNS est ou non capable de résister aux cyber-attaques dangereuses, il va prendre lui-même le sillage des managers ccTLD et va de ce fait marcher aussi sur les plates-bandes des équipes CERT (Community Emergency Response Teams) nationales, ce qui risque à son tour de compromettre leur façon de travailler."

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