"L'internet en Belgique encore et toujours très cher"

27/05/08 à 11:00 - Mise à jour à 10:59

Source: Datanews

En comparaison avec d'autres pays européens, la Belgique est à la traîne au niveau des tarifs internet et de la qualité qui va de pair. Voilà ce qu'affirme le magazine Test-Achats. A ce propos, le ministre de l'entreprise et de la simplification administrative Van Quickenborne a déjà mis quelques projets sur la table, dont la suppression des limitations de données.

En comparaison avec d'autres pays européens, la Belgique est à la traîne au niveau des tarifs internet et de la qualité qui va de pair. Voilà ce qu'affirme le magazine Test-Achats. A ce propos, le ministre de l'entreprise et de la simplification administrative Van Quickenborne a déjà mis quelques projets sur la table, dont la suppression des limitations de données.

Test-Achats effectue une comparaison étendue des tarifs de formules comparables dans sept pays européens, tout en distinguant quatre profils: l'utilisateur occasionnel, moyen, intensif et la combinaison d'une utilisation internet moyenne et de la téléphonie illimitée sur la ligne fixe. Des écarts sont observés sur le plan de la vitesse de téléchargement, sur celui de la vitesse d'envoi, ainsi que sur celui du volume de transfert mensuel autorisé.

La conclusion inexorable, c'est que les plus puissants opérateurs belges, Belgacom et Telenet, de même que les câblo-opérateurs dans le classement font piètre figure et sont très éloignés de leurs collègues européens les moins chers. Qui plus est, la concurrence entre les deux principaux acteurs a engendré une stagnation des prix au lieu d'une lutte qui aurait dû profiter à l'utilisateur. Test-Achats invite les autorités en matière de concurrence à analyser la situation car le duo pratique non seulement des prix comparables, mais aussi des stratégies commerciales similaires.

En 2000, le classement était très différent. A l'époque, la Belgique faisait partie du peloton de tête européen pour ce qui est de la vitesse et du prix favorable des connexions à haut débit. "La raison pour laquelle notre pays a ensuite régressé, réside dans l'absence d'une saine concurrence, dans l'influence de l'Etat dans Belgacom et dans le manque d'efficacité des instances appelées à contrôler la régulation du marché", explique Yvo Mechels, porte-parole de Test-Achats.

Test-Achats a élaboré un ensemble d'exigences destiné à améliorer le paysage internet. C'est ainsi que le magazine souhaite que les fournisseurs internet créent une fiche d'information standard pour favoriser la transparence et faciliter une comparaison entre les différents fournisseurs et les diverses formules.

De plus, l'organisation des consommateurs évoque aussi une suppression des intérêts publics dans Belgacom. Cela permettrait de créer des conditions concurrentielles plus saines. Elle vise aussi une intervention plus efficace du régulateur et des autorités en matière de concurrence pour y arriver.

Finalement, Test-Achats plaide également pour un système d'indemnisation pour les utilisateurs qui connaissent des problèmes, lorsqu'ils changent de fournisseur: "Nous devons exploiter au maximum le peu de concurrence qui existe, si nous voulons rejoindre nos pays voisins."

Le ministre de l'entreprise et de la simplification administrative, Vincent Van Quickenborne (Open Vld), a déjà réagi à l'étude réalise par Test-Achats. Van Quickenborne propose trois mesures concrètes. Primo, il faut prévoir un accès à la fois meilleur et plus simple au réseau de Belgacom pour les opérateurs alternatifs. Aujourd'hui, plus de 5 pour cent des clients doivent attendre une connexion plus de 3 semaines, ce qui engendre un obstacle supplémentaire à un marché internet belge davantage concurrentiel.

Secundo, un internet plus rapide (jusqu'à 20 Mbit/s grâce à l'ADSL2+) doit être rendu disponible à partir du 1er juillet 2008 pour tous les opérateurs alternatifs.

Et tertio, Van Quickenborne entend que les limitations des volumes de téléchargement soient entièrement supprimées dans notre pays. La Belgique et le Portugal sont en effet les seuls pays européens, où une telle restriction existe, selon le ministre libéral.

"Test-Achats ne mérite pas d'être une organisation des consommateurs car elle désinforme le client et ne pense qu'à son propre intérêt", déclare-t-on chez Belgacom.

Belgacom dit être d'accord avec le volume "limité", mais indique que les clients peuvent toujours acheter des compléments. "Généralement, les clients sont satisfaits de leur capacité internet. Il n'arrive qu'un millier de fois par mois sur une clientèle de millions de personnes qu'un supplément de volume soit demandé", prétend le porte-parole de Belgacom, Jan Margot.

Et de se référer ensuite à la conclusion de Test-Achats, selon laquelle les prix ont stagné ces dernières années: "Les prix n'ont peut-être guère changé, mais les clients bénéficient à présent d'un service nettement plus étendu."

Selon Margot, Test-Achats n'est pas objectif: "Les résultats de cette étude plaisent certainement à l'organisation de consommateurs, étant donné qu'elle a conclu un accord avec des fournisseurs alternatifs." Et de citer ce qui s'est passé avec le fournisseur E-leven, début mai. A cette date, Belgacom avait suspendu son service aux clients d'E-leven, du fait que ce fournisseur était en retard de paiement de certaines factures. "Il est facile de proposer des tarifs bon marché, lorsqu'on ne paie pas ses factures", poursuit encore Margot.

Source: Belga

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