L'Europe perd ses étoiles

05/03/10 à 11:00 - Mise à jour à 10:59

Source: Datanews

Savez-vous pourquoi l'Europe n'a que 12 étoiles sur sa bannière? Tout juste, parce que 27, cela ferait quelque peu désordre, et puis, ces 12 étoiles ne symbolisent-elles pas les 12 pays fondateurs, dont la Belgique?

Savez-vous pourquoi l'Europe n'a que 12 étoiles sur sa bannière? Tout juste, parce que 27, cela ferait quelque peu désordre, et puis, ces 12 étoiles ne symbolisent-elles pas les 12 pays fondateurs, dont la Belgique?

Mais le fait est aussi que ces étoiles pâlissent quelque peu, lorsqu'il s'agit de prendre des décisions à long terme. 'Lisbonne 2010' a été un bide, mais cela devrait changer avec 'Europe 2020'. L'optimisme du président de la CE, Barrosso, prend tout doucement des airs de caricature quand il déclare: "Pour Lisbonne, nous avions une main liée dans le dos, mais à présent, nous avons les deux mains libres pour bien progresser." Au fait, Barroso n'est-il pas lui-même Portugais et n'avait-il donc pas à l'époque les mains libres pour faire avancer les choses? Ce qui est étonnant aussi, c'est que l'objectif pour 2020 n'est plus lié à une ville. C'est trop fâcheux pour celle-ci quand c'est l'échec...

Le programme 2020 doit être approuvé en mars 2011, seulement dans douze mois donc, par le Parlement européen. C'est là non seulement une très longue période, mais le programme lui-même reste aussi particulièrement vague. Le haut débit pour tout un chacun d'ici 2013 et un accès à 30 Mbit/s minimum pour 2020. Ce sont là des objectifs assez prudents, mais également les seuls qui soient véritablement concrets. Le programme demeure pour le reste dans le flou avec des phrases du genre: 'il faut arriver à un cadre légal stable, à une gestion efficiente du spectre, à un marché unifié pour les services d'information en ligne, à une stimulation de l'ICT innovante dans tous les secteurs, etc.'

La vérité, c'est que le marché ICT mondial représente 2.000 milliards d'euros par an, dont seul un quart peut être mis au compte des entreprises européennes. Et comme la situation se présente actuellement, cette part risque encore de se réduire. Il faudra plus que des dispositifs à haut débit. Il faudra en effet se fixer des objectifs énergiques et définir les manières d'y arriver. Aussi longtemps que chaque étoile individuelle estimera qu'elle brille plus fort que les douze ou les vingt-sept ensemble, les choses ne bougeront guère. A moins que la Belgique, qui assumera la présidence durant le deuxième semestre de cette année, puisse faire la différence. Croisons les doigts...

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