'L'abus de données par Cambridge Analytica plus vaste qu'imaginé'

18/04/18 à 13:21 - Mise à jour à 13:21

Le nombre de données dont disposait Cambridge Analytica (CA), serait nettement plus important que celui estimé initialement. Voilà ce qu'a déclaré une ex-collaboratrice, Brittany Kaiser, lors d'une audition devant le Parlement britannique.

'L'abus de données par Cambridge Analytica plus vaste qu'imaginé'

© Reuters

Dans l'affaire Cambridge Analytica de ces dernières semaines, il était question de quelque 87 millions de personnes, dont 61.000 Belges, dont les données ont été abusées en vue d'influencer notamment les élections présidentielles américaines et le Brexit. Selon Brittany Kaiser, une collaboratrice qui a quitté Cambridge Analytica en janvier, il s'agit là d'une sous-estimation.

Test de personnalité

Pour accéder aux données, Cambridge Analytica a utilisé l'appli 'Thisisyourdigitallife', en l'occurrence un test de personnalité mis au point par le chercheur de Cambridge Aleksandr Kogan. Cette appli a été téléchargée par 270.000 personnes et a collecté ainsi leurs données, mais aussi celle de tous leurs amis sur Facebook, ce qui représentait normalement un ensemble de données de quelque 87 millions de personnes.

Selon Kaiser, il ne s'agirait toutefois pas là de la seule appli de personnalité, dont l'entreprise s'est servie pour collecter des données. 'Il me faut insister sur le fait que l'appli de Kogan n'a pas été la seule à avoir été utilisée par CA. Il y en a eu plusieurs autres liées à Facebook', a affirmé Kaiser.

Lors de son audition devant le Parlement britannique, Kaiser a ainsi cité deux autres exemples, à savoir les quiz 'Sex Compass' et 'Music Personality' qui auraient aussi été exploités par CA, mais toujours selon elle, il pourrait y en avoir d'autres encore. Et d'ajouter qu'ainsi, ce furent les données de bien plus de 87 millions de personnes qui ont été collectées, alors que jusqu'à présent, seules celles obtenues au départ du test de personnalité de Kogan n'ont été révélées.

Réaction de Facebook

Dans une réaction aux propos tenus par Kaiser, Facebook a fait savoir au journal Guardian qu'une enquête est en cours sur toutes les applis qui avaient accès à de grandes quantités d'informations. 'Nous effectuerons un audit complet de chaque appli ayant une activité suspecte. Si nous découvrons des développeurs ayant abusé d'informations personnelles, nous les supprimerons de la plate-forme et en aviserons les victimes', déclare-t-on chez Facebook.

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