L'abominable état technique de votre boîte à courriels

20/04/06 à 00:00 - Mise à jour à 19/04/06 à 23:59

Source: Datanews

Depuis que j'utilise l'internet, on me parle de sa fin imminente, lorsque ce réseau public incontrôlé rendra l'âme et que nous devrons faire sans Google ni e-mail. Jusqu'à présent, ces pessimistes avaient tort, même si on peut qualifier de petit miracle le fait que l'e-mail internet que nous utilisons quotidiennement, fonctionne toujours.

On sait tous que l'e-mail internet n'est pas parfait. On reçoit parfois des courriels illisibles, certains disparaissent ou il arrive que notre boîte e-mail ne soit tout simplement pas disponible. Et puis, il y a tout ce pourriel qui aboutit dans notre boîte aux lettres et qui rapporte de l'argent à des vendeurs rusés, sans pour autant résoudre le problème. Cela fait partie des choses de la vie, comme la réception GSM qui laisse à désirer en certains endroits ou le réseau mobile parfois surchargé dans les embouteillages.En tant que gestionnaire de systèmes e-mail, j'en connais un bout. Nombre de serveurs mail utilisés dans des entreprises belges sont installés de manière si peu professionnelle ou techniquement si peu fiable qu'ils sont non seulement incapables de délivrer correctement leur e-mail aux utilisateurs internes, mais qu'ils représentent aussi un danger pour le reste de l'internet. Une seule bévue d'un utilisateur peut créer un véritable chaos sur le net. Un exemple: une collaboratrice du marketing d'une banque a envoyé à 570 clients un courriel annonçant un changement tarifaire. Par ignorance, elle n'a pas entré leurs adresses e-mail dans le champ Bcc ou Cc, mais toutes dans le champ To: de son client mail Outlook. Un acte idiot car ainsi, chaque destinataire pouvait connaître les adresses e-mail des autres clients de la banque. On pourrait cependant penser qu'une telle erreur ne serait pas à même de paralyser un serveur mail ou de provoquer un véritable flot de courriels aller/retour?Une demi-heure plus tard, plusieurs clients ont appelé pour signaler qu'ils avaient déjà reçu le courriel quelques centaines de fois et que ce n'était pas fini. Et c'est ainsi qu'on fit appel à votre serviteur. Lorsque j'examinai les fichiers journaux du serveur mail, alias le pare-feu, je constatai que 570 courriels avaient bien été envoyés. Ce n'était donc pas ce serveur qui avait engendré le flot de courriels, mais quelle en était alors l'origine? Lorsque je vérifiai l'en-tête du courriel, je notai la 'fromline' de la collaboratrice, mais le courriel avait été envoyé par une autre machine.Petit à petit, j'ai pu recomposer ce qui s'était passé. Une trentaine d'adresses e-mail étaient bien du type officiel jef@entreprise.be mais tout le mail pour *@entreprise.be avait été envoyé dans une 'popmailbox' qui avait été à son tour vidée via un Pop3connector de Microsoft Exchange, et le tout avait été expédié au serveur mail local. Une solution surtout utilisée par économie: le serveur ne doit alors pas établir une connexion internet avec une adresse IP fixe, ce qui permet de gagner pas mal d'argent. Le hic, c'est que le serveur Exchange devait encore savoir à qui il devait délivrer le courriel, ce qu'il fit en examinant les adresses dans le champ To: du courriel. Résultat: le serveur mail envoya le courriel une fois encore aux 570 adresses. Et s'il y en a ainsi plusieurs qui s'envoient mutuellement ledit courriel, cela crée très vite un véritable flot de mail.C'est alors que tous les protagonistes de l'histoire se mettent à s'accuser réciproquement et, comme il sied à des banques et à leurs agents, à brandir divers aurguments juridiques. On reproche des tas de choses à l'expéditeur, qui ne peut de toute façon plus rien faire, et il faut des heures avant de ramener le calme.Morale de l'histoire? Achetez un serveur mail valable et pas une solution bon marché fonctionnant à moitié. La technologie et le savoir-faire pour élaborer un système e-mail stable et fiable existent, et le client que vous êtes, doit se donner la peine d'y investir correctement.

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