Kroes: "Je suis la mère des startups!"

22/02/13 à 16:20 - Mise à jour à 16:19

Source: Datanews

"Si les starters sont des rebelles visant un but, je suis leur mère", a expliqué Neelie Kroes lors de son passage à BetaGroup Coworking. La commissaire européenne y était venue présenter ses projets en matière de startups.

Kroes: "Je suis la mère des startups!"

© photo Ramon Suarez

"Si les starters sont des rebelles visant un but, je suis leur mère", a expliqué Neelie Kroes lors de son passage à BetaGroup Coworking. La commissaire européenne en charge de l'Agenda Numérique y était venue présenter ses projets en matière de startups et écouter ce que les starters belges ont sur l'estomac. Neelie Kroes a une mission à remplir ces jours-ci, à savoir promouvoir l'entreprenariat en Europe. Récemment, l'euro-commissaire a présenté un solide plan d'action ayant pour objectif principal de dégager la route des obstacles qui empêchent la création et le développement des startups.

A l'entendre, la Commission va soutenir de nombreux projets des entrepreneurs web. C'est ainsi qu'il devrait y avoir un réseau européen d'accélérateurs web, l'organisation de récompenses pour les entrepreneurs web, en vue de créer une plus grande prise de conscience, et que des fonds supplémentaires soient libérés pour des initiatives de crowdfunding et pour les capital-risqueurs.

"La crise est une chance pour les entrepreneurs", a déclaré Kroes à BetaGroup Coworking. "Nous sommes brutalement secoués, et l'on commence à comprendre que des choses doivent changer dans notre économie. Dans ce contexte, le secteur ICT est un parfait exemple. L'internet est en effet l'outil de demain. Nous avons besoin d'entrepreneurs web ambitieux pour secouer nos jeunes qui s'endorment. Et ces entrepreneurs web doivent surtout rester ici et ne pas s'en aller aux Etats-Unis."

"Les startups représentent une partie de la solution des problèmes en Europe", a-t-elle encore ajouté. "Elles créent des emplois et en stimulent d'autres. Le gros problème, c'est que nous n'avons pas encore généré de marché numérique et sans frontières, ni un bon cadre stratégique. Nous en sommes bien conscients à la Commission, mais cela ne se fait évidemment pas en deux coups de cuiller à pot. Bruxelles n'est pas connue pour sa flexibilité (rire)."

Kroes a cependant insisté sur le fait que notre jeunesse a beaucoup à offrir. Elle n'est pas d'accord avec l'opinion selon laquelle nos jeunes ont une perception complètement différente de l'entreprenariat. "C'est surtout l'ancienne génération qui doit s'adapter et apprendre à penser 'out-of-the box'. Il n'y a aucun problème avec la plupart des jeunes."

"Je me trouvais récemment avec deux jeunes de 14 ans lors d'une réunion d'entrepreneurs, et ils se parlaient de leur business plan. Je les ai prévenus: c'est dingue, vous montrez votre business plan à de possibles concurrents. Ce à quoi les jeunes m'ont répondu: 'Ce que vous pouvez être vieux jeu!' Voyez, c'est ainsi que la jeune génération peut changer les choses. Aujourd'hui, ce qui est important, c'est partager et s'associer et non pas tenter de protéger ses idées coûte que coûte."

L'Europe

Du reste, Kroes n'a pas été tendre vis-à-vis de l'Europe. Lorsqu'on lui demanda si l'argent européen aboutissait là où il fallait, elle soupira et répondit que les dirigeants de l'UE vivaient encore dans le passé et que le gros des moyens était encore consacré à l'agriculture.

"Mais les jeunes n'envisagent pas le secteur agricole dans leur recherche d'un emploi", déclara-t-elle encore. "Malheureusement, il n'y a pas de lobby à Bruxelles qui pointe le bout du nez pour l'économie du futur. Ce sont aussi toujours les valeurs confirmées et les 'incumbents' qui descendent dans la rue et protestent contre tout et n'importe quoi. L'on n'entend quasiment jamais les esprits novateurs et entrepreneurs. Ces gens ne manifestent pas."

Nous sommes curieux de voir si Kroes pourra mener à bien ses ambitions. Car pas mal de points de son 'Entrepreneurship Action Plan' avaient précédemment déjà été planifiés et sont donc bien connus. En fin de compte, ce sont encore et toujours en premier lieu les états membres qui doiveevront implémenter nombre de ces propositions, si l'on veut que cela avance.




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