Kestens: "Twitter loves us!"

30/11/12 à 12:11 - Mise à jour à 12:11

Source: Datanews

"Twitter nous aime", affirme Davy Kestens de TwitSpark. "Notre outil accroît la valeur du réseau social populaire et améliore l'expérience Twitter des grandes sociétés. Nous aidons donc Twitter à croître au lieu de lui dérober son argent."

Kestens: "Twitter loves us!"

"Twitter nous aime", affirme Davy Kestens de TwitSpark. "Notre outil accroît la valeur du réseau social populaire et améliore l'expérience Twitter des grandes sociétés. Nous aidons donc Twitter à croître au lieu de lui dérober son argent."

Il n'a que 24 ans. Lui, c'est Davy Kestens de TwitSpark, mais au cours de la visite effectuée par la délégation 'Brussels Invest & Export' dans ses installations temporaires situées à San Francisco, tout le monde était suspendu à ses lèvres. Il faut oser le faire évidemment: déménager à son âge aux Etats-Unis et y créer sa petite entreprise au lieu de tenter d'abord sa chance en Belgique. En tout cas, le jeune homme a l'air de se sentir comme un poisson dans l'eau à Silicon Valley.

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, TwitSpark est un outil qui capte les conversations à propos d'une marque ou d'un produit sur Twitter, "et tout comme avec un système CRM, il permet de catégoriser, archiver et continuer de suivre les entretiens", explique Kestens. "Le résultat final est une sorte de système de support des clients pour Twitter."

En mars, Kestens a réussi à récolter 1.125.000 dollars (quelque 856.000 euros), afin de donner un solide coup de fouet à sa startup. Et ce n'est pas n'importe qui qui a investi dans TwitSpark. Jugez-en plutôt: Sébastien de Halleux (Playfish / EA games, San Francisco), Graph Ventures (San Franscisco), Social+Capital (San Francisco), Founders Fund (avec notamment Peter Thiel de PayPal et Sean Parker de Napster et Facebook, San Francisco), Peter Hinssen (The New Normal), José Zurstrassen (Keytrade bank / Mondial Telecom), Lorenz Bogaert et Toon Coppens (Netlog / Twoo), André Duval (Duval Guillaume), Geert Desager (DDB Bruxelles), Tom Himpe (Anomaly / Naked Communications, Londres), Stijn Bijnens (Ubizen / Verizon / LRM Limburg), et d'autres encore.

"En tout, nous avons 12 investisseurs", précise Kestens à la délégation. "Ils possèdent quelque chose comme 15 à 25 pour cent de mon entreprise. Ce qui fait que TwitSpark est évaluée à un montant compris entre 4 et 6 millions de dollars."

Ce qui est étonnant, c'est que Kestens n'a rencontré qu'une seule fois la plupart des investisseurs dans TwitSpark. "Le truc consiste à leur donner le sentiment qu'ils vont manquer quelque chose s'ils passent leur tour. Fake it till you make it. Cela marche vraiment! Je l'ai vécu moi-même: de puissants investisseurs ont viré de l'argent sur mon compte, avant d'avoir signé quoi que ce soit (rire)."

Controversé

Interrogé sur les raisons pour lesquelles il est nettement plus difficile de lancer ce genre d'entreprise en Belgique, Davy Kestens, tout comme Sébastien de Halleux l'avait fait il y a quelques jours, explique que l'on doit pouvoir licencier plus facilement du personnel. "You need to be able to loose weight, si des collaborateurs ne sont pas performants. Dans notre pays, ce n'est pas évident."

Une autre solution évoquée par Davy Kestens est quelque peu plus controversée et ne plaît pas à tout le monde. "En fait, l'on devrait en Belgique supprimer tous les subsides aux starters. Il y aurait ainsi de l'argent disponible pour réduire les charges et pour d'autres initiatives comme un incitant fiscal pour les startups. Aujourd'hui, créer une entreprise en Belgique s'avère beaucoup trop coûteux."

Ceci dit en passant, tous les développeurs de TwitSpark travaillent encore et toujours chez nous, en Europe. "C'est cher, mais dans la Valley, çà l'est encore plus. Il règne ici une énorme war for talent, et l'on vous 'pique' votre personnel en votre présence quasiment. Nous ne pouvons pas nous permettre ce genre de choses."

Cela fait quelques mois à présent que TwitSpark a été lancée aux Etats-Unis. L'outil est aujourd'hui utilisé par 12 clients. L'entreprise comptera bientôt 10 collaborateurs. Est-ce bien viable? "Disons que nous avons encore besoin de quelques clients pour être rentables", poursuit Kestens. "Nous ne sommes pas Facebook, n'est-ce pas? Avec TwitSpark, nous ciblons le marché professionnel, les 1.000 principales sociétés américaines."

"D'après les normes européennes, l'on pourrait bientôt déjà se reposer sur ses lauriers et mener une vie tranquille, mais l'objectif est bien de gagner vraiment de l'argent, à la manière américaine (rire). Je souhaite voir TwitSpark croître de manière explosive au cours des prochains mois et année. Et pour cela, il faudra encore beaucoup y investir."

Evidemment, l'on voit entre-temps poindre le nez de concurrents pour TwitSpark, mais ce n'est pas un problème. "I love them", affirme Kestens. "Cela nous montre dans un certain sens à qui nous allons devoir nous frotter et cela confirme évidemment qu'il y a un marché. L'avantage que nous avons, ce que nous nous concentrons uniquement sur le 'social customer service', alors que nos concurrents ratissent en général beaucoup plus large, ce qui ne joue pas toujours en leur avantage."

Twitter

"Chez Twitter, l'on aime TwitSpark", conclut Kestens. "Je sais bien que Twitter a ces dernières semaines souvent défrayé la chronique parce qu'elle a fermé son API pour de nombreux clients Twitter et entreprises telles LinkedIn, mais nous faisons tout autre chose. Notre outil accroît la valeur de Twitter et améliore l'expérience Twitter des grandes sociétés. Nous aidons donc Twitter à croître, au lieu de lui dérober son argent. Sur ce point, nous nous trouvons donc du bon côté du spectre."

Nous voulons encore savoir si ses investisseurs se préoccupent souvent de l'évolution de TwitSpark. "Absolument pas", nous répond Kestens. "Ils sont conscients que cela ira mieux, s'ils me laissent travailler à l'outil. Je n'ai pas non plus encore de conseil d'administration. Je commencerai à y penser à partir de la phase B ou C."

"J'écoute cependant souvent des conseillers externes. A Silicon Valley, l'on applique le principe du 'pay it forward'. Les entrepreneurs à succès ne rechignent pas à aider les nouveaux venus. Ils estiment en effet que ces starters leur renverront peut-être un jour l'ascenseur. J'aide d'autres personnes, et les autres m'aident. Voilà comment çà marche ici."

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