Bruno Segers
Bruno Segers
Bruno Segers est CEO de la Start-up IrisPact SA; il a été à la tête de RealDolmen et Microsoft en Belgique: il a occupé différentes fonctions locales et internationales chez Lotus, IBM et Oracle et il est administrateur au sein de plusieurs sociétés belges innovantes.
Opinion

16/12/16 à 08:00 - Mise à jour à 12/12/16 à 08:43

'iMinds inside'

Fin du mois, la nouvelle convention relative à imec sera sans doute signée sans la moindre question parlementaire par rapport au projet présenté par le gouvernement flamand. Chacun voudra en effet passer les fêtes en famille et à l'approche des vacances parlementaires, nos politiques se montrent plus prompts à voter rapidement.

'iMinds inside'

© Belga

Fin du mois, la nouvelle convention relative à imec sera sans doute signée sans la moindre question parlementaire par rapport au projet présenté par le gouvernement flamand. Chacun voudra en effet passer les fêtes en famille et à l'approche des vacances parlementaires, nos politiques se montrent plus prompts à voter rapidement.

Ministre Dilissen

"A Bruno Beerschot avec mes remerciements pour son soutien en ces temps difficiles. Votre style et votre sens de l'intégrité et de l'éthique forcent le respect ", écrivait Theo Dilissen le 23 avril 2003 en préambule de son livre 'Kennis maken'. En tant que patron de Real Software (et Manager de l'Année 2001), il nous proposait une analyse détaillée du tissu économique de l'époque. Après la vente de Real Software à Gores, notre homme avait jeté son dévolu sur le poste de ministre de l'économie, de la science et de l'innovation dans un gouvernement violet. Son livre entendait inciter l'intelligentsia flamande à réagir. Et de préférence dans le sens du ministre Dilissen.

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Vingt ans après Flanders Technology, nous devons franchir un nouveau cap

Evidemment, Theo n'a pas écrit son livre seul. Son premier pamphlet électoral a été sponsorisé par ISS, Solvus, Microsoft, HP, Baker & McKenzie, Oracle et Business Objects. Son 'nègre' était Erik Durnez qui a réussi à donner au récit puissant et émouvant de Theo un style des plus purs. L'ouvrage se lit en effet d'une traite et se distingue par son énergie. 'Kleefkracht zeven' en constitue le dernier chapitre. Il y expose 7 éléments susceptibles de renforcer l'attractivité de la Flandre et d'imposer ainsi l'économie de la connaissance au coeur même de la région. A l'heure où la nouvelle convention sur imec se concrétise, le dernier paragraphe sur 'Kennis Maken' prend toute sa dimension historique. " Une gestion intelligente de l'administration s'impose. Vingt ans après Flanders Technology, nous devons franchir un nouveau cap. Nous avons besoin d'une imec dans d'autres domaines. [...] Pourquoi pas Flanders Knowhow? Où reste la révolution de la connaissance en Flandre?"

Theo n'est pas devenu ministre. Notre homme venait d'Anvers et la coalition fut dirigée au départ de Hasselt, de Gand et d'Ostende. Anvers était alors une voie de garage. Fientje Moerman comprenait le dialecte de Guy Verhofstadt et devint sa ministre de l'économie, de l'innovation et de l'emploi.

IBBT

Flanders Knowhow a certes vu le jour en 2005. Son mentor était le Prof. Paul Lagasse de l'Ugent et président de l'IBBT (Interdisciplinair Instituut voor Breedband Technologie). Nous avons enfin un institut de recherche indépendant, capable de stimuler l'innovation dans l'ICT et d'avoir un impact durable et positif sur la société. Un institut orienté vers la demande, interdisciplinaire, partenaire des fournisseurs et utilisateurs de technologies, ciblant des domaines pertinents, stimulant l'entreprenariat et la création d'un vaste écosystème (inter)national pour l'innovation ICT. L'IBBT a démontré très vite que le logiciel - et non plus le matériel - était le véritable moteur du changement. Comme le prouve aujourd'hui le fait que les plus grandes sociétés au monde (Google, Facebook, Microsoft et Amazon) sont des éditeurs de logiciels - Apple faisant exception à la règle.

La seule erreur de l'IBBT fut son nom. Et il a fallu attendre trop longtemps pour le rebaptiser en iMinds. Car iMind est et doit devenir le catalyseur de l'économie de la connaissance en Flandre. Du coup, je nomme iMinds au titre de candidat #MotICTdel'Annee. Car telle est l'ambition réelle de la Flandre.

Les financiers de la nouvelle imec portent une lourde responsabilité. La fusion d'imec et d'iMinds doit déboucher sur un nouveau centre de recherche stratégique selon le principe du 'meilleur des deux mondes'. Je voudrais que Theo soit encore de ce monde. Il pourrait expliquer au ministre de tutelle que lorsqu'une équipe de foot rachète une équipe de basket, il n'en résulte pas forcément une meilleure formation. Le tissu économique flamand est demandeur de ce centre, pas uniquement de quelques multinationales spécialisées en hardware. Le parlement flamand posera-t-il les bonnes questions ? Imec 'powered by iMinds' ou iMinds with 'imec inside'?

Bruno Segers

Président de Flanders Investment & Trade

Ancien combattant de l'CT (Digital, Oracle, Lotus, IBM, Microsoft, RealDolmen, IrisPact)

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